Punk's not dead
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Punk's not dead ©Getty
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Résumé

Le punk, c'est les menottes, les boucles, les sangles, les cadenas et les chaînes, les colliers de chien, les bas résilles, donc, tout un imaginaire du bondage et du sadomasochisme, traversé par le goût du tabou et de la douleur. Et tout ça, bien avant "Fifty Shades of Grey".

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Le punk, c'est aussi l'hypersexualisation. Et puis quelque chose de tout aussi contemporain. Le trouble dans le genre, avec des garçons maquillés, portant parfois des petites jupes et des filles androgynes, portant parfois de grosses guitares. 

Outre le côté visionnaire du mouvement, si le punk fascine, c'est aussi à cause de ça : un énorme potentiel érotique. Je dis bien potentiel parce que dans les pratiques, le côté libertaire s'est souvent arrêté à la chambre à coucher et pas mal d'actrices de cette époque ont dénoncé un mouvement sexiste. 

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Pourtant, on voit le côté positif des choses, du succès de Virginie Despentes au retour du travestissement drag, des révolutions queer aux soubresauts du sexe bizarre, la modernité sexuelle doit beaucoup au punk

En revanche, on reste sur quelque chose de marginal

Surtout en 2021. On est plus occupés à construire des barricades entre nous, qu'à les démolir à coups de barre à mine. Les années sida sont passées par là, le mouvement Me Too aussi, la pandémie est revenue en mettre une couche. 

Les enjeux ne sont plus du tout les mêmes qu'à l'époque du punk, parce qu'on sait aujourd'hui qu'on peut contaminer, traumatiser, blesser, tuer nos partenaires.

Et même au delà de ça, la sexualité sans entrave - il faut le dire vite - est devenu un argument marketing pour vendre des films ou des slips. 

Vous trouverez la subversion au rayon développement personnel de votre supermarché, entre les tisanes et les confitures équitables. 

Et de toute façon subvertir quoi ? Quelles règles ? La plupart des sexualités alternatives sont autorisées par la loi, applaudies par nos parents et valorisées par nos collègues. Plus personne ne hausse un sourcil devant les garçons à chignon ou les parties fines dans des Airbnb. Les expérimentations de sexe bizarre font un carton sur Instagram. 

Bref, aujourd'hui, ce n'est pas sur la police qu'il faut taper. À la rigueur, ce serait plutôt sur le capitalisme, mais c'est la crise, alors il faut payer ses factures

L'esprit punk est-il mort ? 

La suite à écouter...

Références

Programmation musicale

  • 10h45
    Pas d'accord
    Pas d'accord
    JEAN-LOUIS PIEROT
    Pas d'accord

    Interprètes JEAN-LOUIS PIEROT, JANE BIRKIN

    Album Oh ! Pardon tu dormais (2020)
    Label BARCLAY

L'équipe

Maïa Mazaurette
Production