Les règles ça peut ne pas faire mal, et c'est normal  ©Getty - Moyo Studio
Les règles ça peut ne pas faire mal, et c'est normal ©Getty - Moyo Studio
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Résumé

On est en 2021, la moitié de la population a ou a eu, ou aura, ses règles, et pourtant cela reste un sujet tabou, gênant, du genre qu’on représente avec un liquide bleu dans les pubs.

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Alors je veux profiter d’être à l’antenne pour, en tant que médecin soucieux de la santé des patientes, faire passer un message à mes jeunes confrères et consœurs.

Les règles, ça peut ne pas faire mal et c’est normal. Ça peut faire mal et ça peut être normal aussi, mais ce n’est pas une raison pour banaliser. 

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Autrement dit, si cela fait mal, se contenter de dire "c’est normal d’avoir mal, au revoir madame" n’est pas une attitude thérapeutique acceptable. 

D’abord il faut soulager

Dédramatiser le fait de prendre des anti-inflammatoires quand on a mal. Ne pas culpabiliser les patientes. Leur rappeler que oui, chez certaines femmes les règles font mal. Que oui encore se soulager quand on a mal, même si c’est tous les mois, c’est normal aussi, MAIS, et surtout j’ai envie de dire, il faut que le diagnostic de règles douloureuses soit posé, et pour qu’il soit posé, il faut éliminer d’autres diagnostics !

On ne peut pas dire à une femme : "vous avez mal parce que les règles font mal et puis voilà". On n’est plus au Moyen Âge, c’est fini ça. 

Tous les médecins ont un devoir de moyens, pas de résultats. Mais on ne s’acquitte pas de ce devoir quand, justement, on ne se donne pas en conscience les moyens d’éliminer une raison alternative à ces douleurs.

Prenez l’endométriose : une pathologie qui touche au bas mot une femme sur dix. UNE. FEMME. SUR. DIX.

Avec des douleurs mensuelles.

C’est insupportable que trop peu de pédagogie soit faite autour de ces souffrances-là.

Une femme qui a mal tous les mois en ayant ses règles DOIT bénéficier d’une échographie. Si ladite échographie ne révèle rien de particulier, elle doit bénéficier d’une IRM.

Et si l’IRM ne révèle rien de particulier, que le bilan hormonal ne révèle rien de particulier, alors oui, peut-être peut-on poser le diagnostic de "douleurs cataméniales", c’est leur nom.

Traitons ces douleurs comme n’importe quelle douleur chronique 

En déculpabilisant les patientes, en leur expliquant qu’elles ont le droit d’être soulagées, qu’elles ont le droit d’être en arrêt maladie trois à quatre jours par mois si les douleurs sont trop fortes.

Si les douleurs cataméniales reviennent tous les mois, on doit trouver des solutions qui marchent... tous les mois