Jesse Eisenberg et Joseph Mazzello dans "The Social Network" de David Fincher (2010)
Jesse Eisenberg et Joseph Mazzello dans "The Social Network" de David Fincher (2010)
Jesse Eisenberg et Joseph Mazzello dans "The Social Network" de David Fincher (2010)  ©AFP - Archives du 7eme Art / Photo12
Jesse Eisenberg et Joseph Mazzello dans "The Social Network" de David Fincher (2010) ©AFP - Archives du 7eme Art / Photo12
Jesse Eisenberg et Joseph Mazzello dans "The Social Network" de David Fincher (2010) ©AFP - Archives du 7eme Art / Photo12
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Résumé

Frédérick Sigrist s’est fait virer de Facebook : il a cherché à comprendre pourquoi. Du coup, il a regardé "The Social Network" de David Fincher.

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J'ai un drôle de point commun avec Donald Trump  :  oui alors je sais comme ça, à première vue, ça ne saute pas aux yeux et ça me rassure parce que si c’était une évidence, je le vivrais très mal… Mais oui Donald et moi, on a fait un petit bout de chemin dans les mêmes souliers… On s’est tous les deux fait virer de Facebook !

Frédérick Sigrist, viré de Facebook ?!

Oui, viré de chez viré ! 

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Ils ne veulent plus me voir, plus m’entendre ! Ils ne répondent plus à mes coups de téléphone ! 

J’ai même essayé de créer un autre compte histoire de revenir un peu comme Manuel Valls dans la politique française, et bien comme lui, au bout de 2 secondes, ils m’ont dit : "Non, non, on t’a reconnu, on veut plus de toi !"

C’est très surprenant parce que d’habitude pour décevoir autant les gens, en général il faut que je couche avec… Là ça m’a semblé très prématuré.

Et bien je n’en sais strictement rien ! Parce que personne ne t’explique ! On te dit juste que t’as enfreint les clauses d’utilisation de Facebook… 

Les clauses d’utilisation, c’est un peu comme le confinement expliqué par le gouvernement ; en dessous de 30 000 contaminations, on ferme tout mais au dessus de 40, on peut rouvrir… Cherchez pas, c’est une intelligence qui vous échappe !

Le spectre des raisons qui peuvent aboutir à la fermeture de ton compte est assez large… Ça peut aller d’une sextape avec un teckel à poil ras à des discours islamo-néo-nazi sur la convergence des luttes… Ou tout simplement un téton de femme… Pour Facebook, le 11 septembre et une plage du cap d’Agde, Facebook, ils mettent ça à peu près sur le même plan !

Mais aussi large soit-il, je peux vous assurer que je n’ai rien fait de tout ça ! Moi je me contentais benoitement de partager mes chroniques Blockbusters avec la discrétion d’un secrétaire d’État aux transports…

En plus je me disais sur cette antenne que je suis tranquille, on est sur un ratio de 19 humoristes pour un journaliste, si Facebook s’intéresse aux comiques de la station, c’est comme pour la vaccination, je suis pas prioritaire ! 

Et bien si, il semblerait que ma moyenne de "32 j’aime" hebdomadaire ait commencé à gêner le pouvoir ! Clairement, mes chroniques sur Point break ou Princesse Sarah sont devenues le poil à gratter de la Ve République ! Aujourd’hui, Il y a Julian Assange et les fichiers wikileaks et il y a moi avec mes chroniques qui parlent de Pokemons !

N’empêche, ça fait un an que je suis confiné avec ma femme et les enfants, en dehors du boulot, je ne dépasse pas les 10 kms, si je voulais croiser des nouvelles personnes, je serais obligé de les fabriquer moi-mêmes… Et maintenant je me fais virer de Facebook ? Franchement, le prince Philip, il est parti avec ma vie sociale !

