Quelques exemples de représentation du handicap dans la pop culture : Doctor Strange, le Professeur Xavier, et Sheldon (de "Big Band Theory")
Quelques exemples de représentation du handicap dans la pop culture : Doctor Strange, le Professeur Xavier, et Sheldon (de "Big Band Theory")
Quelques exemples de représentation du handicap dans la pop culture : Doctor Strange, le Professeur Xavier, et Sheldon (de "Big Band Theory")
Quelques exemples de représentation du handicap dans la pop culture : Doctor Strange, le Professeur Xavier, et Sheldon (de "Big Band Theory")
Quelques exemples de représentation du handicap dans la pop culture : Doctor Strange, le Professeur Xavier, et Sheldon (de "Big Band Theory")
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Résumé

Une fois de plus, c’est la performance d’acteur qui a été récompensée, notamment celle d’Anthony Hopkins dans le film "Father" de Florian Zeller, où il joue un homme atteint par la maladie d’Alzheimer... Les Oscars c’est quand même le seul endroit où on te file une récompense pour t’être mis sur une place handicapé !

En savoir plus

Les Oscars adorent le handicap :

  • On pense bien évidemment à Dustin Hoffman dans "Rain Man" : Oscar du meilleur acteur
  • Colin Firth dans "Le Discours d’un roi" où il joue une personne atteinte de bégaiement : Oscar du meilleur acteur
  • Jamie Fox qui joue un aveugle dans "Ray" : Oscar du meilleur acteur
  • Bjork elle aussi aveugle dans "Dancer in the Dark" : Oscar de la meilleure actrice
  • Russell Crowe schizophrène dans "Un homme d’exception" : Oscar du meilleur film

C’est dingue, avec un handicap, t’accède plus facilement à un Oscar qu’à la supérette en bas de chez toi !

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En confinement, t’es en fauteuil coincé chez toi depuis un an, t’as dû arrêter tes soins à domicile, tu vis avec 453 euros par mois, les trottoirs en face de chez toi sont trop hauts, les feux rouges ne sont pas sonorisés... Mais par contre tu peux espérer voir Marion Cotillard ou un autre gagner une statuette en jouant ta vie... C’est dingue!   

Ça marche aussi pour les Césars, je suis certain que tu as des migrants sur des canots à la dérive en mer Méditerranée qui se disent : "Au pire, ça fera un bon film pour Vincent Lindon".

La question que l’on est en droit de se poser, c’est : est-ce que ces films font avancer la prise en compte des personnes en situation de maladie ou de handicap ?

Comment est représenté le handicap à l’écran ? 

Bah très souvent, mal ! Pour Hollywood par exemple, un autiste, c’est trop souvent un génie qui sait faire des divisions à 19 chiffres et qui peut te dire combien d’allumettes il y avait dans un paquet que t’as fait tomber par terre. Pour eux un autiste, c’est un mélange entre Sheldon de "Big Bang Theory" et Spock dans "Star Trek", donc on est assez loin de la réalité que connaissent malheureusement tous les parents d’enfants autistes. 

Dans la fiction, lorsqu’un personnage perd l’usage de ses jambes comme Bran dans "Game of Thrones", le professeur Xavier dans les comics "XMen" ou Barbara Gordon dans "Batgirl", c’est immédiatement compensé par une intelligence hors du commun ou par des pouvoirs télépathiques démesurés. Bran devient la Corneille aux trois yeux et peut se promener à travers les époques tandis que Charles Xavier est un des mutants télépathes les plus puissants au monde. Barbara Gordon quand à elle devient Oracle, une génie de l’informatique capable de pirater de chez elle n’importe quel ordinateur. Matt Murdock (alias Daredevil) est un avocat devenu aveugle à cause de produits chimiques mais ces derniers ont accru ses sens à un point où il est capable de mieux percevoir son environnement qu’avec ses deux yeux !

N’imaginez pas une seule seconde que ces personnages vont servir de tribune à l’évocation d’une meilleure accessibilité des espaces publics ou à la revalorisation de l’allocation adulte handicapé, c’est pas le sujet.

En gros, le handicap en fiction est le plus souvent un moyen de limiter un potentiel quasi divin.

Finalement, on est toujours dans une relecture du mythe de Tirésias, dans l’antiquité grecque, qui bien qu’aveugle avait le don de voir le futur et de tout savoir

Des fois, c’est carrément littéral :

  • Thor dans sa version comics Marvel,  a été transformé par Odin en Donald Blake, un médecin boiteux qui marche avec une cane, dans le seul but de lui apprendre l’humilité... Mais d’un coup de cane frappée sur le sol, il redevient Thor, ce Dieu au physique de surfeur australien !
  • Le Doctor Strange était un chirurgien arrogant qui a perdu l’usage de ses mains dans un accident de voiture mais en devenant l’élève de l’ancien, un sorcier tibétain, il apprend l’humilité et devient le Sorcier Suprême des arts mystiques !

Dans un cas comme dans l’autre, le handicap n’est qu’une leçon, un marche pied vers une transcendance. 

Dans le cinéma japonais, on trouve également la figure de Zatoichi le sabreur, qui bien qu’aveugle est capable de battre à lui seul une dizaine de samouraïs et autres yakuza ! Dans le cinéma de Hong Kong, on a the Blade de Tsui Hark, où un guerrier fait à un bras ce que je n’arriverais pas à faire si on m’en ajoutait trois ! Le handicap là aussi les a transcendé...

Pourtant, en tant que papa d’un petit garçon qui est né avec un handicap, je peux vous garantir que ce qui est admirable chez les personnes ayant un handicap, ça n’est pas tout ce qu’ils sont capables de faire en plus, mais tous les efforts qu’ils mettent chaque jour en œuvre pour vivre comme tout le monde. 

Ergothérapheute, kinésithérapeute, psychométricien, auxiliaire de vie scolaire à trouver, appareilleur, dossier MDPH à remplir, appartement ou maisons à mettre au norme, dressage d’un chien d’aveugles... La vie d’un handicapé c’est les douze travaux d’Hercule sous stéroïdes ! 

Avoir un handicap et sortir de chez soi, c’est déjà une forme d’héroïsme sans pareil.

Avoir un handicap ne donne pas des capacités surnaturelles, par contre il faut une volonté surnaturelle pour compenser un handicap.

Les Philippe Croizon, Stephen Hawking, Emmanuelle Laborit et autre Elisa Rojas de ce monde, comme tant d’anonymes sont souvent des héros qui vivent parmi nous. Dommage qu’on ait besoin de films pour s’en rendre compte!

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