Le SHOM

Le Beautemps-Beaupré, bâtiment hydrographique et océanographique de la Marine nationale
Le Beautemps-Beaupré, bâtiment hydrographique et océanographique de la Marine nationale - ©TerenceWallet-MarineNationale-Defense
Le Beautemps-Beaupré, bâtiment hydrographique et océanographique de la Marine nationale - ©TerenceWallet-MarineNationale-Defense
Le Beautemps-Beaupré, bâtiment hydrographique et océanographique de la Marine nationale - ©TerenceWallet-MarineNationale-Defense
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Le Service hydrographique et océanographique de la Marine

Laurent Kerleguer présente dans les Chroniques Littorales le Service hydrographique et océanographique de la marine, dont il est le directeur général. Le Shom, héritier du premier service hydrographique officiel au monde (1720) est un établissement public administratif (EPA) sous tutelle du ministère des Armées. Il est l'opérateur public pour l'information géographique maritime et littorale de référence. Il a pour mission de connaître et décrire l’environnement physique marin dans ses relations avec l’atmosphère, avec les fonds marins et les zones littorales, d’en prévoir l’évolution et d’assurer la diffusion des informations correspondantes.

L’exercice de cette mission se traduit par trois activités primordiales :

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• l’hydrographie nationale, pour satisfaire les besoins de la navigation de surface, dans les eaux sous juridiction française et dans les zones placées sous la responsabilité cartographique de la France ;

• le soutien de la défense, caractérisé par l’expertise apportée par le Shom dans les domaines hydro-océanographiques à la direction générale de l’Armement et par ses capacités de soutien opérationnel des forces ;

• le soutien aux politiques publiques de la mer et du littoral, par lequel le Shom valorise ses données patrimoniales et son expertise en les mettant à la disposition des pouvoirs publics, et plus généralement de tous les acteurs de la mer et du littoral.

Ses domaines d’expertises sont notamment : la bathymétrie, la sédimentologie, l’hydrodynamique côtière, l’océanographie, l’ingénierie des systèmes d’acquisition à la mer, l’information géographique maritime et littorale. Le Shom collecte et diffuse des données de référence dans ces domaines et fournit des services d'« intelligence de la donnée », qui aident les acteurs de la mer et du littoral à utiliser de manière optimale les données.

Le SHOM c’est 540 personnes, hors équipages des bâtiments spécialisés, un budget annuel de 58 M€, 870 cartes marines papier et 750 cartes électroniques de navigation (ENC), il est implanté à Brest (siège social), Toulouse, Saint-Mandé, Nouméa, et Papeete. Le SHOM est certifié « ISO 9001 » pour l’ensemble de ses activités. Le SHOM c’est 4 navires spécialisés de la Marine nationale et un navire océanographique employé conjointement avec l'Ifremer, une zone nationale de responsabilité de 10,2 millions de km², auxquels s'ajoutent 730 000 km² d'extension du plateau continental ; et des frontières maritimes avec 30 pays ; un soutien de la défense nationale et de la marine en particulier en hydrographie, océanographie et météorologie (HOM) dans une zone couvrant 60 millions de km².

Ses missions ont évolué au cours du temps. Aujourd’hui, le Shom est chargé de la description et de la prévision des océans, depuis le grand large jusqu’au littoral. Depuis trois siècles, le Shom contribue de façon déterminante au développement du monde maritime. En France, les premiers documents nautiques remontent à la fin du XVème siècle. A cette époque, Dieppe fut le berceau d’une Ecole d’hydrographie de grande renommée en Europe du Nord. Les pilotes dieppois sont à l’origine des premières cartes marines françaises. S’inspirant de l’Ecole de Dieppe, Colbert créa en 1661 des établissements analogues dans les principaux ports du Royaume. Dirigés par les maîtres dieppois, les travaux réalisés furent publiés en 1693 sous la forme d’un atlas de cartes, le Neptune François qui connut un grand succès international. Poursuivant l’œuvre de Colbert, un arrêt du conseil de la Marine du 19 novembre 1720 crée le Dépôt des cartes, plans et journaux de la Marine, ancêtre du Shom. En 1741, Louis XV signe en faveur de Jean-Nicolas Bellin un brevet d’Ingénieur hydrographe, appellation qui apparaît pour la première fois de façon officielle. Une ordonnance royale de Louis XVIII crée le 6 juin 1814 le corps des Ingénieurs hydrographes de la Marine. Cette première génération d’ingénieurs spécialisés est formée par Charles-François Beautemps-Beaupré, suivant des méthodes pratiques rigoureuses qui lui apporteront sa renommée de « père de l’hydrographie moderne ». Le Dépôt des cartes et plans de la marine prend alors l’appellation de Dépôt général de la marine. Au XIXème siècle, la production de documents nautiques se développe encore et se diversifie. Les premiers avis aux navigateurs sont diffusés en 1818. En 1838, la bibliothèque du Dépôt compte 18 000 ouvrages. L’ingénieur hydrographe Antoine-Marie Chazallon met en place un réseau de marégraphes dans les ports et le premier annuaire des marées est publié en 1839. Les premières instructions nautiques paraissent en 1842. En 1847 la collection de cartes originales en service s’élève à 1 044 et couvre toutes les côtes françaises. Un décret du 13 janvier 1886 transforme le Dépôt général de la marine en Service hydrographique de la Marine (SHM). Il est rattaché à l’état-major de la Marine et dirigé par un ingénieur hydrographe en chef. Imaginé par l’ingénieur hydrographe français Renaud, le Bureau hydrographique international (BHI) est créé en 1921. Le BHI deviendra en 1970 l’organisation hydrographique internationale (OHI). En 1923, le Service hydrographique de la Marine devient le Service central hydrographique (SCH) qui dépend du Ministère de la Marine. Au XXème siècle, l’hydrographie connait de profondes évolutions techniques. C’est la fin des planches gravés en 1945 et les débuts de l’impression offset en 1950. A la même époque, le sondeur à ultra-sons vient remplacer le plomb de sonde et la radiolocalisation prend progressivement le relai du positionnement à vue. La cartographie passe en couleur en 1970.

Un décret du 25 mai 1971 modifie l’appellation et l’organisation du Service qui devient le Service hydrographique et océanographique de la marine (Shom). Il se décentralise et un établissement principal est construit à Brest. Placé sous l’autorité du chef d’état-major de la Marine, le Shom reçoit de nouvelles attributions en matière d’océanographie physique. Un centre militaire d’océanographie (CMO) est créé en 1990. Il a pour objet de fournir aux forces navales une meilleure connaissance de l’environnement océanique. Les domaines couverts sont vastes : sédimentologie, hydrologie, gravimétrie, magnétisme, acoustique…

La fin du siècle voit encore de nouvelles évolutions technologiques transformer les méthodes d’hydrographie : le sondeur multifaisceaux, le positionnement par satellites artificiels, l’imagerie spatiale, la carte électronique… Le Shom développe et étend ses activités aux besoins de nouveaux usagers : risques de submersion marine, protection et aménagement du littoral, énergies marines du futur…

En 2007, Le Shom devient un établissement public administratif (EPA) placé sous la tutelle du ministère de la Défense, aujourd'hui le ministère des Armées.

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