A Charm el-Cheikh le prix des logements ont explosé à quelques jours de la cop 27
A Charm el-Cheikh le prix des logements ont explosé à quelques jours de la cop 27 ©Getty - Antony Jones/UK Press
A Charm el-Cheikh le prix des logements ont explosé à quelques jours de la cop 27 ©Getty - Antony Jones/UK Press
A Charm el-Cheikh le prix des logements ont explosé à quelques jours de la cop 27 ©Getty - Antony Jones/UK Press
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Alors que la COP27 doit s'ouvrir le 7 novembre prochain à Charm el-Cheikh en Egypte, les participants hors délégations d'Etats ont la mauvaise surprise de voir les prix des logements exploser et même être modifiés sur des réservations faites à l'avance, 350 dollars la nuit minimum.

Dans 2 mois, la COP27 s’ouvrira pour 2 semaines à partir du lundi 7 novembre à Charm-el-Cheikh, sur les bords de la mer rouge en Égypte. Les participants sont actuellement en plein dans l’organisation de leur venue, comme Loreley Picourt, de la Plateforme Océan Climat, qui regroupe des ONG, des scientifiques, des établissements et fondations… Habituée des Cop, elle a ultra-anticipé pour réserver les logements. Afin d'être tranquille, elle a réservé son hôtel 3 minutes après l’annonce des nations unis concernant les dates officielles de la cop27. Une chose de moins à faire pensait-elle. Sauf qu’il y a 10 jours, à la fin aout, elle a reçu un mail de la part de Booking pour la prévenir que d’après des instructions gouvernementales, pour les participants à la cop, les tarifs des chambres évoluaient. Du 3 novembre jusqu’au 21 on passait à 350 dollars la nuit contre 120 dollars quand elle a réservé. « Si je ne validais pas ce changement de tarif dans les 72h, ma réservation était annulée ».

Tweet de Loreley Picourt - 26 aout 2022
Tweet de Loreley Picourt - 26 aout 2022

Sympa le prix multiplié par 3. L’hôtel en question est géré par le groupe Accor que nous avons tenté de joindre sans succès. Silence radio également du côté de la présidence de la Cop27 (le gouvernement égyptien) vers qui les Nations Unies nous ont renvoyée.

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Si on regarde les prix des hôtels sur internet, c’est assez vertigineux, au 8 septembre, en comparant avec d’autres dates, certains passent de 159 euros à 1137 euros, comme le sunrise diamond beach… Pour le Novotel Charm el Cheick autre établissement du groupe Accor, la nuit sur l’ensemble des 2 semaines est à 681 euros, alors qu’elle est à 103 € tout le mois avant et après.

Capture d'écran du 8 septembre 2022
Capture d'écran du 8 septembre 2022

« C’est tellement lucratif, de louer des chambres pendant les COP. Les délégations n’ont pas le choix, elles sont obligées de venir. »

Et c’est de pire en pire, affirme Loreley Picourt qui participe à toutes les Cop depuis 2015… L’an dernier à Glasgow, Valérie Masson-Delmotte (qui a formé le gouvernement la semaine dernière) s’est retrouvé à partager un appartement à 6 pour limiter les frais de logement.

Bien sûr, Cela favorise les grosses ONG, fondations, globalement ceux qui sont basés aux Etats unis et en Europe. Une forme d’entre soi de riches sur le continent africain que dénonce aussi Alexis Grosskopf, directeur de l’incubateur de start-ups Ocean hub Africa au Cap.

« Moi je suis capitaliste, mais c’est vrai que là, il y a des limites. On va se retrouver à avoir une COP 27 en Afrique, sans organisations africaines. C’est hallucinant. Si on n’a pas leur voix, si on n’a pas leurs explications à la conférence, ça va être une conférence de blablabla et pas de do do do. »

L’évènement souffre alors d’un gros manque d’inclusion et d’équité. Alors que ce qui fait le sel et le sens des Cop c’est aussi ce qui se passe en-dehors des négociations faites par les délégations de chaque pays. Les rencontres annexes et les manifestations à l’extérieur qui mettent la pression pour tenter de faire avancer les choses. Et puis évidemment, la présence de ceux qui sont les plus touchés et les moins écoutés.

Sur la question logistique, il y a également des conséquences sur l’empreinte carbone. Quand on est logé à 15km du centre de convention (pour 1700 dollars les 4 nuits), on s’expose à des embouteillages cauchemardesques.

Le problème derrière tout ça, selon Alexis Grosskopf, c’est de vouloir superposer les objectifs ou les intentions politiques : lutter contre le changement climatique, et décentraliser. Alexis se trouve agacé de cette volonté de sortir des grandes capitales et d’aller sur « le terrain ».

« On veut plus faire les COP dans les grandes villes, on veut décentraliser, mais la conséquence, c'est qu’il n’y a que 3 hôtels et un mauvais centre de conférence. Et puis ça ajoute du trajet et donc de l’empreinte carbone. ». Vous vous souvenez peut-être des convois de voitures, de jets privés et d’hélicoptères...

Tout cela interroge. La plateforme océan climat a depuis 2 ans un rôle de référent pour les acteurs non étatiques dans le cadre de l’accord de Paris, mais Loreley Picourt n’hésite pas à le dire :

« Je n’aurais pas ce rôle-là, j’aurais annulé ma participation. Je trouve ça honteux. »

Le changement climatique est un sujet vertigineux et les conditions optimales se doivent d’être réunies pour se mettre d’accord sur des actions efficaces. De la même manière, les organisateurs devraient arrêter de faire l’autruche, en Égypte ou ailleurs.