vidéo
Celia Johnson (Laura) et Trevor Howard (Alec) se retrouvent chaque jeudi à la gare.... - Arte
Celia Johnson (Laura) et Trevor Howard (Alec) se retrouvent chaque jeudi à la gare.... - Arte
Celia Johnson (Laura) et Trevor Howard (Alec) se retrouvent chaque jeudi à la gare.... - Arte
Publicité
Résumé

Le film de David Lean est disponible sur le site d'Arte jusqu'au 1er juin. Un chef d'œuvre de 1945 qui n'a pas pris une ride. Histoire d'amour impossible, dans laquelle le décor principal, une gare, joue un rôle immense.

En savoir plus

Ce soir, avant ou après le couvre-feu, faites un tour sur le site d’Arte. Vous y trouverez un chef d’œuvre : "Brève rencontre" de David Lean. Un classique parmi les classiques. Film britannique de 1945 qui n’a pas pris une ride. 

Mélo magistral

C’est l’histoire d’un amour fugace et empêché. Un mélo magistral. Ce n’est pas souvent que le mot "mélo" est employé de façon positive, il le mérite pourtant. "Brève rencontre" est un superbe mélodrame. Sans doute - osons le superlatif - l’un des plus beaux films d’amour de l’histoire du cinéma, porté par deux magnifiques acteurs, Celia Johnson et Trevor Howard. 

Publicité

C’est ainsi que tout a commencé : juste une poussière dans l’œil… 

Laura est femme au foyer, mère de deux enfants, elle vit dans la banlieue de Londres. Une fois par semaine, elle prend le train pour Milford, où elle fait des courses et en profite pour aller au cinéma. Un jour, à la gare, elle rencontre Alec, un médecin. Il l'aide à se débarrasser d'une poussière dans l’œil. Ils vont ensuite se croiser à la gare chaque jeudi. La complicité cède rapidement la place à un amour immense. Immense mais impossible, car Alec et Laura sont tous les deux mariés et très attachés aux convenances. 

L’image est d’une beauté rare. Il y a, dans ce film en noir et blanc, un travail sublime sur les contrastes, les lumières et les ombres. Cette histoire d’amour est désarmante de réalisme. Elle en dit long, aussi, sur la société anglaise d’après-guerre : le poids des interdits, celui du conformisme et de la culpabilité. Sans oublier les innombrables tasses de thé, que l’on boit au buffet de la gare avant de prendre le train.

C'est l'amour à la gare...

Ce qui me touche infiniment, dans ce film, c’est le rôle de la gare. Lieu de passage, lieu d’attente, où l’on a tout le loisir de se perdre dans des réflexions intérieures. D’ailleurs, le film est construit comme un monologue : c’est Laura qui nous raconte cette passion. Elle s’adresse à son mari dans sa tête, elle s’imagine qu’elle lui confesse tout. Loin de la trouver trop prude ou trop sage, on est submergé avec elle. Et convaincu avec elle que les autres, tout autour, sur le quai ou dans le wagon, la dévisagent : ça doit forcément se voir, ce feu qui brûle en elle.

Le propre d’une histoire d’amour ferroviaire, ce sont les trains qu’on ne prend pas, ceux qu’on aurait voulu prendre, ceux qu’on regarde s’éloigner… et ceux qu’on quitte au tout dernier moment, alors que le coup de sifflet vient juste de retentir. La gare offre une tension intense et envoûtante à ce récit. Que c’est triste, un train qui siffle dans le soir.

"Brève rencontre" A voir gratuitement sur le site d’Arte. Le film est disponible jusqu’au 1er juin. 

Références

L'équipe

Dorothée Barba
Dorothée Barba
Dorothée Barba
Production
Dorothée Barba
Dorothée Barba