On a une relation comme ça, Fanny Ardant et moi.
On a une relation comme ça, Fanny Ardant et moi.
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On a une relation comme ça, Fanny Ardant et moi. - Le Pacte / Arte
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Résumé

Caroline, une dentiste tout juste à la retraite, vit une liaison torride avec un homme plus jeune qu'elle. D'une banale histoire d'adultère, surgit un réalisme rare sur le désir, la complicité amoureuse et le vertige du temps qui passe.

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"Les beaux jours", film de Marion Vernoux sorti en 2013, est diffusé sur Arte mercredi 5 mai à 20h55 (disponible en replay jusqu'au 18 mai 2021). Fanny Ardant y joue Caroline, une femme de 60 ans, ancienne dentiste tout juste à la retraite, que ses enfants inscrivent dans un club pour troisième âge (il faut toujours se méfier de ses enfants). Elle se rend dans ce club, avec beaucoup de réticence et elle y rencontre Julien, le prof d’informatique, beaucoup plus jeune qu’elle, incarné par Laurent Lafitte. Caroline et Julien deviennent amants. 

Sincérité de la complicité amoureuse

Cela pourrait être une histoire banale d’adultère, mais… il y a Fanny Ardant. La comédienne porte bien son nom, dans ce film au charme fou, adapté d’un roman de Fanny Chesnel, "Une jeune fille aux cheveux blancs". Comme il est rare de faire aussi bien ressentir l’irruption du désir et la complicité amoureuse, d’un geste, d’un rire ou d’un sourire !

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La différence d’âge entre Julien et Caroline, entre Laurent Lafitte et Fanny Ardant, est abordée avec beaucoup de sensibilité, de subtilité. Réflexion touchante sur le temps qui passe, dans un décor qui insuffle une belle mélancolie : une ville balnéaire du nord de la France.  

Changement de regards

Ce qui m’a le plus émue, dans ce film, c’est le changement de regard. Fanny Ardant est blonde, c’est rare. Mais là n’est pas l’important. "Les beaux jours" est d’abord un hommage à son talent. L’une des toutes premières scènes du film est un cours de théâtre. Caroline est exaspérée quand on lui demande d’éclater de rire sur commande. Fanny Ardant en élève malmenée par sa prof de théâtre, la scène est savoureuse : Marion Vernoux s’amuse de l’image que nous avons de cette immense actrice.

Changement de regard sur les personnages secondaires, surtout. Caroline, altière, bourgeoise, semble mépriser, au début, ces retraités qui jouent au ping-pong ou font de la poterie. Et puis, on va apprendre à  les connaître, un par un, ces hommes et ces femmes, les membres du club,  joués notamment par Fanny Cottençon et Jean-François Stevenin. Ils ont des failles, de l’humour, des chagrins, chacun une personnalité, évidemment. Et "les beaux jours" prennent une autre tournure. Même chose pour le mari de Caroline, campé par Patrick Chesnais. Il n’est que le cocu, dans cette histoire. Et peu à peu, on ressent une empathie grandissante pour cet homme malheureux et digne, cet homme au charme fou. Cet homme qui vieillit, lui aussi. Le désir n’a pas d’âge et le cinéma sert parfois à rappeler des évidences. 

"Les beaux jours", mercredi 5 mai sur Arte à 20h55, ou en replay sur le site de la chaine (il sera dispo jusqu’au 18 mai). 

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L'équipe

Dorothée Barba
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