Benoist Rey, 84 ans, a accueilli pendant 15 ans des jeunes toxicomanes dans son auberge en Ariège.
Benoist Rey, 84 ans, a accueilli pendant 15 ans des jeunes toxicomanes dans son auberge en Ariège.
Benoist Rey, 84 ans, a accueilli pendant 15 ans des jeunes toxicomanes dans son auberge en Ariège. ©Radio France - Charlotte Perry
Benoist Rey, 84 ans, a accueilli pendant 15 ans des jeunes toxicomanes dans son auberge en Ariège. ©Radio France - Charlotte Perry
Benoist Rey, 84 ans, a accueilli pendant 15 ans des jeunes toxicomanes dans son auberge en Ariège. ©Radio France - Charlotte Perry
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Résumé

Au début des années soixante-dix, Benoist Rey part s'installer à Montfa, un petit village perdu au milieu de la montagne ariègeoise. Il y retape une ferme en ruines, ouvre une auberge et commence à y accueillir de jeunes toxicomanes dépendants à l'héroïne. Une aventure humaine qui durera quinze ans

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A la fin de la guerre d'Algérie, Benoist Rey se reconstruit doucement. Il devient tour à tour directeur technique dans une agence de publicité, un poste avec un "salaire de ministre" qu'il quitte dans la tourmente de mai 68; cuisinier dans deux petits restaurants parisiens; puis brocanteur. Il se marie, fonde une famille et décide de quitter la capitale pour partir vivre en Ariège, en raison de la santé fragile de son fils aîné.

Il s’installe à Montfa, un petit village de soixante habitants, perdu au milieu de la montagne ariégeoise, à huit kilomètres de la première route. Il n’a pas un sous, remonte seul les murs de la maison délabrée. Au bout de trois ans, il ouvre une auberge « L’Auberge des Traouquès », du nom du lieu-dit, faite de briques et de broc. Les ragots vont bon train, on l’accuse de mettre du haschich dans la nourriture, personne ne donne cher de sa peau. Il tiendra l’auberge jusqu’en 2000.

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Sorte de commune libre, la maison de Montfa est ouverte à tous et à toutes. Petit à petit, des gens viennent s’y installer un an, cinq ans, dix ans. Benoist ouvre un centre culturel, avec une salle de spectacle et une imprimerie. Plus tard viendra une piscine associative.

L’accueil de jeunes toxicomanes

Un soir de l’été 1982, une assistante sociale, Martine Lacoste, vient dîner à l’auberge. Elle travaille avec le docteur Claude Olivenstein au centre Marmottant, à Paris. Le centre accueille des jeunes toxicomanes pour des cures de désintoxication. Martine Lacoste propose alors à Benoist de prendre en charge ces jeunes après leur cure pour des séjours d'un à deux mois, pour leur permettre de se refaire une santé loin de la ville et de ses tentations. Benoist devient la première famille d’accueil d’Ariège. Une aventure humaine qui durera quinze ans, au cours desquels il accueillera une soixantaine de jeunes gens dépendants à l’héroïne, et, plus tard, au crack.

C’était des mecs qui se piquaient, des vrais toxicos; ce n'était pas des fumeurs de joints. Au début, c’était plutôt l’héroïne, puis dans les années 90, ça s'est compliqué avec le crack. Là, on ne savait plus comment les gérer. J'ai eu quelques cas lourds, quand même. Et puis, les gars, ils faisaient toutes les conneries. J'ai été en chercher pas mal chez les gendarmes!

Au début des années 80, l’épidémie du sida fait rage. Les clients désertent l’auberge, craignant d’attraper cette maladie dont on ne sait trop comment elle se transmet. Beaucoup des jeunes accueillis y laisseront leur peau, rattrapés non pas par la drogue, mais par le sida.

L’aventure prend fin brutalement un jour d’août 1995. Farid, le dernier accueilli, se saisit d’un couteau et prend le plus jeune fils de Benoist en otage. Imbibé de crack et d’alcool, il faudra deux heures à Benoist pour le persuader de le prendre en otage à la place de son fils, et lui faire finalement lâcher le couteau.

Moi, l’auteur des Egorgeurs, égorgé par un Algérien, cela aurait fait sourire  quelques copains! Farid, je m'en souviendrais de celui-là. Du coup, j’ai arrêté tout de suite. Mais enfin j'ai été très heureux de faire cela, ça en a sorti quelques-uns de la merde. Cela leur aura permis de voir autre chose.

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Programmation musicale

  • 06h21
    TOUS LES GOUTS SONT DANS MA NATURE
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    Etienne DAHO
    TOUS LES GOUTS SONT DANS MA NATURE

    Etienne DAHO

    Album DANS LA PEAU DE DAHO / 1981-2002 REMAST.

L'équipe

Charlotte Perry
Production
Céline Illa
Réalisation