Extrait de l'album "La Croûte", de Charlotte Moundlic et Olivier Tallec (illustrateur), paru en 2009 aux éditions Père Castor - Flammarion.
Extrait de l'album "La Croûte", de Charlotte Moundlic et Olivier Tallec (illustrateur), paru en 2009 aux éditions Père Castor - Flammarion. - Père Castor - Flammarion
Extrait de l'album "La Croûte", de Charlotte Moundlic et Olivier Tallec (illustrateur), paru en 2009 aux éditions Père Castor - Flammarion. - Père Castor - Flammarion
Extrait de l'album "La Croûte", de Charlotte Moundlic et Olivier Tallec (illustrateur), paru en 2009 aux éditions Père Castor - Flammarion. - Père Castor - Flammarion
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Est-ce que tu vas mourir, toi aussi ? La question est un peu terrifiante et pourtant aucun parent ou presque n’y échappe. Cette semaine, Barbatruc aborde la mort. Parce que les enfants ont besoin de mots pour la comprendre, et ne pas avoir peur. Le pire, c’est le tabou.

Très tôt, les enfants ont tendance à nous questionner sur la mort, et il n'est jamais simple de répondre à leurs interrogations.

Quand l’enfant grandit et comprend mieux le cycle de la vie, parler de la mort ne devient pas simple pour autant. Comment apaiser son chagrin au décès d’un proche ? Et le chagrin des adultes, est-il contagieux ? Comment mettre des mots sur le deuil, sur le manque ? Comment leur annoncer un décès ? Faut-il leur proposer de venir à l’enterrement ?

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Nos invitées ont des réponses et des pistes de réflexions, qui sont précieuses pour les parents.

Avant même qu'un événement tragique se produise, il est possible de préparer les enfants, en abordant le sujet de la mort, en répondant à leurs questions, et en exprimant ses émotions de façon générale. Anne Jochum, réalisatrice de documentaires, invitée dans l'émission, l'explique :

"C'est non seulement la préparation de l'enfant effectivement, mais c'est aussi la préparation de l'adulte. Poser des mots autour de la mort et autour de plein de choses, autour de ses émotions par exemple, finalement, ça entraîne le parent qui, lorsqu'il sera confronté à un moment compliqué très fort, par exemple à la mort d'un proche, sera peut-être plus entraîné finalement à parler des choses.”

Parler de la mort, mettre des mots, à tous les âges

Même s'il n'y a pas de réponse toute faite à ces questions, la psychologue et psychanalyste Eve Piorowicz conseille de parler, de mettre des mots sur cet événement : "Bien sûr, il faut humaniser. Il faut traduire ce que les enfants traversent. Il faut rappeler aux enfants ce côté de finitude. (...) Et notre travail, je crois, c'est de traduire et d'outiller les enfants. On ne peut pas supprimer les chagrins, il y en aura dans la vie. Pour autant, nous, ce qu'on veut faire, c'est les outiller pour qu'ils puissent traverser les difficultés et puissent retrouver le bleu après la tempête."

Il n'y a pas d'âge pour parler, pour expliquer et exprimer ses émotions avec les enfants, cela commence dès le tout jeune âge, dès la naissance finalement. Les bébés comprennent, ne serait-ce que par les intonations, beaucoup plus de choses que ce que l'on pourrait imaginer.

Associer l'enfant au processus de deuil

Lors d'un décès, les enfants doivent se sentir inclus dans le groupe, dans la famille. Il ne faut pas les mettre de côté, qu’ils pensent à tort qu’ils ont fait quelque chose de mal. Le mieux est d'essayer de les associer. Ils font partie de la famille et ont besoin de cette chaleur, de cet enveloppement des mots, des embrassades.

L’enfant doit être associé au processus de deuil. Il peut donc assister à l’enterrement s’il le souhaite mais on doit lui laisser la possibilité de changer d’avis jusqu’au dernier moment.

En ce qui concerne les mots employés, les parents peuvent essayer d'utiliser les mots justes. Si possible, les images sont à éviter, même si elles peuvent paraître belles et moins violentes, du type "il est parti" ou "il est allé au ciel". Mieux vaut être précis.

Il faut que les enfants puissent faire confiance aux parents, même si ces derniers ne sont pas forcés de tout leur dire non plus. Eve Piorowicz explique : “C'est aussi ça dire la vérité. Il n'y a pas de champ lexical pailleté ou extraordinairement joyeux pour parler de sentiments douloureux. Donc il faut dire les choses.” On peut filtrer les informations et préserver les enfants, sans édulcorer pour autant.

Se faire aider par ses proches

Les parents, devant gérer leur propre douleur, peuvent aussi avoir besoin de leur entourage pour parler avec les enfants. Il peuvent ainsi faire appel à un frère, une marraine, etc. Ils peuvent avoir besoin de se décharger un peu auprès de proches. "Il faut tout un village pour élever un enfant", comme on le dit souvent. Et cela s'applique dans les bons moments mais aussi dans ceux qui sont difficiles.

Lorsqu'un événement si douloureux qu'un décès se produit, les parents et les proches peuvent expliquer aux enfants que la personne ne disparaît pas totalement, qu’elle va continuer à exister en chaque personne qui la connaissait et qui l'aimait, dans les souvenirs, qu'on peut continuer à être accompagnée par elle pour toujours.

Nos invitées

Charlotte Moundlic, autrice du livre illustré par Olivier Tallec La Croûte, paru aux éditions Père Castor, chez Flammarion Jeunesse

Eve Piorowicz, psychologue et psychanalyste, et co-autrice avec Sabine Turcat, du livre  Bébé dis-moi tout (un voyage au cœur de la psychologie des bébés) aux éditions Leduc.

Anne Jochum, réalisatrice du documentaire Et si on parlait de la mort, à voir en VOD

Programmation musicale

  • Donna Blue - "Solitaire"
  • Jonathan Jeremiah - "Horsepower for the streets"
  • Judy Garland - "Over the rainbow"

L'équipe