Sexostalgie : le sexe selon les différentes générations
Sexostalgie : le sexe selon les différentes générations
Sexostalgie : le sexe selon les différentes générations  ©Getty - Artur Debat
Sexostalgie : le sexe selon les différentes générations ©Getty - Artur Debat
Sexostalgie : le sexe selon les différentes générations ©Getty - Artur Debat
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Résumé

Il est question de sexostalgie aujourd'hui. Petite rétrospective des représentations du sexe à travers les différentes générations de l'histoire, pour se demander si le sexe, c'est bien mieux aujourd'hui ou alors si c'était bien mieux avant.

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Au début, je me suis dit que je n'oserais pas parler de la cuisine sexuelle de nos mères, mais en fait, je me suis aperçu qu'elles n'avaient absolument pas besoin de moi puisque leur vie sexuelle, elles en parlent très bien, toutes seules

Et puis alors, dans les grandes largeurs, les grandes profondeurs au petit dej sans pitié, bon, je dis nos mères, mais c'est nos pères aussi. Je vous fais l'imitation du boomer dans toute sa splendeur. 

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"Mais nous, on n'a pas connu le sida, nous c'était l'amour dans des champs de coquelicots, nous on était pas épilés, c'était génial. Et bla bla bla bla, bla bla". Enfin, je dis ça de nos grands parents. C'était pareil. Imitation de mes grands-parents : "Mais ma petite, nous, on était chaud comme la braise. Après la guerre, on a peuplé l'Europe. Et puis c'était des vrais mecs à l'époque, pas des sensibles, ça c'est sûr, dans les bottes de foin, on n'avait peut-être pas la contraception, mais on avait clairement la fornication". 

Et on pourrait continuer ! Les années folles, glamour ; la fin du XIXe siècle, très sexy ; le Moyen Âge, Game of Thrones on adore ! L'Antiquité grecque et romaine, encore mieux. Et puis, tant qu'à faire, sortons d'Europe, les geisha, formidable, les harems merveilleux. Ça marche aussi avec la politique : en 2006, un documentaire cherchait à savoir si les femmes avaient plus d'orgasme sous l'Allemagne communiste. Et la réponse était oui. 

Du coup, à en croire tous ces fantasmes, on pourrait croire, en entendant tout ça, qu'on est toutes tous nés au mauvais endroit, au mauvais moment, ou bien on est toutes et tous victimes de nostalgie sexuelle. Cette sexostalgie, appelons ça comme ça, peut se ressentir à l'échelle d'une vie : C'était mieux quand on était jeunes. C'était mieux avant tout avant Macron, avant le Covid… Même chose dans la relation : c'était mieux lors des six premiers mois, lors du premier rendez vous, lors du premier regard. Et quitte à n'être jamais content, ça marche même sur une nuit, le meilleur moment, c'est quand on monte les escaliers. Donc avant, toujours. Encore avant.

Peut-être parce que c'était vraiment mieux ? 

Le pulsateur clitoridien est arrivé sur le marché il y a cinq ans à peine. Pourquoi diable retournerait au monde d'avant ? Je ne veux pas vous rappeler des heures sombres de l'histoire, mais moi, quand j'étais enfant, il n'y avait pas Internet, il fallait sortir de chez soi pour trouver des amants, l'Enfer. 

Donc, effectivement, en 2021, on a des masques, mais on a aussi le vaccin contre l'hépatite C, la PrEP pour prévenir le voyage, on a le clitoris dans la plupart des manuels scolaires. 

Franchement, prétendre que c'était mieux avant l'invention de l'aspirine, du lubrifiant c'est de la mauvaise foi. Et encore, attendez le futur, attendez l'après-Covid. Attendez le jour où les mecs hétéros découvriront leur prostate, la cuisine sexuelle de nos mères, moi, je veux bien, mais j'envie surtout déjà la cuisine sexuelle de nos filles, de nos petites filles et de toutes celles qui viendront après. 

Le sexe n'était pas mieux avant. Elle est mieux maintenant et sera mieux après. 

Ivresse érotique, ivresse alcoolique, même combat, on se bonifie avec le temps.