Jean-Jacques Annaud en mars 2022
Jean-Jacques Annaud en mars 2022
Jean-Jacques Annaud en mars 2022 ©AFP - Joel Saget
Jean-Jacques Annaud en mars 2022 ©AFP - Joel Saget
Jean-Jacques Annaud en mars 2022 ©AFP - Joel Saget
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Résumé

Des films comme "La guerre du feu", "Le nom de la rose", "L’ours", "L’amant", ou "Sept ans au Tibet", ont fait de lui un cinéaste mondialement reconnu. Son nouveau film "Notre Dame brûle" sort mercredi. Le cinéaste Jean-Jacques Annaud est l'invité d'Augustin Trapenard.

avec :

Jean-Jacques Annaud.

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Avec Notre-Dame brûle, en salle après demain, il signe une reconstitution haletante de l’incendie qui ravageait la cathédrale il y a trois ans. De l’émotion et du très grand spectacle. Jean-Jacques Annaud est dans Boomerang.

Le carnet de bord du film Notre-Dame brûle vient de paraitre aux éditions Gründ.

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Extraits de l'entretien

Notre-Dame ou l'Ukraine : ne pas vouloir envisager l'invraisemblable

Interrogé sur un éventuel parallèle entre l'incendie de Notre-Dame et la situation en Ukraine, le réalisateur y voit notre absence d'envie de croire à l'invraisemblable. "À Notre-Dame, pourquoi les pompiers n'ont-ils pas été prévenus ? Parce qu'on ne pensait pas que ce soit possible que la cathédrale brûle. Pour tout le monde, cet édifice était de la pierre. On oubliait qu'elle était soutenue par des arbres plantés sous Charlemagne ! On n'a pas voulu croire, et on ne s'est même pas préparé. Bien sûr, il y avait des exercices de pompiers sur Notre-Dame, mais ça semblait tout à fait improbable !". Il ajoute : "Pour l'Ukraine, c'est la même chose. Si on installe 100 000 hommes à la frontière d'un État, ce n'est pas pour faire du cinéma !" Mais on n'y a pas cru. Et pour lui : "En théorie, l'envahisseur russe ne peut pas gagner, car si une armée peut gagner contre une autre armée, le peut-elle contre un peuple ?"

Une remise en question du monde

À la question d'Augustin Trapenard sur les éventuels aspects positifs de la situation, Jean-Jacques Annaud voit que : "L'Europe s'unit enfin. Quel bonheur ! Du coup, on retrouve des frontières culturelles naturelles avec des valeurs qui sont les nôtres". Mais il déplore : "Qu'un tas de pays qui risquent de tout simplement mourir de faim, car le système a tué les petits agriculteurs. On était dans un système où on a pensé qu'on pouvait ne rien faire chez nous, tout faire faire chez les autres et acheter moins cher. Mais on sait maintenant que c'était une folle erreur. L'indépendance alimentaire est fondamentale, mais l'indépendance énergétique l'est aussi. Et ne pas s'y préparer me rendait fou depuis des années."

Filmer la guerre

Comment filmer la guerre, ce qu'il a déjà fait dans ces précédents films ? Jean-Jacques Annaud explique à Augustin Trapenard : "Il faut mettre quelques plans larges, quelques plans d'ensemble pour montrer le théâtre d'opérations. Mais pour qu'on sente la douleur de la guerre, il faut que le spectateur puisse s'identifier à quelques personnages. Cela passe par le gros plan sur un visage, sur lequel on peut voir la douleur, l'interrogation, la haine.

C'est la grande différence entre un documentaire et un film de fiction. Le documentaire parle à votre intelligence, vos connaissances, le film de fiction à vos tripes, à vos émotions. Pour faire comprendre l'épouvante de la guerre, il faut donc suivre un personnage et de le voir blessé, par exemple. Là, vous n'en pouvez plus de douleurs."

S'il filme la guerre, c'est parce qu'elle est "un moment de grande remise en question où l'on se regroupe autour de l'essentiel : sa propre survie, la survie des lieux qu'on aime, la survie de ce qui nous a construits… C'est-à-dire notre culture. L'histoire de l'humanité n'est qu'une succession de conflits qui a fait naître des héros."

Mettre en lumière l'incendie de Notre-Dame en 2019, un moment primordial

Même s'il n'a pas assisté à l'incendie, le réalisateur de La guerre du feu, ou du Nom de la rose a tout de suite "imaginer" des scènes de cinéma. Et il sait que la narration d'un tel événement se prête au récit dramatique de structure très classique : "Vous avez une star internationale immensément connue, d'une grande beauté : Notre-Dame de Paris, la plus belle des Françaises depuis très longtemps. En face, vous avez un ennemi monstrueusement fascinant et photogénique : le feu. C'est le principe hitchcockien de base. Ce combat entre une star blessée et des secours qui ont du mal à arriver est une structure dramatique extrêmement puissante."

Pour ce film, il a dû rencontrer des pompiers et il a été marqué par leurs témoignages : "J'ai trouvé chez eux quelque chose qui manque aujourd'hui : l'esprit de solidarité et l'humilité. Et le principe de risquer sa vie pour sauver celle des autres est puissant. À la fin d'un entretien avec les soldats du feu parti sauver Notre-Dame sans réfléchir l'un d'eux m'a dit : "Qu'est-ce que ma vie par rapport aux pierres de Notre Dame ?""

Notre-Dame, une attirance ancienne

Jean-Jacques Annaud a toujours été fasciné par ce bâtiment, il l'explique par une enfance banlieusarde : "J'habitais Draveil, au sud de Paris, une quinzaine de kilomètres. Le jeudi, jour de congé des enfants à cette époque-là, ma maman m'emmenait à Paris pour voir des musées. On descendait à Paris, pont Saint-Michel, une gare de train à l'époque. Et quand on en sortait, la première chose que l'on voyait petit à petit en montant les marches, comme dans un film, c'était Notre-Dame, et c'était très beau. Nous étions athées, mais ma mère allait parfois y mettre un cierge. Et c'est la deuxième photo que j'ai faite avec le premier appareil photo que j'ai reçu."

Carte blanche

Pour sa carte blanche Jean-Jacques Annaud a choisi de lire un extrait de "L'oeuvre ouverte" d'Umberto Ecco.

Programmation musicale

  • EDITH PIAF – NOTRE DAME DE PARIS
  • IBEYI – SISTER 2 SISTER
Références

Programmation musicale

L'équipe

Augustin Trapenard
Augustin Trapenard
Lola Costantini
Réalisation
Perrine Malinge
Collaboration
Léonard Billot
Journaliste
Pierre Martinerie
Collaboration