Le coup de gueule de Maïa Mazaurette sur la misère sexuelle masculine qui ignore celle des femmes, elles-mêmes très souvent victimes des exigences masculines ©Getty - Peter Cade
Le coup de gueule de Maïa Mazaurette sur la misère sexuelle masculine qui ignore celle des femmes, elles-mêmes très souvent victimes des exigences masculines ©Getty - Peter Cade
Le coup de gueule de Maïa Mazaurette sur la misère sexuelle masculine qui ignore celle des femmes, elles-mêmes très souvent victimes des exigences masculines ©Getty - Peter Cade
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Résumé

Maïa est dans une colère noire ! Elle constate, d'après une récente étude, que nombreux sont les hommes qui ne cessent de s'épancher sur leur misère sexuelle alors même qu'ils ignorent celle des femmes, et sans jamais remettre en question leurs propres exigences, elles aussi, stéréotypées.

En savoir plus

Jeux d’adultes, enfants gâtés…

L'enquête de trop…

En consultant la dernière enquête Wyylde / Ifop parue hier, je suis tombée sur ce chiffre : 

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48 % des Français n’accepteraient pas d’être en couple avec une femme ne respectant pas les standards de beauté, 45% refuseraient de coucher avec une femme qui a des poils (petit rappel toutes en ont…)

Et puis ça continue comme ça… 

  • Un homme sur 3 dédaigne les femmes en surpoids
  • Un homme sur 5 ne veut pas de femme plus grande, ou plus âgée
  • Il y en a même 1 sur 10 qui refuse les femmes plus riches…

Sérieux les gars, ça commence à faire beaucoup

Alors, moi personnellement je n’ai aucun problème avec le fait que les hommes aient des standards et qu’ils s’y tiennent, c’est héroïque d’avoir des convictions. Non, mon problème, c’est qu’ensuite ces mêmes mecs viennent pleurer sur la misère sexuelle - pauvres petits lapins. Parce que c’est ça, quand même, la situation ubuesque dans laquelle on se trouve : 

Des hommes qui se plaignent de ne pas coucher avec suffisamment de femmes alors qu’eux-mêmes ne veulent pas coucher avec suffisamment de femmes

Aux Etats-Unis, il y a un mot pour décrire cette situation : l'entitlement. Ça veut dire qu’on estime que les bonnes choses nous sont dues - une sorte de complexe de l’enfant gâté.

Une théorie économique en guise de réponse !

Plus précisément, la théorie de l’offre et de la demande

En sexe, les hommes décrivent, et déplorent, une asymétrie : ils demandent plus de sexe que les femmes ne veulent en donner. Ok. Là, on a deux solutions : 

  • La première : que les demandeurs baissent leur niveau d’exigence car quand on ne peut pas avoir ce qu’on veut, on se contente de ce qu’on peut. Malheureusement, dans le cas du marché sexuel, les hommes préfèrent ne rien avoir du tout, s’en plaindre et nous gonfler avec leur frustration. 
  • Deuxième solution : quand la demande est supérieure à l’offre, on augmente l’offre, c’est-à-dire qu’on augmente le désir des femmes. Pour y arriver c’est très simple, il faut que les hommes se rendent plus désirables ou qu’ils nous donnent davantage envie de coucher avec eux.

Et la, comment dire… Déjà les mecs qui font la fine bouche, c’est moyennement attirant. Mais surtout, le sondage diffusé hier montre que ces gros mufles sont en plus des mauvais coups

  • 27% des hommes refuseraient d’utiliser un sextoy pour faire jouir plus facilement leur partenaire
  • Encore 27 % refusent de s’informer sur comment faire jouir leur partenaire

Quand ces hommes daignent s’abaisser à coucher avec une femme, ils ne veulent même pas lui donner du plaisir. Mais tu m’étonnes qu’on vit une époque pas érotique : moi j’entends ça, je rentre dans les ordres, je vois Guillemette : elle a déjà enfilé sa ceinture de chasteté, et Christilla j’ai bien vu, elle vient de supprimer "Tinder" sur son téléphone…

Ça laisse malgré tout une majorité d’hommes fréquentables (ou pas) ?

À voir… Parce que si tu enlèves un quart de mauvais coucheurs, et une moitié de types qui ont des standards irréalistes, ça fait beaucoup de femmes laissées sur le carreau. 

Et pour quelqu’un comme moi, ça devient même très compliqué. Les trois-quarts des hommes refusent les couples ouverts, refusent l’échangisme, quatre hommes sur cinq refusent les plans à trois avec deux hommes, mais qu’est-ce que je vais faire de mes week-ends ? 

Ce qui est dément dans cette histoire, c’est que les hommes sont toujours en train de parler de leur misère sexuelle, sans jamais s’interroger sur la misère qu’ils suscitent chez les femmes : mais qu’est-ce que vous croyez, les gars ? Qu’on n’a pas envie de faire l’amour, qu’on n’a pas envie d’être transportées de désir ? Bah si. On est à bloc ! Encore faudrait-il que les hommes s’en rendent dignes, et pour ça va falloir progresser sur deux axes : le désir qu’ils ressentent, et le désir qu’ils suscitent. 

Références

L'équipe

Maïa Mazaurette
Production