France Inter
France Inter
vidéo
France Inter
France Inter
Publicité
Résumé

Aujourd’hui : le complotisme autour de la présidentielle.

En savoir plus

Oui parce qu’on pouvait craindre dès le début de la campagne que les discours portés par des personnalités politiques de premier plan, comme Eric Zemmour ou Valérie Pécresse, qui tous deux ont utilisé le mot de "vol des élections", sans même parler de Florian Philippot ou Nicolas Dupont Aignan qui ont agité l’idée d’une élection truquée, eh bien que ces discours puissent se traduire par une remise en cause significative des résultats électoraux. Je rappelle qu’aux États-Unis un sondage, l’an dernier, révélait que 60% des républicains étaient toujours convaincus que leurs élections avaient été volées.

Qu’en est-il donc en France ? 

À priori la sauce n’a pas pris. Et pour plusieurs raisons. D’abord la différence la plus spectaculaire entre les États-Unis et la France, c’est que contrairement à Trump, Marine Le Pen a concédé sa défaite. Ce qui a considérablement asséché la dynamique complotiste autour de nos élections. Ensuite notre système électoral, à l’ancienne, c’est-à-dire essentiellement avec des bulletins papier, a laissé peu de place aux fantasmes de fraudes liées au vote électronique. Et il faut voir la folie que ça a générée aux États-Unis, notamment autour de l’entreprise canadienne Dominion, dont le logiciel était utilisé par les machines à voter américaines. Avec des accusations délirantes poussées par l’entourage de Trump, expliquant que Dominion avait été créée par Hugo Chavez au Venezuela ou que les données électorales avaient été hackées par la Chine. 

Publicité

Est-ce à dire que nous avons été épargnés ? 

Pas vraiment. On a assisté dans la complosphère française à de nombreux épisodes de complotisme électorales. Notamment autour d’un bug technique d’affichage des résultats du second tour sur France2 qui montrait furtivement Marine Le Pen en tête. Et cette effervescence complotiste a également été nourrie par des initiatives de contrôle citoyen des élections, je pense à celle qui a été promue par le directeur de France Soir, Xavier Azalbert qui invitait les électeurs à faire remonter les cas de fraudes supposées sur une plateforme en ligne. Mais cette suspicion électorale a aussi été alimentée de façon surprenante par des acteurs politiques étrangers, je pense à cette sénatrice pro Trump de l’état d’Arizona, Wendy Rogers, qui a publié un tweet viral chez nous, expliquant que nos élections avaient été truquées et qui invitait les patriotes français carrément à la révolution. 

Reste que s’il a manqué à cette défiance électorale, une véritable incarnation, une personnalité de premier plan ou un mouvement politique pour la porter, on peut craindre un retour de cette petite musique des élections volées, si les frustrations post électorales, bien réelles, devaient coaguler dans les jours ou les semaines qui viennent.

Références

L'équipe

Tristan Mendès-France
Tristan Mendès-France
Tristan Mendès-France
Tristan Mendès-France