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De Sinatra à Fianso, petite histoire des live musicaux. Ici Frank Sinatra devant une caméra de télévision de CBS, pour son émission de télévision "The Frank Sinatra Show", 1951 ©Getty - CBS Photo Archive / Contributeur
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Résumé

Aujourd'hui, la musique s'écoute aussi avec les yeux. Sur YouTube, elle représente plus de 20 % des contenus consommés. Un succès qui s'explique par la multiplication des clips vidéos mais aussi par la présence de nombreux live musicaux. Des live qui s'inscrivent dans une grande tradition de télévision.

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Les live musicaux, un genre qui a toujours peuplé nos écrans

Souvenez-vous des premiers grands succès télé en France : les émissions de Maritié et Gilbert Carpentier. Des émissions qui ont fait naître des vedettes qui avaient de belles voix, mais aussi de belles gueules…

Aux États-Unis, même Frank Sinatra, The Voice, a cédé aux charmes de la télévision avec The Frank Sinatra Show diffusé sur CBS dans les années 1950… Une émission où il recevait d’autres crooners et où ils jouaient, chantaient, s’amusaient. Et qui a fait école. Tous les programmes de variété s’en sont inspirés. Et je vous invite à aller vous balader dans les archives de ces émissions parce que la scénographie en dit long sur la musique de l’époque.

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On entend le public mais on ne le voit pas. Seuls les chanteurs sont dans la lumière. Le public n’est qu’une foule invisible dans laquelle on se fond, nous devant notre écran. L’important, ce sont les vedettes qui sont réunies pour tous nous divertir. Et nous, on est sommé d’applaudir avec la masse.

Plus tard, on a mis en scène le public

On ne s’est pas contenté de filmer les musiciens. On a montré les gens qui venaient les applaudir. Comme pour dire que la musique est aussi une histoire de communion de groupe et que tous ces groupes ne se ressemblent pas. Le public de Nirvana n’est pas le même que celui de Boy George, celui de Johnny n’est pas celui d’Hélène Segara. Pas le même style, pas le même âge. Et nous, devant notre télé, on s’identifie à l’artiste mais aussi à son public.

Fianso, pour ses fans, reprend son titre "Windsor"

Alors, pourquoi je vous raconte tout ça. Et bien pour vous parler d’une vidéo que j’ai vu passer sur les réseaux sociaux. Une vidéo tirée de « Colors ». Une chaîne YouTube créée en Allemagne et qui s’est spécialisée dans la captation de performances musicales. Leur concept est simple : un fond coloré qui change à chaque vidéo, un micro et un artiste. Et là, en l’occurrence, c’est le rappeur français Sofiane – ou Fianso pour ses fans - qui reprend son titre « Windsor »…

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Main dans la poche, l’air décontracté, Fianso rappe seul au milieu de cette pièce toute tapissée de jaune.

Il ne rappe pas pour un public qui est avec lui mais pour tout un tas d’internautes de l’autre côté de l’écran. Comme si Colors cherchait à nous faire comprendre qu’aujourd’hui, la musique était avant tout une expérience solitaire et dématérialisée. On n’écoute plus en groupe, on écoute seul, enfermé dans des playlists dictées par les algorithmes des plateformes. On ne vend peut-être plus de chaînes hifi aujourd’hui mais on n’a jamais autant vendu de casque audio.

Et c’est frappant parce que quand on compare Sinatra à Sofiane, peu de différences

La même décontraction sur scène, la même soif de performance, la même envie de briller. Les artistes sont toujours les mêmes. C’est le public qui a changé. Passant d’une foule indivisible à une somme d’individualités.

Références

L'équipe

Redwane Telha
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Redwane Telha
Chronique