Des youtubeurs ont été approchés pour dénigrer des vaccins ©Getty -  Picture alliance
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Résumé

Aujourd’hui, on revient sur les campagnes coordonnées de désinformations autour des vaccins occidentaux.

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Rappelons d'abord cet épisode récent dans lequel on a découvert une obscure agence supposément basée à Londres du nom de Fazze, qui avait sollicité plusieurs influenceurs français pour qu’ils dénigrent les vaccins Pfizer et AstraZeneca en échange d’argent. 

Le tout en leur demandant de cacher l’origine de l’opération, ce qui est évidemment illégal.  

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Si plusieurs influenceurs français ont été sollicités, il semble que cette opération, qui devait se dérouler du 19 au 26 mai, ait été en fait beaucoup plus large. 

On sait aujourd’hui qu’au moins un influenceur allemand a également été approché par cette boite. Et il y a peu de doute que d’autres pays ont été visés, si on s’en tient simplement au document envoyé aux influenceurs qui était rédigé en langue anglaise.

Une campagne de dénigrement qui rappelle la communication russe autour de son vaccin SpoutnikV ? 

Oui, et plus particulièrement celle d'un compte twitter lancé en août 2020 par un fonds souverain de l'Etat russe et qui porte justement le nom de Spoutnik V. Ce profil Twitter, qui compte plus d'un demi-million d'abonnés, soit plus que son concurrent Pfizer, a par exemple, le 23 avril dernier, tenté d'expliquer dans un tweet, sans en apporter la preuve, que Pfizer et AstraZeneca seraient beaucoup plus dangereux que le vaccin russe

Or, ce qui est assez surprenant, c'est que ce tweet a même été sponsorisé sur Twitter par les administrateurs de ce compte russe. En gros, ils ont payé Twitter pour pousser artificiellement sa visibilité, et notamment en France. C'est une pratique courante pour les entreprises commerciales, mais c'est plutôt rare dans le domaine médical. D'ailleurs, la Direction générale de la santé, qui a été interrogée sur ce point précis, a expliqué que cette publicité n'était tout simplement pas autorisée. 

Plus grave : la Russie a été accusée à plusieurs reprises d'organiser de véritables campagnes de désinformation. 

Oui, comme en mars dernier, où un rapport du bureau du département d'Etat américain a identifié plusieurs sites soupçonnés d'être pilotés directement par les services secrets russes et propageant des fausses informations autour des vaccins occidentaux. Un autre rapport de l'Unité de lutte contre la désinformation de la diplomatie européenne, cette fois-ci publié en avril dernier, révélait que depuis le début de l'année, plus de 100 cas de désinformation imputables au Kremlin avaient été identifiés. Ce rapport européen souligne aussi que la Russie utilise ses organes de presse, des médias alliés et surtout les réseaux sociaux, dont certains comptes diplomatiques russes. 

Dans cette course effrénée à la désinformation vaccinale, il semble que la Russie se taille la part du lion. Le think tank américain German Marshall Fund a examiné 35 000 tweets des gouvernements et médias russes, chinois et iraniens évoquant les vaccins, de novembre à février 2021. Sa conclusion : la Russie a fourni, et de loin, la couverture la plus négative concernant les vaccins occidentaux. Juste un chiffre 86% des tweets russes analysés cherchaient à décrédibiliser le vaccin Pfizer. 

Références

L'équipe

Tristan Mendès-France
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