Jean-Louis Amann récupère des arbres dans les friches, avant l'arrivée des bulldozers, et les plante dans son arboretum alsacien..
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Jean-Louis Amann récupère des arbres dans les friches, avant l'arrivée des bulldozers, et les plante dans son arboretum alsacien.. - France 3 Grand Est / Point du Jour / Les films du Balibari
Jean-Louis Amann récupère des arbres dans les friches, avant l'arrivée des bulldozers, et les plante dans son arboretum alsacien.. - France 3 Grand Est / Point du Jour / Les films du Balibari
Jean-Louis Amann récupère des arbres dans les friches, avant l'arrivée des bulldozers, et les plante dans son arboretum alsacien.. - France 3 Grand Est / Point du Jour / Les films du Balibari
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Depuis trente ans, Jean-Louis plante des arbres, sur une parcelle au nord de l'Alsace. Son arboretum, entouré de champs de maïs, est une arche de biodiversité dans un océan de monoculture. Faites connaissance avec cet homme épatant grâce à un documentaire de France 3 Grand Est,à voir en replay.

Je vous emmène dans une forêt en Alsace. Enfin, pas exactement une forêt. C’est un arboretum, un jardin botanique dans lequel ont été plantées des essences d’arbres variées. Sa particularité, c’est qu’il est au beau milieu des champs de maïs. Je peux vous dire que ça fait de l’effet, vu du ciel : un petit rectangle de forêt, dense, coloré, plein de vie, et tout autour, des terrains cultivés, sans rien qui dépasse. Le documentaire qui lui est consacré, "l'Arche", a été diffusé sur France 3 Grand Est et est désormais disponible en replay.

300 mètres de long, 50 mètres de large. Le terrain de Jean-Louis est une arche de diversité dans un océan de monoculture.
300 mètres de long, 50 mètres de large. Le terrain de Jean-Louis est une arche de diversité dans un océan de monoculture.
- France 3 Grand Est / Point du Jour / Les films du Balibari

La bande mesure 300 mètres de long sur 50 mètres de large : la taille d’un supertanker, ces gros navires qui transportent du pétrole. Alors la métaphore était toute trouvée : cette forêt est une arche de biodiversité dans un océan de monoculture. L’humble héros de ce joli documentaire s’appelle Jean-Louis Amann. 

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Transformer les déchets en ressources

Beaucoup des arbres ont été récupérés par Jean-Louis dans des friches, avant l’arrivée des bulldozers. Certains sapins, devenus immenses aujourd’hui, sont d’anciens arbres de Noël, qui allaient être jetés à la poubelle. Des déchets transformés en ressource. Et quelle ressource ! Cette petite forêt est d’une immense beauté. On sent que le réalisateur, Benoit Finck, a pris un plaisir fou à filmer les arbres et les oiseaux sur les branches. Son émerveillement est contagieux. D’autant qu’il est revenu à chaque saison : la palette des couleurs est à se damner.

Planter des arbres et transmettre

L’intérêt de ce documentaire, c’est aussi la transmission. Jean-Louis n’est pas seulement un contemplatif, il se relève les manches pour faire circuler son savoir. Il est passionnant de l’écouter expliquer comment il faut accompagner la croissance des arbres, pour grandir avec eux. 

Jean-Louis travaille à la communauté d’agglomération de Strasbourg, comme chargé de mission compostage. Il installe des bacs à compost dans les immeubles et aide les habitants à changer leurs habitudes. Transformer les déchets en ressource, là encore. Mais l’heure de la retraite a sonné. Alors Jean-Louis a décidé de quitter son appartement strasbourgeois pour s’installer dans sa forêt, qui abrite une petite maison en bois. Le documentaire le suit à ce moment de bascule. Il installe l’électricité, juste de quoi avoir un peu de lumière. Pour l’eau, il choisit la récupération des eaux de pluie.

Sobriété très heureuse

Jean-Louis parle de sobriété heureuse, de simplicité volontaire. Faire plus avec moins. Et là encore, son talent de transmission est frappant. Il ne cache pas les difficultés, notamment l’hostilité des paysans autour, qui ne comprennent pas du tout sa démarche. Mais il n’a aucune aigreur, pas d’amertume. Si je retiens un message de cet homme serein, c’est qu’il n’est jamais trop tard pour changer. D'ailleurs, que vous changiez ou pas, au terme de de documentaire, une chose est certaine : vous allez mieux regarder les arbres ! 

« L’Arche » (52 minutes) : à voir sur le site de France 3 Grand Est.