Assassin's Creed Mirage : un opus 100% français

Assassin's Creed Mirage - Ubisoft
Assassin's Creed Mirage - Ubisoft
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Assassin’s Creed a 15 ans. Cette franchise qui nous fait revisiter depuis 2007 l’histoire est revenue avec un nouvel opus: Assassin’s Creed Mirage se déroulant cette fois ci, à Bagdad, au IXe siècle.

Avec
  • Thomas Méreur Journaliste et auteur français, spécialiste en jeux vidéo
  • Sarah Beaulieu Consultante et script doctor, directrice de la narration du jeu vidéo "Assassin’s Creed Mirage"
  • Jean-Luc Sala Scénariste de bande dessinée français
  • Lily Konjo Streameuse spécialisée en jeux vidéo

Singularité de cet épisode, Assassin's Creed a été réalisé en France dans les locaux d’Ubisoft Bordeaux. Dans ce nouveau Blockbusters, Frédérick Sigrist aborde cet opus mais également la réalité de production d’un studio de jeux vidéo français en 2023. Et pour se faire, il est accompagné de :

Un jeu révolutionnaire

La licence a permis à de nombreuses personnes de se réconcilier avec l'histoire et de côtoyer, grâce à une jouabilité très immersive, les différentes époques de notre existence. Une franchise qui a su faire de l'histoire un terrain de jeu, en reconstituant de manière précise, grâce au savoir des historiens, les sociétés du passé. Une œuvre transmédias et collective, qui reste en permanence en contact avec la communauté des joueurs pour se donner des pistes pour les jeux futurs.

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Il faut rappeler que la grande histoire qui conditionne chacun des opus est l'opposition de deux factions : Ceux que l'on ne voit pas et les Templiers (Ordre des Anciens), qui se battent pour récupérer des artefacts des temps primitifs, qui peuvent conférer des pouvoirs phénoménaux à celles et ceux qui les possèdent. L'Ordre des Anciens entend s'en emparer pour manipuler politiquement l'histoire du monde et les assassins essaient de les en empêcher, au fil des siècles.

Le monde du jeu vidéo doit beaucoup à Assassin Creed. En 2007, quand on parle de jeu en monde ouvert, on parle encore de GTA lag (calqué sur ce qu'était le jeu "Grand Theft Auto"). Jean-Luc Sala confie que "le directeur créatif de Montréal à l'époque voulait que le héros soit l'équivalent de la voiture dans GTA, que le héros puisse se déplacer aussi librement que possible, ce qui a donné ce recentrage sur un personnage qui grimpe sur tous les bâtiments. À une époque aussi où, dans le jeu d'action-aventure conventionnel à la troisième personne, le décor était encore un obstacle. L'automisation du mouvement permise par Assassin's creed a révolutionné l'amplitude de jeu, apportant un vrai sentiment de liberté dans le gameplay." Grâce aussi à l'incarnation d'un assassin qui doit se cacher dans la foule, interagir selon les règles du monde, avec un game design novateur apportant de nombreux ingrédients, notamment cinématographiques, dans la manière de concevoir le jeu vidéo. Y compris en termes d'écriture de personnages, d'Altaïr à Ezio.

À écouter

55 min

Avec "Mirage", un retour aux sources de la licence

Le jeu était initialement censé être un contenu additionnel d'"Assassin's Creed Valhalla" (le précédent opus se déroulant durant l'ère des Vikings) et qui est finalement devenu un tout nouvel opus, dont le développement s'est étendu sur deux ans et demi. C'est un préquel qui permet de revenir aux origines de notre héros, Basim tout en renouant avec un gameplay proche du mode de jeu des tous premiers opus, laissant de côté l'épique et la veine très combattive des jeux les plus récents pour marquer un retour avec l'aspect discrétion et épuré. Avec Mirage, Jean-Luc Sala explique qu'il s'agissait surtout "de rassembler les deux communautés autour de la franchise d'Assassin's Creed."

Sarah Beaulieu raconte que "la décision a été finalement prise d'en faire un jeu à part entière avec un nouveau contexte historique situé au Moyen Orient. L'idée était de revenir aux premiers jeux, aux expériences puristes portées sur la discrétion et l'agilité, le parcours, la concentration urbaine, tout en reliant très subtilement son scénario avec celui de Valhalla puisque le destin de Basim (héros de Mirage) et d'Eivor (héros de Valhala) étaient liés. Valhalla posait déjà des bases extrêmement intéressantes pour le personnage de Basim."

Voyage immersif dans la Bagdad du IXe siècle

Cet opus (le 18e en tout) se déroule à Bagdad, en Irak, à l'époque du règne de l'empire califal abbasside. Pour sa reconstitution, l'équipe de production n'a pas pu travailler sur les traces archéologiques de la ville, puisqu'elles sont très rudimentaires puisqu'elles ont quasiment toutes disparu. Il ne reste plus rien de la ville du IXᵉ siècle, tant elle a été rasée par les invasions mongoles au XIIIᵉ siècle. Ensuite, la ville moderne s'est reconstruite par-dessus, avant que n'adviennent de nouveaux sursauts dans l'histoire.

Jean-Luc Sala explique qu'ils se sont basés sur un travail archéologique qui avait été fait, il y a un peu plus de 100 ans par un cartographe et historien qui avait reconstitué Bagdad d'après les textes et récits de voyages, notamment qui décrivent la ville au mètre près : "Toute la vie quotidienne a été commentée, bien que la ville ait été détruite. Guy Le Strange a compilé de nombreux textes arabes et perses de l'époque et a proposé une première reconstitution très valide et un premier plan au sol sur lequel on s'est basé."

La ville avait une topographie très singulière puisqu'elle était très plate, ronde avec en son centre le palais califal qui conditionnait tout un système d'ingénierie circulaire, avec plusieurs couches de rues, un tissu urbain très dense, des quartiers encerclés par une double enceinte ronde composée de plusieurs cercles concentriques."

La suite à écouter... Retour sur la bande son très composite du jeu ; les choix des styles et modes de jeu dans chacun des opus ; les questions des fans sur Twitch...

À écouter

18 min

À écouter

52 min

L'équipe

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