"The Social Network", pour mieux comprendre Facebook

Donc histoire de mieux comprendre les arcanes mystérieuses de ce réseau social, je me suis maté ce film incroyable de David Fincher : The Social Network

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The social Network, c’est l’histoire romancée de la création de Facebook par le jeune et assez singulier génie de l’informatique Mark Zuckerberg ! Et très honnêtement, sur le papier, un film basé sur la création d’un réseau social par une bande de nerds antipathiques qui se font des procès pour savoir à qui doit revenir le pactole, ne devrait pas être aussi passionnant qu’il ne l’est ! Et passionnant, il l’est !

Déjà parce que derrière la caméra, il y a David Fincher ! David Fincher, c’est Seven, Fight Club, Gone Girl, The Game... Si vous êtes de celles ou ceux qui profitent du confort capitaliste apporté par nos sociétés occidentales, téléphone portable, open space, enceinte connectée et profil LinkedIn mais qu’à la nuit tombée, dans la solitude de votre chambre, vous regardez le plafond en vous dégoûtant de vous même : Alors David Fincher a forcément réalisé un film qui vous parle, car son cinéma ne parle que de ça !

David Fincher, c’est un regard punk sous la forme d’un long métrage

Dans The social Network, le formidable acteur Jesse Eisenberg incarne un meilleur Mark Zuckerberg que Mark Zuckerberg lui-même, un génie motivé non pas par l’argent mais par la frustration, frustration sexuelle tout d’abord, car l’ancêtre de Facebook nous dit le film était à la base une vengeance d’un jeune homme ivre qui s’est livré à une sorte de harcèlement en ligne contre celle qui l’avait éconduit ! Mais aussi frustration de classe, dirigée contre les héritiers des riches familles américaines destinés à occuper les plus hautes fonctions. 

Jesse Eisenberg incarne un nouveau type de prédateurs parmi les prédateurs.

Cette version de Mark Zuckerberg, c’est encore le personnage d’Erica, cette jeune fille dont il aurait été amoureux, qui en parle le mieux : 

Mark... Toute ta vie, tu vas penser que tu n’as pas d’amis parce que tu es un nerd, c’est faux ! Tu n’as pas d’amis parce que t’es un sale con !

Facebook, nous dit Fincher, c’est l’âme d’un harceleur qui aurait su, par son génie, transformer ses travers en système informatique. Plutôt que de changer ou même de demander pardon, Zuckerberg a inventé une plateforme qui légitime et démocratise ce comportement.

Tout cela avec notre consentement.

D’anciens responsables de la Stasi en Allemagne de l’est, diront d’ailleurs qu’au plus fort de la guerre Froide, ils n’ont jamais eu accès à autant d’informations que celles que nous fournissons quotidiennement et volontairement à Facebook.

Dans le film, l’amitié n’est pas une vertu mais un marché ! 

Les amis que l’on ajoute sur Facebook, ne sont que des profils qu’on collectionne à la manière des Pokemons, dans l’optique de les exploiter. 

Dans ce film, les femmes sont absentes, incomprises ou vues comme des trophées.

David Fincher adopte consciemment le point de vue d’un homme.

Un thème que l’on retrouve finalement très souvent chez ce réalisateur, d’Alien 3 à Fight Club, en passant par The Game, Millenium et Gone Girl, David Fincher s’ingénie à montrer sans filtres ce que pensent les hommes.

Non pas des criminels comme Tony Montana dans Scarface ou Michael Corleone dans le Parrain, mais ceux que notre société érige en héros : les winners de nos sociétés libérales ! Les Bernard Arnaud et les Bolloré de notre époque. 

Et quand on voit sur le générique que :

  • le film a été produit par Kevin Spacey et Scott Rudin accusés d’harcèlement sexuel et d’agression tous les deux...
  • Au casting : le comédien Armie Hammer, accusé d’agression et même de cannibalisme...
  • Justin Timberlake qui a demandé pardon en février dernier pour la manière dont il s’est comporté avec Janet Jackson et Britney Spears...

On ne peut pas accuser David Fincher de ne pas s’être entouré d’experts pour montrer le côté obscur des hommes de pouvoir !

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