Grands-parents, petits-enfants : un lien immense

Grands parents, petits enfants : un lien immense
Grands parents, petits enfants : un lien immense ©Getty - Geber86
Grands parents, petits enfants : un lien immense ©Getty - Geber86
Grands parents, petits enfants : un lien immense ©Getty - Geber86
Publicité

Qu’on les appelle mamie, grand-père, papé ou par leurs prénoms… les grands-parents sont une figure importante, souvent, dans la vie des enfants. Barbatruc met des mots sur cette relation précieuse.

Les grands-parents incarnent notre histoire familiale, ils sont un maillon essentiel de la transmission.

De façon bien plus concrète, logistique, ce sont souvent eux qui gardent les enfants pendant les vacances. Et parfois, des désaccords naissent avec les parents sur la discipline et les règles d’éducation. Comment gérer ces conflits ?

Publicité

Barbatruc interroge ce lien précieux, une présence importante, mais dont le rôle n’est pas écrit : il doit s’inventer dans chaque famille.

Dorothée Barba interroge ses invités sur la grand-parentalité dans Barbatruc.

Monique Desmedt et Pierre Bertrand sont unanimes, être grand-parent, ça s’apprend. C’est selon eux un lien qui se construit au fil du temps entre l’enfant et le grand-parent grâce aux parents. C’est la relation entre ces trois générations qui permet d’entretenir la vie de famille et aux grands-parents de faire connaissance avec leurs petits-enfants. C’est ce que Monique Desmedt appelle le « lien des générations ».

Transmission orale et temporalité

Monique Desmedt estime que l’écart d’âge entre grands-parents et petits-enfants introduit les enfants à la temporalité. « Les grands-parents offrent aux enfants un regard sur le temps qui passe, sur le vieillissement. »

Être vieux, c'est quand on a passé beaucoup d'enfance

Elle continue et explique que les grands-parents évoquent des souvenirs, racontent des histoires, montrent des objets, des photos issues d’une autre époque aux petits. « Les enfants aiment bien enquêter auprès de leurs grands-parents sur l'enfance de leurs propres parents. »

Pierre Bertrand se souvient de sa grand-mère paternelle : « Il arrivait qu'elle raconte des histoires qui pouvaient être des contes classiques. Il arrivait aussi qu'elle raconte des années de son enfance. Qu'elle chante aussi. »

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

Transgresser l’autorité parentale

Les deux invités s’accordent sur le fait que les parents et les grands-parents n’ont pas le même rôle dans l’éducation des enfants. D’ailleurs, "ils n’appliquent généralement pas les mêmes principes éducatifs", souligne Monique Desmedt.

Pierre Bertrand évoque une certaine distance éducative avec ses grands-parents. "Les grands-parents ont été parents. Avec leurs petits-enfants, ils sont à la fois très proches, tout en étant moins dans l'affectivité que mes parents. Ils ne rentraient pas dans la colère par exemple. Alors lorsqu'il y avait des conflits avec mes parents, c'était une porte de secours. C'étaient des médiateurs".

De la même manière, il se souvient de sa grand-mère : "Elle avait un don pour détourner certaines chansons classiques avec des gros mots dedans. Justement, ça, c'était absolument délicieux, chose que ne devaient pas entendre mes parents. Donc c'était un moment très privilégié avec elle que cette transmission orale." Pour lui, ces moments où l’autorité parentale n’était pas respectée étaient des moments de transgression importants.

Respecter les parents et les grands-parents

Monique Desmedt rappelle que ces instants, où l’enfant n’est pas sous l’autorité parentale, contribuent aussi à la formation, de la tolérance, de l'acceptation de l'altérité.

Pour autant, elles soulignent que l’autorité revient en premier aux parents et non aux grands-parents. "Certains grands-parents vivent très mal l’autorité des parents parce qu'ils pensent qu'ils ont quelque chose à apporter à l'enfant, spécifiquement. Pour autant, ils doivent lâcher prise et laisser un espace de liberté aux parents. Ce sont les parents qui ont l'autorité parentale et non les grands-parents. Et ce sont les parents qui vont ouvrir la porte des enfants aux grands-parents. Ce ne sont pas les grands-parents qui vont établir des liens. Ces liens ne sont pas acquis d'emblée. Il faut les construire et les construire avec les parents, sans oublier les parents".

Dans le même ordre d’idées, Monique Desmedt explique que les parents doivent prendre en compte la fatigue des grands-parents. Pour elle, le lien intergénérationnel s’entretient sur une base de respect et de compréhension mutuelle.

Monique Desmedt : "Les grands-parents sont parfois fatigués après avoir assumé la charge des petits-enfants pendant les vacances scolaires. Par exemple, lorsque les parents sont débordés ou n'ont pas de vacances. C'est vrai qu'ils peuvent être fatigués, mais en général, ils n'osent pas le dire parce que dire qu'ils sont fatigués, ça veut dire aussi qu'ils ont vieilli, qu'ils n'ont plus de force. Et le risque, peut-être, c'est qu'on ne leur confie plus les enfants s'ils sont fatigués". Elle conseille donc de libérer la parole sur le sujet, pour garder de bonnes conditions d’accueil pour les enfants.

Nos invité.es

Monique Desmedt, psychologue et médiatrice à l’école des grands-parents européens. C’est une association de soutien aux grands-parents, qui porte aussi la voix des grands-mères et des grands-pères dans l’espace public

Pierre Bertrand, conteur et écrivain, auteur des livres Cornebidouille, parus à l'école des loisirs : Non Cornebidouille, pas mon doudou !,  Gloups ! j'ai avalé Cornebidouille ! ou encore Cornebidouille contre Cornebidouille. Corinebidouille a aussi été adapté en podcast que vous pouvez écouter ici.

Programmation musicale

  • Wet Leg - "Ur mum"
  • M - "Dans ta radio"
  • Bill Withers - "Grandma's hands"

L'équipe