Voyage érotique : quelle est la destination la plus excitante ? ©Getty - Aitor Diago
Voyage érotique : quelle est la destination la plus excitante ? ©Getty - Aitor Diago
Voyage érotique : quelle est la destination la plus excitante ? ©Getty - Aitor Diago
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Résumé

Peut-on vraiment classer les destinations les plus érotiques ? Maïa se demande comment on peut réussir à évaluer le potentiel de sexytude d’une ville. Car le voyage érotique est avant tout une affaire individuelle en fonction des informations que nous envoie notre propre corps.

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À peu près chaque année en cette saison, on voit apparaître les classements des villes les plus sexy de la planète. Est-ce vous savez quelle est la destination sexe du moment ? C’est Miami. Pour y avoir travaillé régulièrement, je vous dis tout de suite, je ne comprends pas. Et Paris ? Eh bien la ville de l’amour n’arrive qu’en seconde place. Lisbonne n’est tout simplement pas sur la liste…

Comment on peut évaluer le potentiel de sexytude d’une ville ?

Bon généralement les classements sont faits par sondage, ils traduisent donc seulement un ressenti. Mais si moi j’étais aux manettes, concentrez-vous, je multiplierais le nombre de célibataires par la satisfaction sexuelle, puis par le voltage qui permet de charger ses sextoys, j’ajouterais le nombre de lieux dédiés au sexe comme les boîtes, les saunas, les sex-shops et je diviserais l’ensemble par le niveau de permissivité sexuelle, notamment en ce qui concerne les personnes LGBT et… les femmes. Parce que ça ne sert à rien qu’il y ait 4 millions de beaux mecs disponibles, si on m’envoie en prison quand je couche avec. Là, mon équation, elle est super compliquée et même en prenant en compte tous ces critères : je le reconnais, ça donne un résultat absurde. L’électricité érotique est beaucoup trop intangible, et surtout beaucoup trop intime pour être mis en équation.

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Notre classement à la France ?

C’est plus facile, mais c’est sans surprise : Paris arrive en tête. Le constat est sans appel : les Parisiens ont en moyenne 19 partenaires sexuels contre 11 en province, Paris compte 10 % de célibataires en plus, trois fois plus d’échangistes qu’en province, les vieux couples sont à Paris deux fois moins nombreux qu’en province (donc il y a du turn-over). Je pourrais continuer comme ça longtemps mais pour la faire courte, les Parisiens gagnent le match à plate couture.

Alors dit comme ça on pourrait penser que les Parisiens sont encore en train d’être arrogants. Mais ce résultat, il faudrait le préciser. Par âge, par genre, par niveau de revenu, par orientation sexuelle, tout ça joue beaucoup. Idéalement, il faudrait même détailler quartier par quartier. Prenez la maison de la radio, où on tourne cette émission : elle est située dans le 16e arrondissement de Paris et je ne veux pas me faire des ennemis dans le quartier, mais je ne suis pas sûre que les scores soient mirobolants dans le coin. À contrario, je suis certaine qu’à Toulouse ou Marseille, on se défend sexuellement très bien. Et c’est là qu’on touche les limites de l’exercice : la ville la plus sexy, en vrai, c’est pas Phuket, Budapest ou Charleville-Mézières. C’est celle où on a l’impression que tout est possible (donc souvent, c’est celle où on est jeune). Et puis c’est la ville où on se sent attirant et disponible. C’est celle où on tombe amoureux, où quelqu’un va bousculer notre léthargie et secouer notre libido. En fait, ce qui compte dans le voyage érotique… c’est le déplacement intérieur.

Seul le voyage intérieur compte

Des fois, j’ai l’impression que ces histoires de villes sexy sont une manière d’éviter de regarder la réalité en face : le sexe, ça se joue à domicile, dans notre corps, et éventuellement, avec le corps de nos partenaires. Vous pouvez cavaler autant que vous voulez sur le globe terrestre, à la recherche du Graal sexuel, à acheter votre libido à coups de bilan-carbone, mais à la fin, c’est toujours face à soi-même qu’on se retrouve. Je ne suis pas casanière, mais pour le coup en sexe, les odyssées érotiques se vivent très bien au fond de son lit.

La semaine dernière j’ai rencontré des adeptes de tantra, eh bien leur sexualité se déplaçait, le lieu du plaisir en eux, se déployait dans de nouvelles directions. Ca ne demande pas forcément d’adhérer à des croyances ésotériques, des fois c’est tout simplement des techniques pratiques, il faut s’entraîner. On apprend à apprécier de nouvelles sensations, on découvre, peut-être, de nouveaux orgasmes. J’ai cité le tantra, mais ça peut passer par du BDSM, des sextoys, du slow sex, des pratiques en groupe, de l’auto-exploration…

Non seulement il y a beaucoup de destinations sexe dans notre propre corps, mais ce corps peut nous surprendre - notre corps est parfois beaucoup plus exotique qu’on ne le pensait.