On ne voit que lui, pendant tout le film. Jakob Cedergren crève l'écran en policier tourmenté.
On ne voit que lui, pendant tout le film. Jakob Cedergren crève l'écran en policier tourmenté.
On ne voit que lui, pendant tout le film. Jakob Cedergren crève l'écran en policier tourmenté.  -  2017 Nordisk Film Production AS
On ne voit que lui, pendant tout le film. Jakob Cedergren crève l'écran en policier tourmenté. - 2017 Nordisk Film Production AS
On ne voit que lui, pendant tout le film. Jakob Cedergren crève l'écran en policier tourmenté. - 2017 Nordisk Film Production AS
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Résumé

Ce film danois est un huis-clos téléphonique : on ne quitte jamais le centre d'appel d'urgence de la police. Après avoir reçu un coup de fil d'une femme kidnappée, un flic mène l'enquête à distance. Quand le hors-champ vous tient en haleine...

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Jamais je n’aurais cru qu’une course poursuite entre un malfaiteur et la police me tiendrait autant en haleine, sans que je puisse voir ni les voitures ni leurs occupants. Ni même la route. Nous sommes au centre d’appel d’urgence de la police de Copenhague. Et nous n’allons pas en sortir pendant toute la durée du film. Pourtant, je vous promets que ce ne sera jamais rasoir. Vraiment pas. Ce film est ahurissant de tension. « The Guilty », film danois, est diffusé sur Arte le 28 avril à 22h15. C’est un huis clos, avec un seul personnage à l’écran : Asger, le policier qui répond au téléphone. Il est sur le point de terminer sa soirée de garde quand il reçoit un coup de fil inquiétant.

Merveilles du hors-champ

On comprend que la femme qui téléphone a été kidnappée et qu’elle cherche à alerter la police sans éveiller les soupçons de l’homme qui est à côté d’elle. Alors Asger va tout faire pour obtenir plus d’informations sur la voiture, il va lancer ses collègues sur le terrain à la poursuite du véhicule, d’où la course poursuite. Il va appeler au domicile de cette femme, aussi, et mieux comprendre la situation familial Je n’en dévoile surtout pas trop, mais la tension monte de plus en plus. L’intrigue est diabolique. Le film repose en grande partie sur le talent d’acteur de Jakob Cedergren, puisqu’on ne voit que lui. Mais c’est aussi affaire de mise en scène, car il y a mille et une façons de filmer un visage. 

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Le réalisateur, Gustav Möller, dont c’est le premier long-métrage, propose une réflexion vertigineuse sur le champ et le hors champ. On ne voit jamais la scène, alors on se fait son propre film dans sa tête. Et on est aidé, en cela, par le travail sur le son, qui est remarquable. Par exemple, quand le policier tente de joindre le kidnappeur, sur son portable, et qu’on n’entend au bout du fil uniquement le bruit des essuie-glaces, dans la voiture, on visualise la scène. Et on est pétrifié de trouille. 

Un héros tourmenté

Aux zones d’ombre de cette enquête, vont s’ajouter celles qui planent sur le personnage. Ce flic n’inspire pas la plus grande confiance. On comprend, dès le début du film, qu’il est convoqué au tribunal le lendemain. On ne sait pas pourquoi, au début. Mais peu à peu, il devient flagrant que ce gars-là ne respecte pas les procédures. Résultat, on se méfie de lui de plus en plus, on ne s’identifie pas au héros. Bref, tout est fait pour vous empêcher de respirer, pendant une heure trente. Ce film, au passage, invite à s'interroger sur les ressorts de la culpabilité et sur le sentiment d'impuissance. Reste une seule question : parviendrez-vous à supporter un tel degré de suspense et d’angoisse ?

« The Guilty », de Gustav Möller (durée 1h30) : sur Arte mercredi 28 avril à 22h15, ou en replay jusqu’au 4 mai 2021 sur arte.tv.

Références

L'équipe

Dorothée Barba
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Production
Dorothée Barba
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