Visionnaire Margaret Atwood

L'écrivaine Margaret Atwood, novembre 2021
L'écrivaine Margaret Atwood, novembre 2021 ©AFP - Crédit Jeremy Chan / GETTY IMAGES NORTH AMERICA
L'écrivaine Margaret Atwood, novembre 2021 ©AFP - Crédit Jeremy Chan / GETTY IMAGES NORTH AMERICA
L'écrivaine Margaret Atwood, novembre 2021 ©AFP - Crédit Jeremy Chan / GETTY IMAGES NORTH AMERICA
Publicité

Régulièrement pressentie pour le Nobel de Littérature, des livres d’anticipation comme "La servante écarlate" et sa trilogie du "Dernier homme", ont fait d’elle l’une des plus grandes écrivaines contemporaines. La romancière canadienne Margaret Atwood est l'invitée d'Augustin Trapenard.

Avec

Elle est l'une des plus grandes autrices contemporaines dans le monde. Elle vient de faire paraitre deux recueils de poésie, les uns tardifs, les autres de jeunesse, publiés chez Robert Laffont. Margaret Atwood est dans Boomerang.

Retrouvez ci-dessous des extraits de l'émission

Publicité

De la dystopie au monde désirable

Et si l'on imaginait des moyens réalistes d'améliorer notre façon de vivre face à la catastrophe climatique. De nombreuses questions se posent alors : "Quel type de construction serait préférable pour nos habitations ? Quelle sorte de vêtements ? D'où faire venir notre nourriture, toutes ces choses du quotidien et les idées ne manquent pas. Il s'agit donc de mettre ensemble des gens et voir s'ils arrivent à bâtir une sorte de maquette en Lego d'un monde plus vivable."

La difficulté, reconnait l'auteure, c'est d'écrire ça sous forme romanesque. Et elle évoque les romans d'anticipation si populaires au 19e siècle "parce qu'on croyait au progrès et en un monde meilleur sur le plan matériel essentiellement, mais aussi sur le plan social quelque fois." L'occasion de rappeler que la condition féminine était un gros sujet et que les femmes avaient toujours un meilleur sort. "Un meilleur sort et moins de vêtements, moins de froufrous. Puis est arrivé le XXe siècle et on a essayé de mettre en application certaines de ces utopies. Et ça n'a pas très bien marché."

Margaret dans le bois

Margaret Atwood. Un nom prédestiné, puisque, enfant, elle passe beaucoup de temps dans les bois ("wood"), justement. Une enfance entre livre et forêt : "Ce n'était pas seulement la forêt, mais ce qu'il y avait dans la forêt. Ce qu'on apprend avec un père biologiste, c'est à quel point tout est relié dans un écosystème forestier. On apprend à connaître chaque espèce d'arbre et les insectes qui les dévorent, les champignons et les rhizomes qui les nourrissent."

Une enfance qui a durablement marquée sa vie : "Il n'y avait rien d'autre à faire dans un endroit sans électricité. Pas d'eau courante, juste une pompe. Pas de télévision, pas d'école, ni de théâtre. À peine la radio. Alors quand il pleuvait, on passait le temps à lire, écrire ou dessiner. Et cette enfance a fait de moi une lectrice précoce. J'ai écrit et dessiné très tôt".

Au lycée, elle écrit des poèmes, des romans, des essais. Avec des camarades, ils impriment des magazines et c'est ainsi que ses poèmes sont d'abord parus. Certains d'entre eux abordent des sujets qu'elle développera plus tard en roman : "C'est particulièrement vrai pour mon roman "Captive". Ça a commencé par un poème que j'avais écrit dans les années 1960. J'ai écrit une pièce pour la télévision avec le même personnage au début des années 1970 et ensuite un roman au début des années 1990, à des années de distance. Mais la même histoire."

Ecoutez Margaret Atwood évoquer, entre autre, Simone de Beauvoir et le patriarcat, Proust et sa madeleine ou Maigret et ses repas, mais aussi le rôle du corps de la femme et le temps qu'il lui a fallu pour qu'on la reconnaisse en temps qu'auteure

La traduction simultanée est assurée par Eve Dayre.

Programmation musicale

  • Joni Mitchell - The Circle Game
  • Lonny - Comme la fin du monde

L'équipe