Carnets de campagne du lundi 24 janvier 2022

France Inter
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Pour ouvrir cette semaine qui va nous faire traverser une partie de la Seine-et-Marne, c’est à Chelles que nous nous arrêtons pour une micro-brasserie qui fait mousser d ‘autres projets autour des circuits courts.

Nicolas Edet, co-gérant de la brasserie de la Guinche à Chelles est le premier invité de ces Carnets. La Guinche est une micro-brasserie installée depuis le printemps 2018 au 44, avenue de la Résistance, face au marché de Chelles. 3C - Chelles en Circuit-Court une association qui réunit des producteurs locaux, des commerçants de proximité, des associations et des universitaires est née de cette dynamique.

Ensuite nous serons en Haute-Loire pour vous présenter une innovation héritée comme l’art de brasser de temps anciens, à savoir une couveuse culinaire en laine de mouton baptisée l’ Ecocotte

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Christelle nous a envoyé un long courrier qui pose de très bonnes questions sur les ouvertures de magasins d’alimentation coopératifs et collaboratifs. Inspiré par l’exemple américain et reproduit en 2016 à Paris avec la Louve, ces supermarchés où le coopérateur donne quelques heures de son temps chaque mois pour bénéficier des avantages de cette consommation alternative, sont en voie de propagation en France. Toutefois la partie même bien engagée n’est pas toujours gagnée sur les grandes enseignes et les centres commerciaux. Christelle témoigne pour la coopérative Coop’in qui a ouvert ses portes à Melun en février 2021. Sur le papier tout est prévu : la vente de produits de proximité (pas plus de 100 km de Melun) en privilégiant le vrac, une part sociale de 50 euros et 2 heures de temps par mois, des animations en interne comme des ateliers de cuisine et des actions locales écologiques (comme l’opération Printemps sur Seine l’été prochain). Sur le terrain, les choses sont moins évidentes : d’abord les nouveaux coopérateurs ne se bousculent pas (est-ce que la contrainte du temps à consacrer au magasin les effraie ?). Ensuite les habitudes sont bien ancrées et les grands magasins bios attirent toujours des clients par leur positionnement au coeur des zones commerciales alors que ces géants ne sont pas coopératifs. D’autre part dans le comité de pilotage, la part accordée à la communication est minime et enfin se pose la question de salarier des personnes pour lever la barrière du temps de bénévolat. Dans ces dernières années nous avons partagé les mêmes interrogations avec la première coopérative de quartier à Clermont-Ferrand. La question était de choisir entre agrandir l’espace pour le rendre plus visible et accueillir plus de sociétaires ou d’ouvrir d’autres magasins dans d’autres quartiers de la ville. La question reste d’actualité aujourd’hui. Je répondrais à Christelle, que le salariat ne remplace pas le bénévolat (plusieurs magasins coopératifs en France ont des salariés et des coopérateurs actifs), mais qu’effectivement la communication est essentielle et elle passe par des actions de sensibilisation et d’information sur les consommations alternatives de proximité et les avantages que cela comporte à commencer par les économies réalisées sur les achats et la qualité des produits dont les origines sont contrôlées. En attendant rien ne vous empêche de rejoindre la coop de Melun. 

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