Françoise Hardy
Françoise Hardy ©Getty - Benhamou / Catarina
Françoise Hardy ©Getty - Benhamou / Catarina
Françoise Hardy ©Getty - Benhamou / Catarina
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C’est une femme de mots à qui l’on doit l’un des plus beaux répertoires de la chanson française. Au gré de grandes et mélancoliques mélodies, elle convoque à l'envie absences, départs et rendez-vous manqués. Aujourd'hui, on parle fantôme, amour et poésie avec Françoise Hardy, invitée d'Augustin Trapenard.

Avec

Avec le triomphe de son dernier album Personne d'autre, Françoise Hardy confirme à nouveau sa singularité dans le paysage et l'histoire de la chanson française. Dans cet entretien, Françoise Hardy revient sur son passé, sa passion pour la littérature et l'écriture, son amour des mélodies – et peut-être sur l'amour tout court. 

Extraits de l'entretien :

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Confessions

Quel regard vous portez sur la jeune fille que vous étiez ?

"J'étais une jeune fille excessivement naïve. Mais de la naïveté, je dois d'ailleurs en avoir encore un peu, découle l'idéalisme. J'étais aussi très timide et passer une audition était un vrai test pour moi.

Vous avez frôlé la mort il y a peu de temps. Elle vous fait peur ?

Ce qui me fait peur c'est la souffrance. La mort, je pense que c'est celle du corps physique et la libération de l'âme.

Mais écrire pour vous, c'est conjurer ce genre d'idée sur la mort ? 

Non, c'est davantage un exutoire aux choses très douloureuses que j'ai vécu dans ma vie sentimentale. 

Nombre de vos chansons sont faites de départ, de séparation, d'abandon, de rendez-vous manqués aussi. Comme s'il y avait toujours un absent. Depuis quand vous êtes hanté par l'absence ?

Depuis toujours. La première relation importante que j'ai eue, nous nous séparions en permanence. Une relation ne résiste pas très longtemps à ça. C'est très très douloureux. Je me rappelle de ces quatre années pleurant en permanence parce que j'étais absolument immature.

Gainsbourg était un des papes de la chanson française. Il a révolutionné le texte d'une certaine manière.

Qu'est ce qui vous aide vous soigne et vous rassure ?

La musique, que ce soit des concertos ou des chansons, me transcende. On a l'impression de toucher au divin. Et la lecture, même si j'ai plus envie de relire que de découvrir des livres dont j'ai l'impression qu'ils vont forcément me décevoir. Quand vous rentrez totalement dans l'univers d'un livre, vous oubliez tous vos soucis et ce qui vous préoccupe.

Est ce que pour vous, une bonne chanson, c'est d'abord une bonne mélodie? 

J'attends d'une mélodie qu'elle me remue, qu'elle me bouleverse. C'est de la douleur transformée en beauté

Une mélodie pour moi, cela doit faire cet effet de bouleversement. C'est de la tristesse et de la douleur transformée en beauté. Ça doit être magique. 

Pop & co
4 min

Carte blanche

Pour sa carte blanche, Françoise Hardy a choisi de lire un extrait du roman Métamorphoses d'un mariage de l'écrivain hongrois Sándor Márai (1980).

Programmation musicale

Personne d'autre – Françoise Hardy

La maison où j'ai grandi – Françoise Hardy

L'équipe