Magali a grandi dans les foyers de l'ASE. A 18 ans, elle s'est retrouvée à la rue, sans solutions.
Magali a grandi dans les foyers de l'ASE. A 18 ans, elle s'est retrouvée à la rue, sans solutions. ©Radio France - Charlotte Perry
Magali a grandi dans les foyers de l'ASE. A 18 ans, elle s'est retrouvée à la rue, sans solutions. ©Radio France - Charlotte Perry
Magali a grandi dans les foyers de l'ASE. A 18 ans, elle s'est retrouvée à la rue, sans solutions. ©Radio France - Charlotte Perry
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Troisième épisode de notre rencontre avec Magali Panova. Placée en foyer de l'Aide Sociale à l'Enfance, Magali s’est retrouvée à la rue à sa majorité, sans diplômes, ni solutions d’hébergement. Elle témoigne aujourd’hui des failles du système pour tenter d’améliorer la situation des enfants placés.

Enfant discrète et silencieuse, habituée dès son plus jeune âge à être le plus transparente possible pour éviter d'attirer l'attention, et les coups, dans sa famille, Magali était considérée comme "incasable" par les éducateurs de l'Aide Sociale à l'Enfance qui ne comprenaient pas son fonctionnement. Déplacée dans quatre foyers différents au cours des sept années de sa prise en charge par la protection de l'enfance, Magali n'a jamais pu se stabiliser.

Je ne pouvais pas me stabiliser puisqu'à chaque fois, on me changeait d'endroit. Voyant que je ne parlais pas beaucoup, ils ont réagi comme si le problème venaient d'eux. A chaque fois c'était "non mais, on ne comprend pas comment elle fonctionne cette gamine, les autres ils feront forcément mieux." Bah, non !

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A dix-huit ans, Magali se retrouve à la rue, sommée de quitter le foyer et de retourner chez sa mère avec qui elle n'a plus aucun contact depuis plusieurs années, et qui la met à la porte après quelques jours. Après deux semaines d'errance dans les squats de Metz, elle réussi à trouver une chambre dans un foyer de jeunes travailleurs. Mais son père, qu'elle a rencontré à ses dix-huit ans, lui demande de le rejoindre dans le Sud, où il vit avec sa compagne. Les choses ne se passent pas comme prévu, et Magali doit repartir à Metz où elle se retrouve à nouveau à la rue pendant un an.

Je savais que dans les bâtiments H.L.M il y avait des locaux techniques dans lesquels passaient des conduites d'eau chaude. Donc c'était chauffé, il y avait une fenêtre, une porte. Ce n'était pas classe, ce n'était pas des appartements, mais c'était fermé, c'était chaud, et j'étais au sec.

Au cours de ses pérégrinations, elle découvre par hasard qu'elle a le droit de souscrire à un contrat jeune majeur. Aucun des éducateurs du foyer qu'elle a quitté à dix-huit ans ne lui en avait parlé. En une après-midi, sa situation est réglée : elle récupère sa chambre au foyer de jeunes travailleurs et entame une formation en alternance dans le commerce, ce qui lui permettra par la suite de trouver un emploi et de louer son propre appartement.

C'est quand même dingue de se dire qu'il existe des solutions, mais qu'on en informe pas les gens qui pourraient en avoir besoin. Quand on sort de l'ASE, clairement, on est pas finis. On est incapable de se débrouiller dans la vie. Moi, j'ai eu de la chance, je ne suis restée que ponctuellement à la rue, et cela n'a pas duré. Mais combien y passent cinq, dix, vingt ans, parfois jusqu'à la fin de leurs jours ? Cela fait du dégât, quand même.

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