Boutcha en ruines le jour de la visite du président ukrainien Volodymyr Zelensky
Boutcha en ruines le jour de la visite du président ukrainien Volodymyr Zelensky
vidéo
Boutcha en ruines le jour de la visite du président ukrainien Volodymyr Zelensky ©Maxppp - Jeremy Tuil, Thibault Lefevre
Publicité
Résumé

J’aimerais d’abord revenir sur la première théorie complotiste qui a fait surface quelques heures après la publication en ligne, de la première vidéo virale en provenance de la ville de Boutcha.

En savoir plus

Et on voit apparaitre sur des profils complotistes, des tweets expliquant qu’un des cadavres filmés à Boutcha, aurait bougé au passage de la caméra, sous entendu il ne serait pas mort.

Et donc tout ça, serait, en fait, une véritable mise en scène. Alors je m’arrête deux secondes la-dessus parce que c’est un grand classique de la propagande russe.

Publicité

Le régime de Poutine est coutumier de ce type d’accusation : il l’avait employé à plusieurs reprises durant la guerre en Syrie, pour couvrir ses propres crimes, ou pour dédouaner les atrocités de son allié syrien.

Et plus récemment, la Russie a encore accusé les victimes du bombardement de la maternité de Marioupol, d’être ce que les complotistes appellent, des « acteurs de crise ».

Et cette accusation est donc reprise par la propagande russe dans le drame de Boutcha

Oui, les comptes diplomatiques russes sur Twitter notamment vont reprendre cet argument de fausses victimes, en y ajoutant d’autres narratifs complotistes, liés à l’état des cadavres, ou la date des images, avec un autre procédé typique de la propagande russe, qui consiste à susciter la confusion en multipliant les versions de ce qui a pu se passer.

Et c’est un procédé que la Russie va mettre en place à chaque fois qu’elle est mise en difficulté sur la scène internationale : que ce soit lors des bombardements russes en Syrie, du drame de l’avion civil malaisien abattu dans la région du Donbass en 2014, ou encore avec les tentatives d’empoisonnement de la famille Skripal en Angleterre en 2018.

Et aujourd’hui ?

Eh bien ces différents narratifs complotistes trouvent des relais un peu partout en Occident, mais aussi en Afrique, en Inde ou au Brésil, auprès des communautés complotistes qui sont déjà favorables au régime de Poutine.

Et la Russie peut profiter d’un capital d’audience qu’elle a réussi à fidéliser, particulièrement durant le covid, avec des influenceurs en ligne qui vont se charger de viraliser ses narratifs auprès de leurs communautés, quand ils ne vont pas, eux-mêmes, rajouter de nouvelles versions complotistes.

Je pense par exemple chez nous, à l’ancien sénateur Yves Pozzo di Borgo, qui est une figure de la complosphère covidosceptique, et qui, lundi dernier poussait l’idée sur Twitter, que les atrocités de Boutcha pourraient être le fait des services secrets britanniques du MI6. Alors tout ça est totalement délirant, mais ça reste le symptôme assez inquiétant de la véritable symbiose qui existe aujourd’hui entre la propagande russe et la complosphère internationale.

Références

L'équipe

Tristan Mendès-France
Tristan Mendès-France
Tristan Mendès-France
Tristan Mendès-France