"Onze de légende" : Un stade comme terrain d'inclusion !
"Onze de légende" : Un stade comme terrain d'inclusion ! ©Getty - Patcharin Saenlakon / EyeEm
"Onze de légende" : Un stade comme terrain d'inclusion ! ©Getty - Patcharin Saenlakon / EyeEm
"Onze de légende" : Un stade comme terrain d'inclusion ! ©Getty - Patcharin Saenlakon / EyeEm
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Peut-on faire jouer ensemble au foot des enfants porteurs d'un syndrome autistique et d'autres neurotypiques ? Oui et ça marche ! Le documentaire bouleversant "Onze de légende" revient sur cette aventure hors-norme.

Sur un terrain de Clamart, tous les mercredis après-midi s’entraînent des enfants. Ca crie, ça court, ça se chamaille, ça s’encourage aussi. Comme sur chaque stade de foot. Enfin presque.

Ici l’équipe est composée d’enfants porteurs d’un trouble autistique et d’enfants dits neurotypiques. Qui n’ont donc aucun problème. Après le premier entraînement, ces derniers, quand on leur demande mais, au fond, « ça veut dire quoi être autiste ? », répondent "C'est le mental. Ils ont pas trop de mental, je crois » ou « Des fois, ils regardent en l'air ou d'autres fois par terre ». Erwenn raconte : « Moi, j'ai un oncle autiste. Mais grave, hein ! Bien autiste quand même... »

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Six mois de tournage

Pendant six mois, le réalisateur Thomas Raguet va filmer ces enfants, mais aussi les éducateurs, les parents, les pédiatres et les psy, ou encore de jeunes prodiges du foot formés au PSG et qui à deux reprises rencontrent cette équipe de Clamart. Des mondes si différents, réunis sur un terrain de foot, et des préjugés qui volent en éclat.

En quelques semaines, on mesure les bienfaits de l'expérience sur chacun participant. Les enfants neurotypiques, du haut de leurs 8 ans, deviennent des super grands frères pour leurs camarades autistes. Ils se mettent à leur service et au service de l’équipe. Et gagnent aussi en confiance et en estime de soi.

Dans "Onze de légende", il est donc question d’acceptation, d’inclusion, de patience aussi. Celle des enfants, celle des éducateurs à qui on donnerait volontiers n’importe quelle médaille. Toutes et tous embarqués dans ce projet, s’adaptent ainsi à la situation. Et grandissent d’une façon ou d’une autre.

À la fin de la saison, chaque apprenti footballeur est métamorphosé. Les uns sont devenus plus tolérants, plus ouverts. Leurs copains et copines autistes réussissent peu à peu à s'intégrer, comprennent les consignes, les respectent, mettent leur corps en mouvement et sourient.

Une question de volonté

Le documentaire n'efface aucune difficulté rencontrée au cours de la saison. Comment gérer par exemple les gestes violents de Rohane, pourtant si attachant ? Comment amener Bayram a tiré dans un ballon pour la première fois de sa vie ? Comment communiquer avec Moussa qui ne parle pas ?

Et puis comment ne pas oublier non plus tous les autres enfants, qui ont aussi leurs difficultés, qui ne savent pas toujours réagir face à leurs camarades autistes.

Alors à toutes celles et ceux qui ne croient pas en l’inclusion, qui pensent que c’est impossible d’accueillir un enfant dit « différent », que les éducateurs ne sont pas là pour ça, ce film pourrait bien leur donner une, petite, leçon de vie.
Quant à l’émotion, elle est là. En permanence. Parce que rien ne vaut un premier mot de Moussa, un sourire d’Emile ou des parents de Blanche qui racontent que leur fille s'est mise à regarder les matchs à la télé !

Il y a quelques semaines les enfants ont entamé leur deuxième saison ensemble. Sans caméra sur le terrain.
En espérant que la suite de leur histoire commune soit aussi belle.

Un documentaire bouleversant produit par Caroline Delage, investie depuis des années dans un "journalisme à impact".

► Le documentaire "Onze de légende" est diffusé ce soir sur Canal+ à 22h40

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