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Capture écran de la page d'accueil de la série documentaire "La part du lion" de Stephen Satterfield sur Netflix - Netflix
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Résumé

Netflix a mis en ligne "La Part du Lion", une série documentaire en quatre épisodes qui raconte l'histoire de la gastronomie afro-américaine. Une cuisine imaginée par les esclaves et transmise de génération en génération...

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Parfois, une assiette vaut mieux que mille mots. Quoi de mieux que la nourriture pour comprendre celles et ceux qui la mangent ? 

Cette idée, c’est le point de départ du travail de Stephen Satterfield, un critique culinaire qui a décidé de raconter l’histoire des Noirs en Amérique à travers le prisme de la gastronomie. 

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Petite précision : cette histoire, c’est aussi la sienne. Stephen Satterfield est un homme noir. 

On le suit tout au long de cette série et on sent chez lui l’émotion du retour aux sources. 

Le premier épisode s’ouvre à Cotonou au Bénin. Le pays de ses ancêtres avant qu’ils ne deviennent esclaves et qu’ils prennent le bateau pour l’Amérique. Le critique se rend sur place et va à la rencontre de chefs et de chercheurs qui s’intéressent à la gastronomie béninoise. 

Et dans cet épisode, Satterfield fait le lien entre la cuisine de l’Afrique de l’Ouest et celle des afro-américains… 

Des cuisines qui ont de nombreux points communs. Elles sont toutes deux des cuisines relevées, qui utilisent les mêmes ingrédients. Le riz, la patate douce et même le gumbo, ce légume typiquement africain que les esclaves ont emporté avec eux et qui poussent aujourd’hui aux États Unis. 

Le critique le dit à plusieurs reprises dans cet épisode : les plats africains lui font penser aux plats qu’il mangeait enfant aux États-Unis. Comme un héritage lointain pour lui qui n’a pourtant rien d’africain. 

Dans les autres épisodes de la série, Stephen Satterfield remonte le fil de l’histoire et raconte comment les esclaves se sont nourris une fois arrivés en Amérique. Et sans surprise, leur repas étaient essentiellement composés des restes de leurs maîtres.

Cette série documentaire s’appelle "La part du lion"

Et s’ils ont choisi ce titre, c’est précisément pour honorer cette manière de cuisiner. Les esclaves ne mangeaient pas de vulgaires restes, ils en faisaient des festins. En cuisinant, ils montraient qu’ils étaient dignes. 

À partir de ces abats, ils ont même réussi à développer tout un univers culinaire. Cette cuisine-là, on l’a appelé la soul food, la cuisine de l’âme. Des repas si riches, si généreux qu’ils les transportaient et leur faisaient presque oublier leur condition. 

Une cuisine à base de tripes et faite avec le cœur.

On apprend plein de choses dans cette série de quatre épisodes. Je ne savais pas, par exemple, que les chefs cuisiniers de George Washington et de Thomas Jefferson étaient des esclaves. Et qu’ils sont aujourd’hui considérés comme les pères fondateurs de la gastronomie américaine.

48 min

Petit bémol, tout de même : la série sombre un peu trop dans le pathos. Un peu dommage quand on sait que la soul food est avant tout une cuisine familiale, festive, qui est censée nous rendre heureux.

À travers elle, Satterfield voulait surtout nous raconter l’histoire des Noirs en Amérique. Une histoire violente, destructrice mais pleine de résilience et de créativité. En bref, une histoire pleinement américaine.

« La Part du lion », une série documentaire à voir sur Netflix.