France Inter
France Inter
vidéo
France Inter
France Inter
Publicité

Se sentir bien dans ses baskets a désormais un mot pour cela : le body positive. D'où ça sort ?

C’est au milieu des années 90 que ce mouvement voit le jour.

Il est l’oeuvre de deux femmes, deux Américaines, Connie Sobczak et Elizabeth Scott qui décident de lancer une association suite au décès de la soeur de Connie, souffrant de troubles alimentaires.

Publicité

Aujourd’hui cette association a pris de l’ampleur, les deux fondatrices sont d’ailleurs toujours à sa tête. Sur la page d’accueil, on peut lire : “Imaginez un monde où les gens, quel que soit leur corps, peuvent se réjouir de leur santé, de leur beauté et avoir confiance en elles pour pleinement vivre leur vie de manière heureuse”. Et tout ça est devenu un petit business juteux.

L’institut de Connie et Elizabeth promeut la déconstruction des normes physiques dominantes et propose des cours pour s’accepter. Matthieu, si vous ne vous supportez plus à cause de cette improbable taille de vos pieds, ce garçon fait du 53, et que vous êtes tenté par un stage, il faudra vous acquitter d’une somme allant de 99 à 450 dollars. Si ces deux entrepreneuses ont mis en lumière le body positive, pour remonter à la racine de ce mouvement, il faut remonter encore plus loin.

Dans les années 60, à New York. C’est là que voit le jour le Fat Acceptance Movement. Ce qu’on pourrait traduire par le “mouvement d’acceptation des gros” est porté aux Etats-Unis par la National Association to Advance Fat Acceptance.

L’objectif est simple : changer l'image des personnes en surpoids renvoyées par les médias et la manière dont l'obésité est perçue par la société. 50 ans plus tard, on peut dire que le combat n’est pas terminé.

En France, cette cause sera incarnée par la comédienne Anne Zamberlan, figure des pubs des magasins Virgin Megastore.

Si le body positivisme ne concerne pas seulement les femmes fortes, ce sont bien elles qui ont de tout temps été à l’origine des évolutions des mentalités. Ce sont elles qui ont osé s’afficher face aux critiques. Avec souvent des portes-étendards célèbres. Je vous parlais d’Anne Zamberlan dans les années 90 mais plus près de nous et sans doute avec un rayonnement plus important, citons la mannequin américaine Ashley Graham ou la chanteuse Beth Ditto.

Le body positive va se faire une place dans le débat public et gagner en notoriété dans les années 2010 grâce aux réseaux sociaux. Mais comme tout mouvement, le body positive ne va pas échapper à la critique d’être à son tour le reflet du male gaze, le regard masculin posé sur les corps des femmes. Encore et toujours lui.

L'équipe

Cyril Lacarrière
Cyril Lacarrière
Cyril Lacarrière
Production