Le palais de Justice d'Amiens ©Radio France - JPD
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Résumé

Un procès en langage des signes s'ouvre ce lundi 25 avril devant la cour d'assises d'appel à Amiens. Gérald Descamps comparait pour le meurtre de Caroline Pirson en décembre 2016 à Saint-Quentin. Crime qu'il nie farouchement.

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Le 31 décembre 2016, Caroline Pirson est découverte dans son appartement de Saint-Quentin, tuée de 16 coups de couteau à la tête et au visage. L’enquête est longue et difficile. C’est d’abord Patrick, le dernier amant de Caroline, avec qui elle venait de rompre quelques heures avant le crime, qui est soupçonné. Mais des traces ADN retrouvées plus tard sur un plaid et sur la carte bancaire de la victime, plusieurs fois utilisées après le drame, va conduire les enquêteurs à s'intéresser à Gérald Descamps, un autre de ses amants. Descamps nie mais il possède le même scooter blanc et la même veste beige que l’individu qui apparait sur la vidéo surveillance des agences bancaires de Saint-Quentin où la carte bleue de Caroline est utilisée. Et, cerise sur le gâteau de l'accusation : Gérald Descamps a déjà été condamné pour des violences. Alors, malgré ses dénégations de bout en bout, Descamps est condamné une première fois à 20 ans de réclusion criminelle devant les assises de l'Aisne en novembre 2020.

Une expertise informatique sème le doute

Gérald Descamps va donc logiquement faire appel et, en novembre 2021, ce nouveau procès va cette fois-ci tourner au fiasco général. La défense va d'abord faire venir un expert en informatique qui révèle que Gérald Descamps s'est connecté sur Facebook à partir de son ordinateur de salon au moment même où une tentative de retrait d'argent était effectuée avec la carte bancaire de Caroline. Il ne pourrait donc pas être l'individu au scooter blanc filmé par les cameras de surveillance. Un peu plus tard à l'audience, une témoin va soudain dénoncer un autre suspect, le fameux Patrick, "Patrick c'est un malin, c'est lui qui l'a tuée" témoigne-t-elle en langage des signes. On fait venir Patrick à la barre et là, c'est la débandade dans le prétoire : personne ne comprend ce qu'il exprime. Les interprètes en langue des signes sont perdus parce que Patrick ne signe pas comme eux. Il manque ce que l'on appelle un intermédiateur, c'est à dire un autre interprète intermédiaire qui pourra traduire le langage du témoin dans la langue des signes officielle afin que le traducteur restitue fidèlement les propos de l'intermédiateur à la cour. La défense fulmine. Dénonce un procès inéquitable et réclame son renvoi. La partie civile et l'avocat général soutiennent la demande. Le procès est renvoyé.

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Une expertise ADN contestée

Pour cette nouvelle audience, avec la même présidente Marie-Charlotte Troussard et le même avocat général Wilfrid Gacquer, il y aura cette fois un intermédiateur pour soutenir les six interprètes en langue des signes. Les avocats de la défense, Mes Caroline Jean, Marion Beaurain et Jérôme Crépin, sont prêts comme jamais à plaider l'innocence de leur client, à montrer comment selon eux ses aveux ont été extorqués par les enquêteurs, combien l'expertise ADN est douteuse, à prouver qu'il y a à Saint-Quentin 50 propriétaires de scooters blancs, et à conclure finalement qu'il n'y a pas dans ce dossier un seul élément qui prouve que Gérald Descamps a tué Caroline Pirson.

Le procès s'ouvre donc lundi 25 avril devant les assises d'appel de la Somme. Il y aura 6 journées d'audience. Le verdict sera rendu lundi 2 mai.

Références

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