Jodie Foster et Robert De Niro à Cannes en 1976, l'année de la consécration de "Taxi Driver".  - AP / SIPA
Jodie Foster et Robert De Niro à Cannes en 1976, l'année de la consécration de "Taxi Driver". - AP / SIPA
Jodie Foster et Robert De Niro à Cannes en 1976, l'année de la consécration de "Taxi Driver". - AP / SIPA
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Résumé

La comédienne et réalisatrice américaine sera l'invitée d'honneur du festival de Cannes cette année. Son aura et son parcours singulier à Hollywood sont au cœur d'un excellent documentaire, qui sera diffusé au cours d'une soirée Jodie Foster.

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Célébrons le festival de Cannes avec un peu d’avance. La cérémonie d’ouverture aura lieu le 6 juillet, mais je vous donne déjà rendez-vous avec son invitée vedette : Jodie Foster, qui recevra cette année une palme d’or d’honneur. Arte consacre une soirée spéciale, dimanche 13 juin, à la comédienne et réalisatrice, en diffusant d’abord le film Sommersby, remake américain du Retour de Martin Guerre, où Jodie Foster partage l’affiche avec Richard Gere. Et ensuite, surtout, un documentaire passionnant : « Jodie Foster, Hollywood dans la peau ». 

Enfant star

La bonne nouvelle, c’est que ce documentaire est déjà disponible en ligne, sur le site d’Arte. Signé Camille Juza et Yal Sadat, ce film de 52 minutes explore l’aura de Jodie Foster et son parcours qui tranche dans le cinéma. Avec la voix de Matthieu Kassovitz aux commentaires.

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Si vous aviez été une personne publique depuis toute petite, si vous aviez dû vous battre pour avoir une vie réelle, sincère et normale, alors vous protégeriez peut-être votre vie privée avant tout. 

Ce discours de Jodie Foster aux Golden Globes en 2013, au moment où beaucoup lui reprochaient de ne pas rendre publique son homosexualité, est emblématique de son rapport singulier à l’image. Car elle a été une enfant star, actrice avant de savoir lire. Elle tourné dans sa première pub à l'âge de 3 ans. Elle a été ensuite une égérie Disney, poussée par sa mère à enchainer les castings. Mais contrairement aux autres enfants stars, elle prend à l’adolescence un virage qui la propulse très loin de sitcoms : à 12 ans ans, elle joue une prostituée dans « Taxi Driver », de Scorcese, palme d’or en 1976. Et c’est dans un français parfait (elle a fait ses études au lycée français de Los Angeles) qu’elle explique à l’époque, à Cannes, sa quête de subversion. 

Des rôles de bagarreuses

Avec Taxi Driver, elle accède à la renommée internationale, mais aussi au fardeau d’une image hypersexualisée dès le plus jeune âge. On comprend, dans ce documentaire, que Jodie Foster a passé sa vie à réfléchir à l’impact des images, au rôle de la fiction dans la société, à l’importance des héroïnes de cinéma. Ce n’est pas pour rien qu’elle détonne, à Hollywood : c’est une artiste en marge, qui fait partie du système tout en rêvant de le modifier. Jodie Foster a souvent incarné des bagarreuses, des femmes qui luttent seules et prennent le pouvoir. Comment oublier Clarice dans Le silence des agneaux ? Sa filmographie, tout comme son rapport à la célébrité, peuvent-être vus comme une lutte menée de l’intérieur contre la société du spectacle, par une femme déterminée à garder le contrôle de son image. La contradiction n’est qu’apparente. Voilà un portrait sensible d’une actrice douée et magnétique, une réalisatrice déterminée et respectée, d’une femme très intelligente. De quoi attendre avec encore plus d’impatience l’honneur qui lui sera rendu à Cannes cet été.  

« Jodie Foster, Hollywood dans la peau », déjà en ligne sur le site d’Arte. Diffusion à la télé dimanche 13 juin : soirée spéciale Jodie Foster, avec d’abord le film « Sommersby » et ensuite ce documentaire. 

Références

L'équipe

Dorothée Barba
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Production
Dorothée Barba
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