Charlotte de Turckheim, janvier 2016 ©Maxppp - LE PARISIEN
Charlotte de Turckheim, janvier 2016 ©Maxppp - LE PARISIEN
Charlotte de Turckheim, janvier 2016 ©Maxppp - LE PARISIEN
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Résumé

Comédienne, réalisatrice et femme de théâtre, depuis plus de 40 ans, elle réunit, surprend et détonne. Dans son "Dictionnaire de ma vie", paru la semaine dernière, elle se raconte de A à Z, et revient sur un parcours placé sous le signe du culot et de la joie. Charlotte de Turckheim est dans Boomerang.

avec :

Charlotte de Turckheim (Comédienne).

En savoir plus

Comédienne populaire, sur petit et sur grand écran, c'est au café-théâtre qu'elle a fait ses débuts à la fin des années soixante-dix. Dans Le dictionnaire de ma vie, elle se livre comme jamais auparavant. On parle de bienveillance, d'amour des mots, mais aussi de Coluche, d'insolence, de formatage et de décalage, avec Charlotte de Turckheim. 

Carte blanche

Pour sa carte blanche, Charlotte de Turckheim a choisi de lire un texte de Marie-Françoise Colombani extrait de Celle que j’ai laissée. Le témoignage d'un jeune homme qui a traversé la Méditerranée. 

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C'est un éclairage différent sur les migrants. Ça prouve aussi que, quand on les aide, ils peuvent parfaitement s'inscrire dans la société française. Ce sont aussi des enfants. Et que, quand on a décidé de fuir son pays, qu'on a 14 ou 15 ans, on se rend compte à quel point, en partant, votre famille va vous manquer. 

J'ai trouvé ça très touchant et incroyablement courageux

Le texte : "Quand mon père est mort, j'avais 12 ans et ma petite sœur 10. Il est parti d'une mort naturelle. Après sa mort, nous sommes devenus encore plus pauvres. Et je suis parti quand j'avais presque 15 ans. J'avais toujours peur de mourir à cause de la pauvreté et de l'insécurité. Le jour où je suis parti, je ne l'ai pas dit à ma mère, car lorsque je lui en avais parlé, elle n'était pas du tout d'accord. Elle me manque tellement, comme ma petite sœur. Un soir, elle n'était pas là, j'ai pris mon extrait de naissance dans ces affaires et je suis parti sans lui dire au revoir. Mon oncle m'a aidé à payer une place dans un camion de marchandises pour l'Algérie. Trois jours très difficiles avec la faim et la soif. Quand des gens dangereux nous arrêtaient sur la route, le chauffeur s'arrangeait avec eux. J'avais envie de faire demi tour, mais c'était impossible. Tout seul, je serais vite mort. Pour passer la frontière, il fallait descendre dans des grands trous, marcher et remonter en arrivant de l'autre côté. Mais j'étais très petit. Des gens plus vieux que moi m'ont aidé a grimper. Je suis alors allé à Nador, où j'ai pris un bateau pour l'Espagne. Au bout de 16 heures, c'est la marine espagnole qui nous a sauvés. Personne ne s'est noyé. Mais, en arrivant, j'ai su que beaucoup de personnes avec qui je m'étais caché dans les forêts étaient mortes dans l'eau. Après avoir traversé l'Espagne, j'ai dormi plusieurs jours devant la gare de Lyon, je ne savais pas où aller et, un matin, je suis allé, comme on me l'avait dit, dans un commissariat qui m'a trouvé un centre d'accueil. J'y suis resté quelques mois avant que le juge pour enfants me fasse transférer à Marseille, dans un foyer où j'ai commencé à apprendre le français avant de commencer mes études. J'ai été étonné qu'on s'occupe aussi bien de moi. Je ne m'y attendais pas. 

Aujourd'hui, je ne regrette pas d'être parti. J'ai été scolarisé, j'apprends un métier, j'ai beaucoup travaillé et mon papa, qui aurait tellement voulu que je continue l'école, serait fier de moi

J'aimerais que ma maman soit à côté de moi. Ce qui me manque le plus, c'est son souvenir, c'est son sourire. Quand je pleurais, c'est elle qui pouvait me consoler. Avec elle, je n'étais pas beaucoup malade. Aujourd'hui, je lui envoie des photos. Elle me dit que j'ai grandi, que je suis beau, que j'ai l'air en bonne santé. Maintenant, j'ai des amis de toutes les nationalités, une formation qui me plaît beaucoup et je me vois faire ma vie et me marier ici. Mais je ne sais pas ce que ma mère dirait si je trouve une femme française".

Carte blanche - Charlotte de Turckheim lit un extrait de "Celle que j’ai laissée" de Marie-Françoise Colombani

2 min

Extraits de l'émission

"Coluche me faisait hurler de rire. Il a été bien plus qu'un soutien. Des années après sa mort il y a toujours des choses de lui qui me reviennent, une manière de voir la vie de façon décalée. Il me disait toujours d'aller vers la légèreté, vers le plaisir".

"Au début de ma carrière, on m'a proposé de changer de nom. Coluche m'avait dit "ma poule, avec un nom pareil tu vas jamais y arriver !". J'ai essayé de me faire appeler Charlotte Keim... mais je trouvais ça ridicule de ne pas assumer ce que j'étais."

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"Le café théâtre était très démocratique : tout le monde était payé pareil ! On mettait tout le pognon des entrées dans une valise et on divisait. Quand j'ai débarqué dans le théâtre classique, ce n'était pas du tout pareil".

Ce qui me fait râler ce sont les râleurs. On habite un pays où les tests PCR, les vaccins, et les médecins sont gratuits ! Essayons de voir le verre à moitié plein

"Enfant, j'avais le chromosome acrylique, c'est à dire celui des goûts de chiotte. Quand mon père achetait une voiture, je ne comprenais pas pourquoi il ne prenait pas une carrosserie vert pistache avec un intérieur en cuir rose !"

Programmation musicale

  • RANDY NEWMAN – YOU VE GOT A FRIEND IN ME
  • OURS - PETIT JEU 
Références

L'équipe

Augustin Trapenard
Augustin Trapenard
Anouk Roche
Collaboration
Lola Costantini
Réalisation
Perrine Malinge
Coordination
Léonard Billot
Journaliste
Pierre Daymé
Journaliste