Pierre Desproges ©Getty - Jean-Jaques Bernier - Gamma-Rapho
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Résumé

Pierre Desproges fustige le Festival de Cannes : "Ce cinéma est une bien grande misère pour le corps et l'esprit"...

avec :

Pierre Desproges (Ecrivain, humoriste).

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On a beau être encore moins préoccupé par le Festival de Cannes que par les cours de l'épinard irradié dans le Bas-Rhin, on ne peut y échapper. 

La télévision publique, notamment, qui devrait, en attendant qu'on la brade, consacrer les milliards de nos redevances à créer des sons et des images typiquement télégéniques, les gaspille quinze jours par an sous nos yeux, en viles flatteries, sur place, au septième art qui la méprise, je te raconte pas l'ostentation. 

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Si encore on nous montrait, comme au bon vieux temps, des belles grosses connes bien grasses aux trois quarts nues, avec leurs bons gros sourires de hernies ventrales et leurs bons gros derrières qui font floc-floc dans les papiers gras flottant sur l'écume détergente de la Méditerranée cannoise, charriant sur ses galets coupants les étrons nocturnes des festivaliers frappés d'entérites sournoises consécutives aux imprudentes ingestions d'avocats surgelés aux crevettes pourries des brasseries de la Croisette.
Mais non, mais non ! 

Finies toutes ces belles images d'évasion porteuses d'amour et de morpions noyés dans la crème solaire. 

Aujourd'hui, Cannes ne nous renvoie plus que les désolantes conférence de presse du gros petit barbu Ferreri avec ses petits yeux bleu huître et les consternantes divulgations des intentions romantico-serrurières qui l'animent dans ses films où le cul ne sait plus où donner de la queue. 

Ou bien la grande belle tronche molle de son dernier héros, l'ineffable Christophe Lambert, ultime coqueluche des pétasses cinéphiles, avec son bon gros regard mi-clos de persienne hawaïenne et sa bonne grande grosse bouche à gober les moules espagnoles, toujours entrouvertes sur un demi-sourire béat aux lèvres charnues et expertes à sucer les porte-clés à même le tableau du concierge du Carlton.  
Ou encore le bon gros phallus du chimpanzé anglomane qui veut à tout prix sauter la bonne grande maigre Charlotte Rampling. Alors même que notre bonne grosse vieille Alice Sapritch est obligée de faire la sortie des CES pour se trouver des singes gérontophiles à culbuter sous les tables de chez Lipp. 

Ce cinéma-ci est une bien grande misère pour le corps et l'esprit. France-Intériennes, France-Intériens, faites comme moi. N'allez plus au cinéma. C'est nul. Écoutez la radio. 

Quant à ces féroces  soldats, je le dis, c'est pas pour cafter, mais y font rien qu'à mugir dans nos campagnes.

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Références

Programmation musicale

  • 23h57
    We're on our way now (radio edit)
    We're on our way now (radio edit)
    NOEL GALLAGHER'S HIGH FLYING BIRDS
    We're on our way now (radio edit)

    Album We're on our way now (radio edit) (2021)

L'équipe

Pierre Desproges
Production