L'efficacité du sport sur l'estime de soi ©Getty - Alistair Berg
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Résumé

Le traitement d’une dépression doit reposer sur un triptyque : soutien psychologique, activité physique et béquilles médicamenteuses.

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Avec les confinements successifs, la pandémie, la crise économique qui en résulte, les informations très anxiogènes, le moral des français a été mis à rude épreuve et le nombre de dépressions a augmenté. 

Dans nos cours de médecine on nous dit de toujours expliquer aux patients la nécessité de pratiquer une activité physique

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De l'efficacité du sport sur l'estime de soi

De nombreuses études ont en effet démontré l’efficacité du sport sur l’estime de soi, les sentiments d’ennui et de dévalorisation, le sommeil etc.

Alors sur le papier c’est fantastique, sur le terrain, face à des patients en chair et en os, c’est autre chose : une des caractéristiques de la dépression est la perte d’élan vital. Même se lever le matin est une montagne à gravir, alors enfiler des tennis et courir ? Les livres de médecine, c’est bien, mais on ne vit pas dedans.

Le traitement d’une dépression doit reposer sur un triptyque : soutien psychologique, activité physique ET béquilles médicamenteuses.

Beaucoup de patients refusent ces traitements, ils le vivent comme un aveu d’échec, et parce que la maladie psychiatrique est une maladie qui ne se voit pas, pour beaucoup de gens elle n’existe pas, ou est moins importante qu’une maladie physique. Si je me casse le bras je peux montrer la radio où l’on voit mon os cassé. Si ma psyché est à terre, il n’y a pas de radio pour montrer les fissures et les fractures. Et cela crée un sentiment d’illégitimité chez les patients, leur entourage, mais aussi à cause de notre société ultra-productiviste où les failles dans la santé mentale sont souvent stigmatisées.

Pourtant, on le sait aujourd’hui, la maladie dépressive repose aussi sur un substrat organique, et c’est le but des traitements anti-dépresseurs : augmenter (ou potentialiser) la concentration de certains neuro-transmetteurs qui font défaut chez les personnes en dépression.

Alors oui, le soutien psychologique est fondamental. Oui, la pratique d’une activité physique est fondamentale.

Mais n’ayons pas honte, parfois, d’avoir recours à des médicaments. Les médicaments sont des béquilles pour des esprits cassés. On les prend si on doit les prendre, le moins longtemps possible, à la dose minimale efficace, mais on les prend, comme on prend des cannes anglaises pour marcher quand on s’est brisé une jambe. 

Il ne viendrait à l’idée de personne de reprocher à un patient souffrant d’une insuffisance thyroïdienne de prendre les hormones thyroïdiennes dont il a besoin.

Alors pourquoi cette dépréciation des médicaments permettant d’apporter la sérotonine qu’il manque à certains ?

Parfois les circonstances de la vie sont plus grandes que nous, et débordent nos défenses psychologiques. On est tous humains, ne jugeons pas, ne nous moquons pas, ne blâmons pas. Chacun d’entre nous fait ce qu’il peut comme il peut, et c’est déjà pas mal compte tenu de l’époque.