Rémy Daillet Wiedemann (ici en 2009)
Rémy Daillet Wiedemann (ici en 2009)
Rémy Daillet Wiedemann (ici en 2009) ©AFP - Remy Gabalda
Rémy Daillet Wiedemann (ici en 2009) ©AFP - Remy Gabalda
Rémy Daillet Wiedemann (ici en 2009) ©AFP - Remy Gabalda
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Résumé

Rémy Daillet Wiedemann, soupçonné d'être le principal animateur de l’enlèvement de la petite Mia, est une figure de la complosphère francophone d’extrême droite qui sévit en ligne depuis plusieurs années maintenant. Il est désormais visé par un mandat d'arrêt international.

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Il restait jusqu'à présent un personnage assez confidentiel mais ça c'était avant l'affaire Mia. 

Son parcours est assez improbable : on sait qu’il est passé par le Modem en 2007 avant d’en être exclu en 2010. Et on le retrouve en 2012, lorsqu’il lance un site dédié à la scolarisation des enfants à domicile. Et déjà on devine sa tendance complotiste. Son site, il explique par exemple, que l’école serait un endroit dangereux, rempli de pédophiles, et où se déroulerait, je cite : "une guerre civile tuant plus que l’Occupation allemande". Alors oui c’est absurde, mais fait notable, son site profite encore aujourd’hui, d’une incroyable visibilité grâce à Google, qui le place en troisième position lorsqu’on cherche les termes "école à la maison".

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En 2015, il s’embarque dans un nouveau projet : renverser le Gouvernement

Sans grand succès, il faut bien le dire. Il devra attendre 2020 pour commencer à gagner une certaine traction en ligne. Notamment en octobre grâce à un appel qu’il lance sur Youtube, en expliquant qu’il veut faire tomber le gouvernement Macron, vendu selon lui à la puissance de l’argent. 

Et il compte le faire avec l’aide notamment de nombreux militaires et policiers qui, selon lui, le soutiendraient. Alors sa vidéo cumulera plusieurs centaines de milliers de vues avant d’être suspendue par YouTube. 

Le putsch dont il fait la promotion repose sur un programme qui comprend 81 mesures, dont, dans le désordre : l’arrêt des campagnes de vaccination, du port du masque, du confinement, de la 5G, l’interdiction de la franc-maçonnerie ou la "mise en examen immédiate de tous les ministres ayant participé à un gouvernement depuis 1981".

L'influence de la mouvance complotiste américaine Qanon

Il surfe sur certaines références populaires chez les QAnons, comme le fait qu’il existerait un complot des élites pédocriminelles, ou qu’une partie de l’armée serait prête à défaire un soi-disant "état profond". 

Il reprendra même dans certaines de ses communications la devise QAnon : « Where we go one, we go all ». 

Il expliquait encore avant-hier dans une vidéo avec un autre militant complotiste d’extrême droite que le renversement du gouvernement n’était plus qu’une question de jour, et qu’il en avait d’ailleurs parlé à Donald Trump et à Vladimir Poutine. 

Alors cet individu est avant tout, et on l’aura compris, un mégalomane et un mythomane, et tout ça pourrait paraitre dérisoire, si ce complotisme totalement exalté, ne s’était pas traduit dans le réel, par l’enlèvement d’une mineur.

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Tristan Mendès-France
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