Lulu Cheng et son mari, le journaliste Sébastien Le Belzic.
Lulu Cheng et son mari, le journaliste Sébastien Le Belzic. - Hikari / LCP
Lulu Cheng et son mari, le journaliste Sébastien Le Belzic. - Hikari / LCP
Lulu Cheng et son mari, le journaliste Sébastien Le Belzic. - Hikari / LCP
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Sébastien Le Belzic est un journaliste français installé en Chine et marié à une femme chinoise. Il montre, dans un documentaire en immersion dans leur vie quotidienne, comment fonctionne la surveillance de masse en Chine. A voir sur LCP.

Lulu est patiente, avec son journaliste de mari. Elle le laisse la filmer au réveil, et vérifier au saut du lit si son score a évolué. Son score, c'est son crédit social, dispositif mis en place en Chine en 2014 : une note attribuée à chaque citoyen, chaque citoyenne, en fonction de son comportement. " Ma femme a du crédit" est un documentaire à voir sur LCP mardi 8 février à 20h30 (ou sur le site de LCP). Sébastien Le Belzic est un journaliste français installé à Pékin depuis plusieurs années. Il est marié à une Chinoise, Lulu, qui travaille dans le marketing. Et pour nous montrer comment fonctionne ce crédit social, il a filmé son épouse pendant plusieurs mois.

En Chine, on compte au moins une caméra pour deux habitants. Il y en a partout. Ajoutez à cela des applications sur les téléphones portables qui traquent le moindre déplacement, le moindre achat. La surveillance est absolue. Prendre le métro, acheter à manger, choisir un livre : tous les actes du quotidien sont archivés par une grande moissonneuse numérique. Et la récolte de ces données est faite par le régime chinois.

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Lulu, consommatrice connectée, a à cœur de voir son crédit social augmenter (il est à 752 au début du documentaire). Si, par exemple, elle traverse la rue au feu rouge, grâce aux caméras et à la reconnaissance faciale, elle verra cette note dégringoler (sans compter la honte de voir son visage s’afficher sur un grand écran dans la rue, à côté du passage piéton en question). Si elle garde une note suffisamment haute, elle peut réserver une chambre dans certains hôtels sans payer de caution. Cela peut également faciliter une obtention de visa pour des vacances à l’étranger.

Le point de vue de Lulu va évoluer, au fil du documentaire. Au début, elle ne voit pas tellement où est le mal, puisqu’elle n’a rien à se reprocher. Elle trouve rigolo et pratique, par exemple, de payer une bouteille d’eau dans un distributeur par reconnaissance faciale, sans avoir à sortir d’argent ni de carte bleue. Et puis au fil du temps, elle est de plus en plus réservée. L’impression d’être surveillée en permanence, d’être traitée comme une enfant, notée, punie ou récompensée selon son comportement. Petit à petit, elle prend la mesure de ce que représente ce modèle de société. Ou en tout cas elle ose le dire face caméra…

Tout ce que tu fais, tu ce que tu dis, tu penses d'abord : est-ce que je vais perdre des points ? Ils sont en train de nous manger le cerveau, de nous transformer en robots.

Sébastien Le Belzic montre bien comment la crise sanitaire a accéléré le système de collectes de données en Chine. Son documentaire est précieux parce qu’il rend très concret et accessible un sujet compliqué et o combien important. Il illustre, grâce à Lulu, ce que signifie le totalitarisme numérique.

Ma femme a du crédit" (52 minutes) : mardi 8/02 à 20h30 sur LCP ou dès maintenant sur lcp.fr

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Dorothée Barba
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