Rouletabille, journaliste et fin limier, incarné par l'épatant Denis Podalydès.
Rouletabille, journaliste et fin limier, incarné par l'épatant Denis Podalydès.
vidéo
Rouletabille, journaliste et fin limier, incarné par l'épatant Denis Podalydès. - Whu Nit Production / Arte
Publicité
Résumé

Le roman de Gaston Leroux, adapté au cinéma par Bruno Podalydès avec son frère Denis dans le rôle du journaliste enquêteur, est disponible sur le site d'Arte. Un film délicieux et plein de fantaisie, ce qui n'empêche pas l'énigme autour de l'enquête criminelle d'être captivante.

En savoir plus

Arte propose en ce moment une programmation spéciale mystère, un coup de projecteur sur des énigmes fascinantes. Au programme notamment : un documentaire sur Agatha Christie, « 100 ans de suspense ». Mais aussi un film de Bruno Podalydès, sorti au cinéma 2003, adaptation du roman de Gaston Leroux : "Le mystère de la chambre jaune".

Par où diable le criminel est-il sorti ?

L’action se déroule au début du 20ème siècle, quelque part dans la campagne française. Un pavillon, dans le jardin d’un château bourgeois. Une chambre aux murs jaunes, fermée à clé de l’intérieur. Et soudain le cri d’une femme. On a tenté d’assassiner Mademoiselle de Stangerson ! Pourtant la fenêtre était fermée, il n’y a pas de cheminée. Par où l’assassin a-t-il pu s’enfuir ? Gros titre dans la presse : « Un homme a passé comme une ombre à travers les volets ». Rouletabille mène l'enquête. Le célèbre journaliste, héros de plusieurs romans de Gaston Leroux, est incarné par Denis Podalydès.

Publicité

En vérité, c'est un très grand, très beau et très curieux mystère.

La gourmandise d’acteur de Podalydès saute aux yeux. Voilà ce qui me séduit tant dans ce film : on voit le plaisir qu’ont pris les acteurs et les actrices à jouer. N’allez pas chercher trop de réalisme dans les dialogues, les personnages sont grand-guignolesques. On se croirait dans une BD. Il y a du Tintin, assurément, dans le personnage de Joseph Routeletabille. Le reporter ambitieux rivalise avec l’inspecteur Larsan (incarné par Pierre Arditi). Ajoutez Sabine Azéma, Olivier Gourmet et Claude Rich : le casting est épatant. Cette atmosphère de bande dessinée n’empêche pas l’enquête d’être réellement prenante et énigmatique. Elle emprunte aux spectacles d’illusionnistes, qui séduisaient tant à cette époque.

Entre enquête et illusionisme

J’ai lu le roman de Leroux il y a longtemps. Je me souviens de ma fascination, à l'époque. Mais j’avais oublié la fin ! Preuve que le dénouement de l’enquête importe moins que la beauté de l’énigme. Peut-être que celles et ceux qui nous écoutent sont dans le même cas. Alors foncez, pour le plaisir d’être à nouveau embarqués.

Même si vous vous en souvenez, à vrai dire, le charme va opérer, notamment grâce aux machines de monsieur Stangerson. C'est le père de la victime, interprété par Michael Lonsdale. Un savant fou qui conçoit des mécanismes avec des manivelles, des ampoules, des horloges ou des billes. La fantaisie qui règne sur ce film doit beaucoup à ces machines. Mais aussi au sens de la formule de ce cher Rouletabille. C’est ce qui rend ce reporter aussi attachant, malgré sa légère arrogance survoltée. Son obsession pour « ce que nous ne voyons pas, qui est immense ». Je retiens l’un de ses mantras :

Les coïncidences sont les pires ennemies de la vérité.

« Le mystère de la chambre jaune » (durée 1h50), un film de Bruno Podalydès, avec Denis Podalydès, à voir sur le site d’Arte jusqu’au 17 février.

Références

L'équipe

Dorothée Barba
Dorothée Barba
Dorothée Barba
Production
Dorothée Barba
Dorothée Barba