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Simon se réveille en pyjama dans un cercueil en plein enterrement. - Arte
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Résumé

Un homme se réveille, sans comprendre ce qui lui est arrivé, dans un cercueil ou dans une forêt. Au même moment, dans ce village d'Alsace, on constate des disparitions inquiétantes... Cette série courte, à voir sur le site d'Arte, mélange les genres avec habileté.

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On dit "somnambule" et pas "somnambuliste", mais l'erreur est faite exprès. "Le somnambuliste" est disponible sur le site d'Arte. Voilà une série très originale, qui mérite le coup d’œil parce qu’elle mélange les genres avec brio. Le scénario démarre comme une blague potache et parviendra, au fil des épisodes, à vous faire flipper. Le glissement est très habile. Et le décalage, la fantaisie, ne disparaissent jamais tout à fait, même quand l’angoisse prend de l’ampleur. Cela tient notamment à la performance de l’acteur principal, qui apparaissait avant cela surtout dans des seconds rôles, Gilles Vandeveerd : comédien belge qui incarne ici un jeune homme de trente ans, un peu paumé, gentil et nonchalant, retourné vivre temporairement chez sa mère en Alsace. Bon, ça fait cinq ans. Mais c’est temporaire ! Le voilà victime d’un trouble du sommeil pour le moins handicapant : il se réveille, en pijama, dans un trou au milieu d'un cimetière, sans comprendre ce qu'il fait là. Au même moment, ce petit village au milieu des vignes constate des disparitions et des accidents inquiétants.

Format court et audacieux

C’est une série en six épisodes de dix minutes environ. Je le précise parce que ce n’est pas un détail vu l’ampleur de l’offre en matière de séries aujourd’hui. Mais surtout parce que c’est sans doute ce format court qui permet une telle audace narrative, un tel décalage. Jérémy Strohm est le créateur et scénariste de cette série à la fois cocasse et inquiétante. On comprend assez vite que l’histoire n’est pas sa principale préoccupation. D’ailleurs l’intrigue policière est un peu fumeuse. Mais il parvient, sur ces épisodes très courts, à installer une atmosphère très singulière. 

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On s’attache à ce Tanguy alsacien, qui se retrouve en pyjama dans des galères pas possibles. D’ailleurs, cela m’a fait penser à Code Quantum, vous vous souvenez ? Une série des années 90 avec un héros qui changeait sans arrêt de corps et d’époque. A chaque nouvel épisode, on découvrait au début qui il était et dans quel pétrin il se retrouvait. Eh bien là, Simon se réveille, au début de chaque épisode, en fâcheuse posture. Par exemple six pieds sous terre (dans un trou fraichement creusé au milieu d’un cimetière). Ou même dans un cercueil en pleine cérémonie funéraire. Il est terrifié, évidemment, mais comme il est aussi très gauche, il ne fait qu’aggraver son cas. Amateurs d’humour noir, ne boudez pas votre plaisir.

En outre, il plane sur cette série une savoureuse mélancolie. Le personnage de Simon doit lutter contre lui-même, contre son propre sommeil, ne surtout pas s’endormir ! Lutter aussi contre les fantômes de son passé, puisqu’il est de retour dans sa chambre d’adolescent et retombe sur son amour de jeunesse. Il s’agit de rattraper le temps perdu, ou de profiter du temps qui reste. Cela mérite bien une petite faute de français de rien du tout. 

« Le somnambuliste » : les six épisodes de la saison 1 sont à voir gratuitement sur le site d’Arte. 

Références

L'équipe

Dorothée Barba
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Production
Dorothée Barba
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