François Gabart
François Gabart
François Gabart ©Radio France - Camille Crosnier
François Gabart ©Radio France - Camille Crosnier
François Gabart ©Radio France - Camille Crosnier
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Résumé

Toute la semaine, la Terre au Carré fête l'été dans le Finistère. L'occasion de rencontrer l'un des visages bien connus du département, qu'on a l'habitude de voir au milieu des creux des vagues : le navigateur François Gabart, qui nous emmène faire un tour à bord de son trimaran SVR-Lazartigue !

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A bord du trimaran de François Gabart
A bord du trimaran de François Gabart
© Radio France - Camille Crosnier

Je suis allée voir un amoureux de l’océan, et l’un des visages bien connus du Finistère, où il est installé depuis 15 ans... Mais on a plutôt l’habitude de l’apercevoir en train de s’affairer en plein milieu des vagues, avec ses cheveux blond vénitien en bataille… J’ai nommé, le navigateur François Gabart  !

« C’est un joli petit bateau ! Enfin petit, tout est relatif... »

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Oui, parce que je ne l’ai pas vu n’importe où mais sur son immense trimaran tout bleu, de tout juste un an, basé au port de Concarneau, et qui prendra, on l’espère pour lui, le départ de la route du rhum à l’automne :

« C'est le trimaran SVR Lazartigue : il a 3 coques, mesure 32 mètres de long, 23 mètres de large, et le mât est à peu près à 35 mètres au-dessus de l’eau. »

Et j’ai donc embarqué sur cette “libellule” géante, flottante, enfin même volante, grâce aux foils, 2 grands appendices de chaque côté à l’avant.

« On crée une force vers le haut et le bateau s’élève au-dessus de l’eau. Les frottements du foil dans l’eau sont bien moins importants que les frottements de la coque du bateau dans l’eau : si, pour avancer, on a les mêmes voiles et la même énergie du vent, on va plus vite. »

50 nœuds en pointe, ça fait environ 100km/h. Et cette quête de performance, en n’utilisant que l’énergie du vent, se concrétise aussi dans le choix des matériaux. Mais là, pas forcément en bien, François Gabart le reconnaît :

« Tout ce que vous voyez, c’est du carbone. Je suis navré de dire que le carbone a un impact environnemental vraiment pas négligeable. C’est un matériau composite et sa qualité mécanique vient du mélange entre une résine et une fibre. C’est extrêmement difficile à recycler, donc on travaille à ces problématiques de recyclage et aussi sur des bio-composites comme la fibre de lin. On en a aujourd’hui sur le bateau mais de manière très marginale. On espère en avoir plus dans les années qui viennent, c’est un vrai défi pour nous. »

Et je peux vous dire que tout le monde fait coucou au célèbre marin !

« Pour les touristes qui se promènent à Concarneau, quand ils voient le bateau passer, ça fait toujours l’activité ! »

Coucous auxquels il répond bien sûr - ouais, il est sympa - avant de fixer l’océan :

« C’est quand même difficile de regarder l’océan et d’être indifférent. Ça a un petit côté magique, ça apaise. Aujourd’hui à Concarneau, c’est grand soleil, pas de vent, très paisible. Mais il y a des moments où c’est plus violent. Je pense que même les pires tempêtes ont un petit côté apaisant que je trouve assez extraordinaire. Moi, ça me fascine ! »

Mais l’état de l’océan l’inquiète aussi :

« Il a tenu le coup, mais là, on arrive à des stades d’attaque de l’océan qui sont malheureusement catastrophiques, au niveau du plastique, de la pollution, de l’acidification. L’océan souffre, et il faut bien comprendre que la vie sur la Terre, comme sur la terre ferme n’est pas possible si l’océan est en mauvaise santé. C’est le problème de tout le monde. »

Il met donc désormais son sport, et son aura, également au service de la sensibilisation, pour faire passer des messages… Mais que dit-il, François Gabart, de l’océan transformé en terrain de jeu, en terrain de course ? Qu’est-ce que ça envoie, comme message ?

« L’océan, pour le préserver, le mieux c’est de ne pas y aller ! Laissons-le tranquille, c’est là où il sera le moins impacté. Je suis prêt à changer fondamentalement ma pratique et la façon dont je pratique la course. Moi, j’utilise l’océan en tant que marin, mais on l’utilise tous, par le transport maritime. »

Par lequel passent la majorité de nos biens, on le rappelle... François Gabart voudrait que les innovations techniques dans la voile servent pourquoi pas pour les cargos. Il a aussi des éoliennes et des panneaux solaires sur le trimaran, que je n’ai pas testé en vitesse de pointe, hein ! Mais ça fait son petit effet quand même, surtout debout sur le trampoline, le grand filet déployé de part et d’autre du mât, juste au-dessus de l’eau. Suis même pas tombée !

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