Max prodigue de précieux conseils aux éleveurs.Il se définit comme un "assistant rural".
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Max prodigue de précieux conseils aux éleveurs.Il se définit comme un "assistant rural". - Upside Télévision / France TV
Max prodigue de précieux conseils aux éleveurs.Il se définit comme un "assistant rural". - Upside Télévision / France TV
Max prodigue de précieux conseils aux éleveurs.Il se définit comme un "assistant rural". - Upside Télévision / France TV
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Max Josserand, 74 ans, est négociant en bestiaux en Isère. Mais depuis quelques années, il est surtout celui qui vole au secours des éleveurs et assiste au malaise paysan. Le portrait que Régis Croizer lui consacre, un film très sensible et soigné, est à voir en replay sur France 3.

Voici un documentaire magnifique et important, qui met en lumière les mutations du monde rural en France. « Max et les paysans » a été diffusé la semaine dernière sur France 3, bien trop tard le soir, ne le ratez pas en replay. C’est le portrait d’un négociant en bestiaux, un homme qui achète des animaux à des éleveurs et les revend. Un homme, surtout, dont l’humanité crève l’écran, tout autant que sa passion pour son métier.

Négociant depuis cinq générations

Max Josserand a 74 ans, il vit à Saint-Cassien, petit village de l’Isère. Son père faisait le même métier, son grand-père aussi, et ainsi de suite sur cinq générations. Mais depuis quelques années, les choses ont bien changé.

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Au début du documentaire, nous suivons Max dans une ferme dont le propriétaire est en garde à vue, accusé de négligences sur son troupeau. Max a été appelé par les gendarmes. L'exploitation, laissée à l'abandon, fait peine à voir. Max emmène le troupeau, ou ce qu’il en reste, dans sa propre ferme, pour en prendre soin.

Si on l’appelle de plus en plus dans des situations comme celle-ci, des abandons de troupeaux, c’est parce qu’il sait écouter la détresse des éleveurs. Max est l’un des leurs : le malaise paysan, il ne s’y résout pas.

Comment en est-on arrivé là, dans cette exploitation ? Mauvaise gestion, explique Max : il y a trop de bêtes. Pour répondre à la demande et compenser la baisse des prix, nombreux sont les éleveurs qui font grossir leurs troupeaux. Mais ensuite, la charge de travail est trop lourde, les dettes s’accumulent, c’est une spirale dangereuse.

Prévention et diplomatie

Alors Max fait un énorme travail de prévention. Il vole au secours des éleveurs avant qu’il ne soit trop tard. Il leur donne des conseils, en faisant bien attention à ne pas les froisser. Max est diplomate. Il partage son expérience et ses connaissances. Au fil des années, son rôle social lui prend de plus en plus de temps et le conduit toujours plus loin de chez lui, au volant de sa bétaillère. Parfois, il faut suggérer aux éleveurs de jeter l’éponge, même si c’est dur.

Gilles, par exemple, a finalement décidé de renoncer à l’élevage, de vendre son troupeau. On regarde cet homme laisser partir ses vaches, et ce sont vingt années de boulot qui s’envolent, comme ça. Gilles avait pris un travail salarié en plus, dans une fourrière, pour joindre les deux bouts. Mais il a fallu se rendre à l’évidence : ça ne marchait pas.

Je me suis renseignée, il parait que Gilles va bien, aujourd’hui. Il a trouvé un emploi en CDI. Franchement, vous serez heureux de le savoir si vous regardez le documentaire, parce que la séquence où on le voit passer en revue son troupeau avant de s’en séparer est bouleversante.

La crise agricole est ici concrète, implacable et à hauteur humaine. Max assiste le cœur serré au délitement de ce monde rural auquel il tient tant.

De belles lueurs d'espoir

Le constat  est plutôt sombre, mais il y a de belles lueurs d’espoir, dans ce documentaire. On fait aussi la connaissance d’un éleveur qui s’en sort bien, qui travaille une viande de qualité et la vend à un prix satisfaisant en circuit court. On est émerveillé par le petit fils de Max, Fabien, un gamin déjà passionné par ce métier et dont la joie de conduire le tracteur fait plaisir à voir. Et puis il faut voir Max humer son herbe, avant la récolte des foins : il y a tant de beauté dans cette simple séquence.

Si ce film de 52 minutes est aussi réussi, c’est parce que Régis Croizer, le réalisateur, s’est visiblement attaché à Max. Et c’est contagieux : impossible de ne pas être touché par ce maquignon au grand cœur. Max a inventé son propre métier, il est « assistant rural ». Ange gardien des paysans, ça marche aussi.

« Max et les paysans », de Régis Croizer, à voir en replay sur le site de France Télévision jusqu'au 30/04/2022.

L'équipe

Dorothée Barba
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Production
Dorothée Barba
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