Un coup de fil pour lutter contre l'isolement

Un coup de fil contre l'isolement
Un coup de fil contre l'isolement ©Getty - SDI Productions
Un coup de fil contre l'isolement ©Getty - SDI Productions
Un coup de fil contre l'isolement ©Getty - SDI Productions
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La réalisatrice Anne-Sophie Reinhardt a posé ses caméras pendant de longues nuits et de longs jours auprès des bénévoles et des professionnels de santé qui officient pour SOS amitié, SOS Crise, Suicide écoute et Croix-Rouge écoute... Un documentaire qui raconte notre époque.

Il suffit de quelques secondes pour comprendre à quel point nous ne sommes pas dans une scène du "Père Noël est une ordure". Ce documentaire signé Anne-Sophie Reinhardt nous entraîne au cœur de la nuit, auprès des bénévoles et professionnels de santé qui travaillent au quotidien pour les plateformes d'écoute.

Vous n’entendrez pas la voix des appelants.
Seuls les visages, en gros plan, de celles et ceux qui écoutent sont filmés. Leur expression corporelle, la façon qu’ils et elles ont de griffonner sur un cahier pendant l’appel, leur regard dans lequel se devine parfois leur inquiétude… autant de signes visibles qui racontent cette relation d’un bout à l’autre d’un téléphone.
On est subjugué par la qualité de leur écoute et leurs mots quand il s’agit de parler de leur rôle… Une psy évoque le poids des mots, la puissance de la voix et l'importance des silences.

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De plus en plus de jeunes

Du côté des appelants, toutes les catégories sociales sont touchées.
Ce sont des personnes isolées. Qui ne veulent pas embêter leur entourage par exemple.
Des gens submergés par l’ampleur des difficultés économiques, personnelles. Qui cherchent juste à mettre des mots sur leur mal-être, et qui s’émeuvent quand on prononce leur prénom. Parce que, oui, pour certains, cela fait des années qu’on ne les a plus appelés.

Et puis, le Covid est passé par là. Les jeunes sont de plus en plus nombreux à déverser leur peine et leurs angoisses auprès des écoutants.

Accepter d'être impuissant...

Le Téléphone sonne
36 min

On ne sait rien de ces écoutants filmés. Même pas leur prénom.
On devine parfois leur profession : psychologues, ou infirmière psychiatre. D’autres sont bénévoles.
On se demande surtout comment font-ils et comment font-elles pour gérer autant d’émotions ?
A quoi ressemble leur vie quand ils raccrochent, rentrent chez eux et retrouvent leurs proches ?
Entre deux séquences, on comprend à demi-mot leur fatigue, leur abattement, leur colère parfois et un sentiment d’impuissance… 
Tous évoquent le manque de moyens, la difficulté à pouvoir répondre à l'ensemble des demandes.

De l’impuissance peut-être, mais on comprend surtout l’importance de leur travail au quotidien. Il faut entendre cette psy qualifier ses 3 heures de permanence de "3 heures d'humanité".

En exergue du documentaire, s’inscrit sur nos écrans une phrase d’Edmond Rostand : "C’est la nuit qu’il est beau de croire en la lumière".
La qualité d’écoute de ces hommes et de ces femmes apparaît comme une lumière infinie.

« Quelqu’un à qui parler » est diffusé dans la case Infrarouge de France 2 à 23 heures.

L'équipe