Le peintre Pierre Roy-camille dans son atelier à Boulogne-Billancourt ©Radio France - Alexis Demeyer
Le peintre Pierre Roy-camille dans son atelier à Boulogne-Billancourt ©Radio France - Alexis Demeyer
Le peintre Pierre Roy-camille dans son atelier à Boulogne-Billancourt ©Radio France - Alexis Demeyer
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Résumé

Des ateliers de création hébergés dans des garages ou des immeubles de bureaux... les projets transitoires se multiplient. De grands bâtiments restent parfois vides plusieurs années, incitant les promoteurs immobiliers à y installer temporairement peintres, sculpteurs et compagnies de théâtre.

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Bienvenue au "Gallo", un immeuble de 5 étages à Boulogne-Billancourt qui abritait le siège social d'une entreprise de logistique. 

D'importants travaux débuteront cet été, pour transformer le bâtiment vétuste en appartements de standing avec vue sur la Seine. Mais pour le moment donc, une cinquantaine d'artistes occupent les lieux en toute légalité, et gratuitement, mis à part une participation aux factures d'eau et d'électricité.  

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Le peintre Pierre Roy-camille travaille depuis juin 2021 dans un atelier situé au dernier étage de l'immeuble. 

C'est attrayant de se retrouver dans un endroit complètement à nous, il y a un aspect communautaire, familial. Il y a beaucoup de passage, il y a toujours un événement en préparation, et ça me permet de rencontrer des artistes que je ne connaissais que de nom.

Quelques portes plus loin, Ymane Chabi-Gara, diplômée des Beaux-Arts en 2020, nous présente son travail : "je suis en train d'achever une série sur les Hikikomori, ces jeunes Japonais qui restent enfermés chez eux. J'en fais des autoportraits, remplaçant le visage de ces adolescents par le mien."

Ce bâtiment de l'ouest parisien est un lieu de création, mais c'est aussi un lieu d'exposition. Le Gallo vient pas exemple d'accueillir au sous-sol une impressionnante installation intitulée "Le cycle des désastres", dont Andy Rankin est le commissaire : "les lieux comme ça sont rares en Ile de France, et ils sont nécessaires. Quand j'imagine une exposition, j'ai une idée assez floue de ce que je veux faire. Et là je peux penser mon projet in situ."

L'installation "Le cycle des désastres" au sous-sol du Gallo
L'installation "Le cycle des désastres" au sous-sol du Gallo
© Radio France - Alexis Demeyer

L'urbanisme de transition, initiative privée, est la plupart du temps bien accueillie par les mairies, elles-mêmes régulièrement sollicitées par des collectifs d'artistes pour être hébergés. D'autant que ces manifestations culturelles redonnent vie à des quartiers parfois excentrés, les riverains étant souvent invités à participer ou à venir découvrir les projets.

Un dispositif "gagnant-gagnant"

Les sociétés immobilières évitent ainsi de voir leurs locaux vacants dégradés ou squattés et font l'économie des frais de gardiennage. C'est aussi un bénéfice en terme d'image : soutenir des projets artistiques est forcément bien vu par les actionnaires et par les institutions. 

Parmi les promoteurs les plus actifs dans le domaine de l'urbanisme transitoire : Novaxia, dont Joachim Azan est le président et le fondateur : 

Au début, ça faisait peur à certains confrères, qui craignaient que les artistes ne veuillent pas quitter les lieux. Mais on a un retour d'expérience qui est extraordinaire car non seulement les occupants partent quand il faut partir, mais avant de partir, ils créent de la valeur extra-financière grâce aux expositions qui attirent de nombreux visiteurs, y compris des personnes qui ne fréquentent pas les musées.

A Saint-Ouen, en Seine Saint-Denis, l'ancien musée Pierre Cardin qui était abandonné deviendra dans quelques mois une résidence étudiante. D'ici là, une soixantaine d'artistes y ont installé leur atelier. Et trois expositions sont ouvertes à la visite le week-end. 

Références

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Image émission Alexis Demeyer
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Alexis Demeyer
Journaliste