Un gros tatou orange en guise de conscience ou d'ami imaginaire : après tout, pourquoi pas?
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Un gros tatou orange en guise de conscience ou d'ami imaginaire : après tout, pourquoi pas? - Netflix
Un gros tatou orange en guise de conscience ou d'ami imaginaire : après tout, pourquoi pas? - Netflix
Un gros tatou orange en guise de conscience ou d'ami imaginaire : après tout, pourquoi pas? - Netflix
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ZeroCalcare, dessinateur de BD très célèbre en Italie, signe une série d'animation drôle et désenchantée. Le narrateur se replonge dans les moments marquants de sa vie et les commente avec un tatou cynique qui lui sert de conscience ou d'ami imaginaire.

À quel moment réalise-t-on que la vie n'est pas une ligne qu'il suffit de suivre sagement, et de découper selon les pointillés ? Le titre de cette série d'animation est un brin métaphysique, mais cela ne l'empêche pas d'être très drôle.

"À découper selon les pointillés", à voir sur Netflix, est signée d’un dessinateur de bande dessinée qui se fait appeler ZeroCalcare, une immense star en Italie. Il est l’auteur notamment de "Kobané Calling", récit en BD d’un reportage qu'il a fait en Syrie. Je ne suis pas très cliente de séries d’animation d’habitude, mais j’ai été emballée par le ton de celle-ci, par son humour potache, par sa mélancolie qui affleure, par son rythme effréné.

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Un tatou cynique en guise de conscience

ZeroCalcare raconte sa vie, tout simplement. Ses amours, ses amis, ses emmerdes. C’est une autobiographie pleine d’autodérision. L’auteur de BD se dessine lui, personnage reconnaissable à ses sourcils qui prennent une place exagérée sur son visage, en train de se remémorer les moments marquants de sa vie. Notamment l’été de ses 17 ans et sa rencontre avec Alice, qui deviendra une amie très proche.

38 min

En plus des amis du narrateur, le tatou prend une large place dans cette histoire. Vous savez, cet animal étrange à carapace. ZeroCalcare a un ami imaginaire, ou plutôt une conscience, qui prend la forme d’un gros tatou orange... Après tout pourquoi pas ?

Champion de l'esquive

Quand il ne se souvient plus de la voix de quelqu'un, il prend une voix de robot pour l'imiter et raconter les souvenirs : c’est l’une des mille trouvailles narratives qui donnent un charme fou à ce récit.

ZeroCalcare se dépeint comme un champion de l’esquive. Quand il est amoureux, surtout il ne faut pas que ça se voie. Quand une situation l’émeut, il fait en sorte de parler d’autre chose. Cela donne des digressions en pagaille, sur sa difficulté à choisir une pizza au restaurant par exemple, ou sur son incapacité à jeter les trucs qui ne servent à rien chez lui. Il en fait des tonnes et c'est très drôle.

Mais la tactique du contournement d’obstacle ne peut pas fonctionner éternellement. Au fil des épisodes, l’émotion monte crescendo et on comprend ce dont il voulait nous parler (et que je ne vais surtout pas révéler ici). L’humour, aussi, est une esquive.

3 min

Je retiens l'humour désenchanté, mais surtout la grande finesse pour aborder, l’air de rien, des sujets essentiels : notre rapport au temps qui passe, la nostalgie, le regard des autres, l’hypocrisie sociale, notre besoin de trouver une place et le rôle des amis pour apprendre à chercher cette place. Comme quoi, même avec un tatou cynique en guise de conscience, on peut toucher du doigt l’universel.

"A découper selon les pointillés" : six épisodes de 15 minutes, à voir sur Netflix.