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Résumé

La devise des Jeux Olympiques, centenaire, ne serait plus adaptée à l'époque selon le CIO qui veut lui ajouter le mot "ensemble". Un paradoxe et un retournement de l'histoire.

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Thomas Bach, le président du Comité International Olympique a engagé de grands travaux dans la vieille maison de l’Olympisme et parmi eux, la façade et ce qu’on peut y lire, autrement dit la devise des Jeux. En latin : "citius, altius, fortius", en français : "plus vite, plus haut, plus fort". Une devise que le CIO a désormais du mal à assumer car elle peut évoquer le culte de la performance et la course au dopage.

Pas très en phase avec les valeurs que prétend défendre le mouvement olympique : l’égalité quel que soit la couleur de peau, le sexe, l’origine, la solidarité, la paix. Alors Thomas Bach a eu l’idée de rajouter une proposition, en latin pour faire ton sur ton, le mot "comunis", "ensemble" en français. Si la session du CIO réuni à Tokyo avant les Jeux donne son accord, la devise du mouvement olympique sera désormais :  Plus vite – plus haut - plus fort – ensemble.

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Une devise inventée en France

La devise actuelle des Jeux Olympiques a été inventée à la fin du 19e siècle par un français. Un prêtre dominicain nommé Henri Didon qui devient en 1890 proviseur du lycée Albert Le Grand à Arcueil près de Paris. Il croit aux vertus du sport dans l’éducation. Alors il aménage des équipements sportifs, bassin de natation par exemple. Il crée aussi un championnat à l’issue duquel devant les élèves il cite la devise "citius, altius, fortius". Mais dans son esprit, cette maxime a une toute autre signification que celle dont on l’habille aujourd’hui.

"Citius", plus vite fait référence à l’esprit, à l’intelligence humaine.  "Altius", plus haut c’est l’élévation de l’âme, vers le Christ bien sur, Didon est un abbé. Et "Fortius" c’est le corps sain grâce au sport. Voilà résumés les valeurs du sport. Ce jour-là dans l’assistance à Arcueil se trouve le baron Pierre de Coubertin. Il veut restaurer les Jeux. Il y parvient en 1896 à Athènes où Henry Didon est présent pour célébrer une messe olympique. Mais ce message religieux va rapidement poser problème dans une France où désormais l’église est séparé de l’Etat, non sans heurts. Pour faire accepter ses Jeux, Pierre De Coubertin va garder la devise mais la vider de son message métaphysique pour ne garder que l’allusion à la performance. Et voilà comment en 1924 à Paris, "plus vite, plus haut, plus fort", devient officiellement la devise des JO. 

Un siècle plus tard, elle va donc être enrichie avec ce mot "ensemble". Ce qui est tout à fait paradoxal puisque pour l’instant les Jeux de Tokyo ne se prépare pas ensemble mais contre une population japonaise qui y est plus que jamais largement défavorable.

Références

L'équipe

Jérôme Cadet
Production