Quand l'étymologie du sexe vous transporte au septième ciel
Quand l'étymologie du sexe vous transporte au septième ciel
Quand l'étymologie du sexe vous transporte au septième ciel  ©Getty - Jerome Tisne
Quand l'étymologie du sexe vous transporte au septième ciel ©Getty - Jerome Tisne
Quand l'étymologie du sexe vous transporte au septième ciel ©Getty - Jerome Tisne
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Résumé

Une chronique qui ne parlera pas de tourisme sexuel. De toute façon, au lit, on n'a pas besoin de ça pour voyager et Maïa va vous le prouver. Toutefois, l'étymologie du sexe renvoie à l'idée du déplacement en commun et du transport amoureux ou érotique.

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Un peu d'étymologie !

Ça vient du latin "coitus", qui veut dire "union" ou "jonction". Il tire son origine de "coiré" soit "aller ensemble". 

L'acte charnel repose donc étymologiquement sur un déplacement en commun que l'on retrouve d'ailleurs dans l'idée de transport amoureux ou érotique. Du coup, si le sexe nous remue ce n'est pas tout à fait par hasard !

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Cette idée, elle est partout dans le vocabulaire, rendant même notre partenaire au septième ciel. Et ça, c'est vachement loin. On grimpe aux rideaux, on fait des galipettes. 

Ce voyage nous emmène carrément, si tout se passe bien, en dehors de nous-mêmes, jusqu'à la sortie de corps

C'est exactement ce dont on parle avec la fameuse fusion sexuelle. On se mélange corps et âme avec l'autre. On arrête d'être soi, on perd les contours de son identité. Une fois encore, l'étymologie ne raconte pas autre chose. 

Le mot "extase" a des racines grecques. Littéralement, ça veut dire "être en dehors de soi-même". 

En retrouvant l'autre, on se quitte soi-même, on largue les amarres, on dérive

Pour nous autres Français, c'est un grand départ, mais en anglais, c'est "une grande arrivée". Pendant l'orgasme, on dit homecoming "je viens". En allemand, c'est pareil "je viens", sous-entendu "je viens à toi, je te rejoins", c'est poétique. 

Dans les pratiques, est-ce que c'est la même chose ?

Alors ne nous emballons pas. Le sexe reste un acte plutôt sédentaire, plutôt domestique et même, disons, le mot "statique". On a beau parler de vas et viens, je ne voudrais pas calmé nos ardeur, mais c'est quand même beaucoup sur place. 

Quand on fait l'amour, on joue à domicile. C'est même exactement pour ça que, des fois, on a envie d'aller voir ailleurs si l'herbe est plus verte. Là encore, le vocabulaire n'est pas innocent. Quand on s'accorde des infidélités, on appelle ça faire des escapades. Comme si, par opposition, le couple et la domesticité étaient des espaces de claustration, notamment sexuels. Et puis, là encore, on peut filer la métaphore : on accuse souvent le couple de suivre des feuilles de route érotiques, des itinéraires balisés, comme si on était fait pour les grands espaces, les odyssées fantastiques et que la monogamie nous en empêchait. 

Et ce n'est pas totalement une légende, en fait. 

On sait que les Français font plus souvent l'amour en vacances ou dans des chambres d'hôtel

Ça pourrait faire un magazine spécial pour le nouveau routard. 

Et quand on demande aux Français quels sont leur sport préféré pour le sexe en extérieur, ils parlent évidemment de la voiture, donc un moyen de déplacement, mais aussi de la piscine et de la plage, des parcs et des jardins. Et pour ceux qui n'ont pas peur de leur bilan carbone, il reste le fantasme de l'avion et des jolies pilotes.

Le plaisir est dans le voyage ? 

L'important, ce n'est pas la destination, c'est le voyage… Sérieusement, quand j'entends ça, j'ai envie de me mettre en PLS et de me trucider par ingestion de fèves aux olives. Sauf que, dans le cas du sexe, cet énorme cliché ne tombe pas complètement à côté de la plaque. 

Des fois, on est tellement obsédés par l'aboutissement du rapport sexuel, par l'orgasme, qu'on oublie tout le plaisir qu'il y a à apprendre pendant les 99 % du temps restant, bien avant et bien après l'acte lui-même. Donc oui, le voyage, ça compte !

Paradoxalement, pour aller au septième ciel, il faudrait parfois oublier l'orgasme et prendre de la hauteur avec ou sans pilote dans l'avion

D'ailleurs, une dernière étymologie pour la route, celle de "l'orgasme". Ça vient encore du grec ancien, précisément, "orgao" être plein d'humilité, d'effervescence. Quand on est excité, on bouillonne littéralement de l'intérieur. Ça donne envie d'affronter les bouillons en se bricolant une petite Barque en prenant le large.