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Résumé

Il ne suffit pas de perdre pour être un bon "loser". Illustration avec les parcours de Dijon en Ligue 1 et Agen en TOP 14, deux des équipes les plus catastrophiques de l'histoire de leur championnat.

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Dijon reçoit Metz dimanche à 15h. Heureusement sans public. Imaginez si Emmanuel Macron avait rouvert les stades dès ce week-end, le carnage pour Dijon, 20e et dernier de Ligue 1. Cette saison, l'équipe a égalé un record, celui du nombre de défaites d'affilée en Ligue 1. 12. 12 défaites de suite. On avait pas vu ça depuis 90 ans et le Cercle Athlétique de Paris saison 1933 1934. Dijon a même eu l'occasion de battre ce record, il y a 2 semaines. Et là pas de chance, l'accident : une victoire contre Nice et tout est gâché, pas de record. Même dans la défaite Dijon est décevant. Car savoir perdre ne s'improvise pas, c'est un art. Prenez Agen par exemple, place forte du rugby français. 8 titres de champion de France, le club en est à 20 défaites en 20 matchs depuis le début de la saison. Et la 21e est pour demain après-midi à Toulon. Le record de défaite en saison est déjà battu, la barre des 1000 points encaissés en une saison est en vue. 

Malgré tout Agen a failli se maintenir dans le TOP 14. Cette semaine plusieurs présidents de clubs ont défendu l'idée de changer la règle. Agen aurait disputé en fin de saison un match de barrage contre une équipe de 2e division. Une victoire, la seule de la saison,  et ils étaient sauvés. Et bien le coup a manqué. La Ligue de rugby a dit non.  Echec sur toute la ligne, on adore. Mieux : des journalistes spécialistes de rugby se sont rendus à Agen cette semaine. Pour s'intéresser à l'équipe ? Pas du tout ! Parce que la ville est située à mi-chemin entre Toulouse et Bordeaux qui disputent samedi la demi-finale de la coupe d'Europe. Ils voulaient savoir qui les agenais allaient encourager. Ca c'est la loose.

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Les "losers" du sport sont devenus une véritable source d'inspiration  

Longtemps les français ont vénéré les perdants sublimes, Raymond Poulidor plutôt que Jacques Anquetil, mais à la fin des années 90 les équipes de France de handball et surtout de football ont rendu les vainqueurs populaires. Fini les défaites glorieuses, la victoire est devenue  l'alpha et l'oméga du sport. Un club comme Clermont en rugby, 10 finales de championnat de France perdus, en était réduit à faire profil bas. Et puis récemment le regard a changé. Le sport a compris ce que les scénaristes de cinéma savent depuis longtemps : les perdants sont des héros magnifiques. En 2019 Netflix en a fait une série, très remarquée, baptisée "losers". Non pas pour se moquer mais pour raconter, pour comprendre pourquoi à un moment l'histoire déraille. Comment un champion programmé pour gagner, et parfois à deux doigts de le faire, perd soudainement ses moyens. En France l'un des compte twitter de sport les plus suivis est celui de la fédération française de la lose, 200 000 abonnés. Il glorifie les perdants, leur apprend le second degré. Leur sportif préféré ? Le cycliste Thibaut Pinot. En 2019 il flambe sur le Tour de France, et interpelle le compte parodique « Fédération française de la lose, je sais que je suis dans votre viseur ».  Quelques jours plus tard Thibaut Pinot abandonne. Il a perdu le Tour mais pas le sens de l’humour. Et ça s’est pas la lose !

Références

L'équipe

Jérôme Cadet
Production