Yannick Haenel et Jeanne Balibar
Yannick Haenel et Jeanne Balibar ©Getty - Marion Guilbaud
Yannick Haenel et Jeanne Balibar ©Getty - Marion Guilbaud
Yannick Haenel et Jeanne Balibar ©Getty - Marion Guilbaud
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Côté Club, le rendez-vous de toute la scène française et plus si affinités. Une heure pour faire le tour de l’actualité musicale et plus encore. Quand la musique rencontre les arts, du cinéma à la BD, du théâtre à la littérature. Bienvenue au Club !

Jeanne Balibar

Spectacle : Les historiennes

Dans son nouveau spectacle Les historiennes, elle donne la parole à trois historiennes Charlotte de Castelnau l'Étoile, Emmanuelle de Martigny et Emmanuelle Loyer, qui ont travaillé sur trois femmes : Páscoa Vieira, qui a subit un procès de dix ans au XVIIᵉ siècle pour bigamie ; Violette Nozière, qui, à 18 ans, assassine son père, qu'elle dit incestueux en France dans les années 1930 ; et Delphine Seyrig, une actrice engagée dans un féminisme de combat qui a fait le procès retentissant du milieu du cinéma dans son documentaire Sois belle et tais toi dans les années 1970 pour donner la parole aux comédiennes : « Mon spectacle n'est pas sur les héroïnes en question, mais sur les historiennes. »

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Pour Côté Club, Jeanne Balibar revient sur sa collaboration avec la musicienne Cléa Vincent qu'elle a rencontrée par l'intermédiaire de Philippe Katerine et avec qui elle a composé treize chansons.

Les Historiennes, mise en scène et jeu Jeanne Balibar, d’après les textes de Charlotte de Castelnau-L’Estoile, Anne-Emmanuelle Demartini et Emmanuelle Loyer.

  • Du 28 septembre au 1er octobre 2022 au Théâtre des Bouffes du Nord, avec le Festival d’Automne, Paris.
  • Le 4 novembre 2022 au Théâtre de la Croix-Rousse, Lyon.
  • Le 11 novembre 2022 à la MC93 – Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis, avec le Festival d’Automne Paris.
3 min

Yannick Haenel

Roman : Le trésorier-payeur

C’est l’histoire d’un banquier qui veut tout dépenser. Au début des années 1990, le jeune Bataille arrête la philosophie pour s’inscrire dans une école de commerce, et décroche son premier poste à Béthune, dans la succursale de la Banque de France. Dans cette ville, où la fermeture des mines et les ravages du néolibéralisme ont installé un paysage de crise, la vie du Trésorier-payeur devient une aventure passionnée : protégé par le directeur de la banque, Charles Dereine,  défend les surendettés, découvre le vertige sexuel avec Annabelle, une libraire rimbaldienne, s’engage dans la confrérie des Charitables, collabore avec Emmaüs, et rencontre l’amour de sa vie, la dentiste Lilya Mizaki.

Comment être anarchiste et travailler dans une banque ? Peut-on tout donner ? Yannick Haenel raconte comment il est possible, par la charité et l’érotisme, de résister de l’intérieur au monde du calcul.

Son roman retrace le parcours d'un banquier qui élève la charité au rang d'art, et qui va repenser le système capitaliste avec une nouvelle équation : posséder, c'est perdre. Une sorte de Rimbaud avec pour mantra « la vraie richesse est sexuelle, car en elle, tout se dépense. » Ce récit littéraire est donc une œuvre romanesque teintée d'érotisme, où l'on parle aussi beaucoup de musique « s'il devait avoir un alter ego au personnage, ce serait Syd Barrett pour son côté psychopathologique, un peu fou, un peu illuminé. » On entend dans ce récit effectivement beaucoup de musique allant de Bach à The Real Kids.

L'écrivain évoque aussi dans cette émission son amour pour le punk new yorkais, celui de Johnny Thunders et des Ramones ainsi que les lectures qui l'accompagnaient dans sa jeunesse comme Lautréamont et Rimbaud. Il se remémore sa découverte du Velvet Underground : « C'est l'origine de tout pour moi. C'est l'équivalent musical de Proust. La première fois que je les ai entendus, c'était encore mieux que le punk car ça le précédait. » Il fait également apparaître dans son roman Etienne Daho et Philippe Pascal, le chanteur de Marquis de Sade, figures locales de la scène rock rennaise qu'il a côtoyé : « Je me souviens les avoir vues lors de concerts à la salle de la Cité. C'était très beau. Je les appelle les rois de Rennes. Ils ont compté autant pour moi que Proust et Kafka. »

Yannick Haenel co-anime avec François Meyronnis la revue Ligne de risque . Il a récemment publié aux Éditions Gallimard Cercle (2007, Folio n° 4857) et Jan Karski (2009, Folio n° 5178), prix du Roman Fnac et prix Interallié.

À réécouter : Yannick HAENEL

Anne Pacéo et Melissa Laveaux

Pièce : Sorcières

« Si vous êtes une femme et que vous osez regarder à l’intérieur de vous-même, alors vous êtes une sorcière. »

W.I.T.C.H Manifesto, cité par Mona Chollet

Plusieurs envies motivent cette adaptation de Sorcières de Mona Chollet : faire entendre avant tout ce texte, sans conteste, l'un des essais les plus marquants (sa puissance, son acuité, son humour aussi) de ces dernières années. Qui mieux que la sorcière, et sa résurgence dans des incarnations contemporaines (la femme sans enfant, la célibataire, la femme aux cheveux blancs…) interroge les normes dominantes qui pèsent et modèlent les féminités ?

Plus qu’une lecture, le spectacle consiste en une mise en correspondance d’extraits de l’ouvrage et de chansons, et de parties instrumentales, qui répondent au texte comme un chœur antique et lui offrent de nouvelles résonances. Sur scène, musiciennes et actrices se succèdent, multipliant les féminités, générations, identités. Ensemble, elles composent une forme mouvante, libre : « la puissance invaincue des femmes ».

Comédiennes en alternance : Anna Mouglalis Annabelle Lengronne Ariane Ascaride Aure Atika Christiane Millet Claire Dumas Clotilde Hesme Constance Dollé Eye Haïdara Florence Muller Garance Marillier Grace Seri Irène Jacob Jennifer Decker Marie-Sophie Ferdane Suzanne de Baecque Valérie Donzelli

Musiciennes en alternance :  Anne Pacéo Clara Ysé Fishbach Franky Gogo Léonie Pernet Lucie Antunes Mélissa Laveaux P.R2B Yoa

Et l’intégralité du reportage Sac A Dos Sorcières est disponible sur le soundcloud de Bénédicte Schmitt : pour plonger dans les répétitions de « Sorcières », découvrir les tâtonnements, le montage de la pièce, des moments inédits et rares.

Sans oublier la chronique de Marion Guilbaud

Pour en savoir plus, écoutez l'émission...

10 min
À réécouter : Yannick Haenel
1h 42