vidéo
Mai Hua entourée de sa fille, sa mère et sa grand-mère. - Mai Hua, "les rivières"
Mai Hua entourée de sa fille, sa mère et sa grand-mère. - Mai Hua, "les rivières"
Mai Hua entourée de sa fille, sa mère et sa grand-mère. - Mai Hua, "les rivières"
Publicité
Résumé

Mai Hua, artiste française d'origine vietnamienne, était convaincue d'être issue d'une "lignée de femmes maudites". Pendant plusieurs années, elle a filmé sa fille, sa mère, sa grand-mère. Son récit documentaire, poignant, est aussi intime qu'universel.

En savoir plus

Voilà un documentaire qui suscite un bouche-à-oreille impressionnant : ceux  et celles qui l’ont vu le conseillent à leurs proches, parce qu’ils sont touchés en plein cœur. « Les Rivières » est à voir en ligne sur BrutX, plateforme disponible sur abonnement. On peut aussi louer ce film, en vidéo à la demande, sur le site de la réalisatrice, Mai Hua. 

Une lignée "maudite"

Mai Hua, artiste française d’origine  vietnamienne, raconte son enquête sur les femmes de sa famille : sa mère, sa grand-mère, son arrière-grand-mère. Le point de départ de ce récit documentaire est intrigant : son oncle, un jour, lui a dit qu’elle  était issue d’une lignée de femmes maudites. Des femmes seules, des échecs amoureux qui se répètent de génération en génération. Elle a voulu comprendre quels étaient les fantômes qui hantaient sa famille,  pour ne pas les transmettre à sa propre fille.

Publicité

Son film démarre par une résurrection. La grand-mère de Mai, surnommée "Belles Larmes", qui vivait au Vietnam, était mourante. C’était une vieille dame courbée, au regard vide et indifférent. Elle ne parlait pas, ne marchait pas. Sa fille, la mère de Mai, décide de la ramener en  France pour s’occuper d’elle. En quelques mois à peine, la grand-mère revient à la vie. Dans une fiction, on n’y croirait pas. La voir ainsi parler, rire et même danser alors qu'elle semblait presque morte, fait un effet impressionnant. 

Secrets de famille

Avec la santé de la grand-mère, reviennent aussi les disputes. Parce que cette femme de 90 ans est un sacré caractère et entretient des relations complexes avec sa fille, devant la caméra de sa petite fille. Il y a des cris et beaucoup de reproches. Mai Hua, au début de son film, dit en toute simplicité qu’elle ne comprend rien. Et son cheminement est aussi intérieur : 

Finalement, je voulais sauver ma fille d'une malédiction qui n'existe pas. Je voulais sauver ma grand-mère d'un péril physique mais aussi moral. Et je voulais sauver ma mère, devenue si héroïque que ça la laverait de ce qu'elle m'a fait dans le passé. Que de projections ! Et même d'arrogance. Parce qu'il n'y a qu'une personne à sauver : c'est moi.

Le sujet de ce film, c’est la loyauté que les adultes doivent aux enfants. Il est question d’inceste et de maltraitance. Les secrets de cette famille sont très lourds. Mais je veux insister sur la portée universelle de ce récit documentaire. En racontant sa trajectoire, son enquête dans le récit familial, Mai Hua montre à quel point il est  important d’être le sujet de sa propre histoire. S’autoriser à être en  colère, à le dire pour apaiser cette colère, c’est commencer par oser  dire « je ». Et c’est un enjeu qui concerne tout le monde, quel que soit  le contexte familial. La famille, ce n’est jamais simple. Il y a des  malentendus dont on hérite sans rien y comprendre. « Les  rivières » risquent de vous faire verser des larmes : laissez couler !  Et plongez dans cette histoire intime et universelle.

« Les rivières » (durée 1h35) : à voir sur la plateforme BrutX ou en VOD, sur le site de la réalisatrice, Mai Hua.

Références

L'équipe

Dorothée Barba
Dorothée Barba
Dorothée Barba
Production
Dorothée Barba
Dorothée Barba