Truth social, le réseau social de Donald Trump
Truth social, le réseau social de Donald Trump
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Truth social, le réseau social de Donald Trump ©Getty - picture alliance
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Résumé

C’était le grand projet de Trump notamment pour sa réélection en 2024. "Truth Social", c’est son nom, lancé le 12 février dernier aux États-Unis, était surtout le fruit d’une grande frustration de Trump après son bannissement de Twitter pour avoir encouragé les émeutiers du 6 janvier au Capitole.

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Il faut rappeler que son compte Twitter était devenu son principal tuyau de communication avec plus de 80 millions d’abonnés. La question reste d’ailleurs ouverte sur la légitimité d’une entreprise privée à éjecter un président élu. Reste que son compte était devenu l’un des principaux relais de la désinformation sanitaire et électorale et qu’il avait propulsé la mouvance QAnon en la relayant plus de 300 fois sur son compte Twitter.

Le réseau social de Trump relève, dites-vous, d’un mouvement en ligne beaucoup plus large.

Oui en fait son projet s’inscrit dans ce qu’on appelle l’alt Tech, qui est un concept popularisé par l’extrême droite américaine en 2017, suite à la décision des grandes plateformes sociales de suspendre les suprémacistes blancs de leurs réseaux. L’idée derrière l’alt Tech, c’est de créer un internet alternatif qui prendrait le contrepied de l’internet actuel, perçu comme soumis à l’idéologie progressiste, et qui permettrait une liberté d’expression absolue face à la tyrannie supposée des géants du web. Le problème c’est que quand elle est poussée par l’extrême droite, cette idée devient surtout le cache-sexe des discours de haine, du racisme et de l’antisémitisme.

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Et où en est le réseau social de Trump aujourd’hui ?

Eh bien pour le moment, c’est plutôt un gros flop. La semaine dernière les téléchargements de l’application ont chuté de 93% pour les iPhones. Essentiellement parce que son projet souffre de problèmes systémiques, que connaissent presque tous les réseaux sociaux d’extrême droite, comme GETTR (qui a un certain succès en France), ou encore GAB.

D’abord ces réseaux sociaux sont par nature militants, et ils perdent donc très vite leur côté récréatif, qui est un attrait important pour ce type de plateforme. Ensuite leurs utilisateurs se retrouvent entre eux, dans une chambre d’écho qui les pousse à la radicalité. Et enfin, cet entre-soi les empêche de profiter de ce qui marche malheureusement encore très bien sur les grandes plateformes sociales, et qui consiste à faire le buzz en suscitant l’indignation de leurs adversaires.

Alors s’il n’y a que peu de doute sur le fait que le réseau social de Trump va faire un bide, on peut s’inquiéter de la volonté de rachat d’une grande plateforme comme Twitter, annoncée hier par le milliardaire Elon Musk, et dont les positions maximalistes sur la liberté d’expression sont en phase avec cette idéologie de l’alt Tech dont rêvent Trump et l’extrême droite américaine.

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Tristan Mendès-France
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