Jean-Michel Maulpoix
Jean-Michel Maulpoix
Jean-Michel Maulpoix - Laure Helms
Jean-Michel Maulpoix - Laure Helms
Jean-Michel Maulpoix - Laure Helms
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Résumé

Il est poète et vient de recevoir le Goncourt de la poésie pour l’ensemble de son œuvre. Jean-Michel Maulpoix est l'invité d'Augustin Trapenard.

En savoir plus

Rue des fleurs, son dernier recueil, est un bouquet de textes en prose et en vers, sous l’apparente légèreté desquels affleurent une douce nostalgie et un soupçon de gravité. Jean-Michel Maulpoix est dans Boomerang.

Extraits de l'entretien

"La poésie est d’abord un acte de présence au monde, celui du divers des fleurs, des oiseaux, des animaux est une réalité qui est nôtre et dont nous devons prendre soin. Les poètes en parlent, nous les montrent."

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"Le silence des fleurs parle à notre odorat, à notre toucher, de la lumière et de la couleur. A travers elles, nous avons accès à une beauté qui nous est en surplus, fragile et éphémère."

"Le poète fait valoir la potentialité et la plasticité de la langue. Il veille sur le langage pour montrer que les mots ont une existence propre, une histoire à laquelle nous devons être attentifs."

"Le langage médiatique et politique a tendance à fonctionner par réduction : des idées deviennent slogans, par exemple. À l’inverse, la poésie est extension : elle déploie le langage."

"Je suis fait de mots qui m’échappent. Je me demande parfois ce que deviennent les mots dans notre sommeil, par exemple. Que devient la langue lorsque nous dormons ? Les mots dorment-ils ? Je crois qu’ils somnolent, parfois."

"Le poème est un objet simple à réaliser soi-même. Il faut être un peu artisan pour faire des poèmes."

"Le vers est un tenseur. (…) Il donne du souffle."

"Écrire, c’est entrer dans un jeu pernicieux du langage, qui fait que nous avons rendez-vous avec sa fin, ou ses fins. […] Le poème fait paradoxalement apparaître la lumière en plongeant dans le puits de l’obscurité."

"Écrire est un désir. Cela fait même partie de l’histoire du désir. Il y a quelque chose d’une tentative de réparation et de consolation dans le geste poétique. Si elle échoue, la poésie cherche, demande."

Carte blanche

Pour sa carte blanche, Jean-Michel Maulpoix a écrit un texte inédit :

"Le geste d’écrire

Carte blanche, dites-vous… L’invitation est bienvenue. Il me faut une feuille blanche pour écrire. Disponible autant que fragile, le papier « palpite d’impatience » : n’est-il pas le support le plus mince et le plus inflammable, aisément froissé ou déchiré, ainsi disposé à accueillir la substance volatile de la langue, les traces de l’éphémère ? Frissonnante, c’est une sorte de peau très fine qui attend ce « toucher particulier » du langage à quoi se reconnaît le poète… La nature du toucher a son importance : ce n’est pas la frappe mécanique d’un clavier, mais une glissade vers des « lointains intérieurs » où il semble que se délivrent le désir et la pensée…

Écrire, n’est-ce pas se délier la langue ? Défaire les nœuds qui la tiennent en nous prisonnière ? Et pour cela, il faut tant bien que mal la suivre à la trace. Laisser circuler dans l’épaule, le bras, le poignet, la main, et jusqu’au bout des ongles, cet imperceptible courant à faible voltage qui porte les mots de la tête à la page... Le geste lent d’écrire est une affaire de flexion, un mouvement de bascule des tendons et des phalanges. La carcasse y est engagée, avec son mal de dos, son mal de tête, ses raideurs, son âge, la somme improbable de ses espérances et de ses fatigues… De toutes sortes de manières, les mots vont rechercher à même le corps de l’écrivain une part non négligeable du sens des phrases où ils iront se loger.

C’est alors une étrange aventure qui se joue à même la surface du papier, Je mène en écrivant une existence déraisonnable. Je m’adresse à des ombres. Je m’égare dans mes souvenirs ; je croise des vies perdues, des bonheurs en morceaux, des éclats de souffrances… La poésie accueille ce désordre ; elle le compose et le décompose. A proprement parler, elle ne console pas. « Je ne me suis pas consolé » se plaint Verlaine… « Ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleurant » supplie le voyageur d’Apollinaire. Le poème cogne obstinément à des portes dont il sait qu’il ne les ouvrira pas."

Programmation musicale

MOULOUDJI - COMME UN P’TIT COQUELICOT

Références

Programmation musicale

  • 09h26
    Comme un p'tit coquelicot
    Comme un p'tit coquelicot
    MOULOUDJI
    Comme un p'tit coquelicot

    MOULOUDJI

    Album MOULOUDJI (2010)
    Label MERCURY
  • 09h37
    Horsepower for the streets
    Horsepower for the streets
    JONATHAN JEREMIAH (Compositeur)
    Horsepower for the streets

    JONATHAN JEREMIAH (Compositeur), JONATHAN JEREMIAH

    Album Horsepower for the streets (2022)

L'équipe

Augustin Trapenard
Augustin Trapenard
Lola Costantini
Réalisation
Perrine Malinge
Collaboration
Léonard Billot
Journaliste
Pierre Martinerie
Collaboration